(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le gouvernement fédéral a annoncé avec beaucoup d’enthousiasme, à la fin du mois de janvier, le succès retentissant de la première émission obligataire d’une valeur totale de 501 milliards de nairas, ce qui équivaut à environ 360 millions de dollars.
Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du Presidential Power Sector Debt Reduction Programme (PPSDRP), est un mécanisme soigneusement conçu pour régler les arriérés financiers qui sont dus aux producteurs d’électricité, un problème persistant qui a eu des répercussions significatives sur le secteur énergétique du pays. L’opération a été entièrement souscrite par une variété d’investisseurs institutionnels, notamment des fonds de pension, des banques d’investissement et des gestionnaires d’actifs, témoignant ainsi de la confiance des acteurs du marché dans la solide stratégie adoptée par le gouvernement.
Cette émission inaugurale vise à apurer les créances spécifiques liées à l’électricité fournie durant une période cruciale allant de février 2015 jusqu’à mars 2025. Cette période est marquée par une accumulation significative de dettes qui a non seulement affecté la liquidité des producteurs d’électricité, mais a également constitué un frein considérable aux investissements dans le secteur déjà affaibli.
La première tranche de cette émission a été structurée par l’organisation Nigerian Bulk Electricity Trading Plc, à travers sa filiale, la NBET Finance Company Plc, mettant ainsi en avant l’engagement du gouvernement à assainir les finances de ce secteur vital. La série 1, quant à elle, inclut 300 milliards de nairas qui ont été levés sur le marché des capitaux ainsi que 201 milliards de nairas d’obligations, permettant un renforcement significatif de la stabilité financière des producteurs d’électricité et ouvrant la voie à de nouvelles opportunités d’investissement.
Les Cinq entreprises, qui exploitent un total de quatorze centrales électriques, ont déjà pris l’initiative de signer des accords de règlement, s’engageant à verser un montant total négocié qui s’élève à 827,16 milliards de nairas, un montant conséquent qui sera payé en quatre tranches distinctes.
Les fonds qui seront ainsi levés sont destinés à couvrir l’ensemble des deux premières tranches, dont le montant est estimé à 421,42 milliards de nairas, représentant ainsi environ la moitié du montant total convenu dans ces accords de règlement. Lors de la cérémonie de signature qui s’est tenue à Lagos, la conseillère spéciale du président en matière d’énergie, Olu Arowolo Verheijen, a souligné l’importance de ce programme, le qualifiant de « remise à zéro décisive du marché de l’électricité », une initiative qui allie à la fois la résolution des dettes existantes et une réforme financière nécessaire pour revitaliser le secteur.
Ce programme de règlement arrive à un moment critique, alors que le pays continue de faire face à un déficit électrique particulièrement préoccupant. Selon les données fournies par la Banque mondiale, le Nigeria comptait en 2023 pas moins de 86,6 millions de personnes n’ayant toujours pas accès à l’électricité, ce qui représente le plus grand déficit au monde dans ce domaine.
Par ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a rapporté que le pays a produit un total de 40 959 GWh d’électricité durant l’année 2023, se classant cinquième en Afrique en termes de production électrique. Cependant, malgré cette production impressionnante, la consommation d’électricité par habitant reste extrêmement basse, ce qui met en lumière les défis persistants auxquels le pays doit faire face en matière d’infrastructure énergétique et d’accès à l’électricité pour ses citoyens.
En ciblant le règlement des arriérés, les autorités visent à restaurer la liquidité des producteurs, ce qui est crucial pour assurer la stabilité et la viabilité du secteur énergétique. Cette démarche permet non seulement d’améliorer la situation financière des producteurs, mais également de maintenir un équilibre économique dans une industrie souvent sujette à des fluctuations. Par ailleurs, en créant les conditions financières nécessaires à un renforcement progressif de l’offre électrique, les autorités ouvrent la voie à des investissements stratégiques qui pourraient mener à une diversification des sources d’énergie.
Notons que cela inclut, au-delà des solutions décentralisées et des énergies renouvelables, la possibilité d’intégrer des technologies avancées, des infrastructures modernes, et des systèmes de distribution plus efficaces, afin de répondre à la demande croissante en électricité tout en respectant les objectifs de durabilité et d’innovation.
Moussa KONÉ

