Conjoncture économique: la croissance mondiale attendue à 3,0% en 2026, après une moyenne de 3,5% sur la période 2024-2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Selon le rapport de la conjoncture économique et régionale au sein de l’UEMOA, « l’économie mondiale fait preuve de résilience en 2026, soutenue par le dynamisme des économies émergentes et l’expansion des technologies de pointe (notamment, l’intelligence artificielle), malgré un contexte marqué par des tensions géopolitiques (crise au Moyen Orient), des perturbations commerciales et le renchérissement de l’énergie. Selon les dernières projections du Fonds Monétaire International (FMI), la croissance mondiale devrait s’établir à 3,0% en 2026, après une moyenne de 3,5% sur la période 2024-2025, cette évolution traduisant un léger ralentissement de l’activité économique mondiale.

En revanche, le processus de désinflation observé depuis 2024 marque le pas, l’inflation mondiale devant atteindre 4,7% en 2026, contre 4,1% en 2025, notamment sous l’effet du renchérissement des produits énergétiques et des tensions sur certaines chaînes d’approvisionnement, principalement en lien avec la crise au Moyen-Orient. Au deuxième trimestre 2026, l’économie de l’UEMOA a continué d’afficher une bonne résilience, malgré un environnement international moins favorable, marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la remontée des prix de l’énergie et le ralentissement attendu de la croissance mondiale. La croissance économique de l’Union devrait ressortir à 6,3% en 2026, après 6,5% en 2025. Cette performance devrait maintenir l’UEMOA parmi les régions les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne. Au titre de l’inflation, l’évolution des prix à la consommation est restée particulièrement modérée.

En glissement annuel, l’IHPC régional n’a progressé que de 0,4% au deuxième trimestre 2026, malgré l’envolée des cours internationaux du pétrole et du gaz. Cette maîtrise de l’inflation résulte essentiellement de la baisse des prix des produits alimentaires (-0,9%) et de l’atténuation des tensions sur les produits frais. L’inflation sous-jacente, pour sa part, est ressortie à 0,8%, traduisant des pressions inflationnistes de fond relativement limitées. Les perspectives pour l’année 2026 indiquent un taux d’inflation moyen de 1,2%, largement inférieur à la norme communautaire de 3%. Au niveau du secteur productif, la campagne agricole 2025-2026 s’est révélée particulièrement favorable. La production vivrière régionale est estimée à 76,6 millions de tonnes, en hausse de 6,7%, tandis que les cultures d’exportation progresseraient de 8,9% pour atteindre 15,1 millions de tonnes.

Cette amélioration a, notamment, été portée par les performances enregistrées au Burkina Faso, au Sénégal, au Bénin et en Côte d’Ivoire. Au deuxième trimestre 2026, l’activité industrielle dans l’UEMOA a évolué de manière contrastée selon les États membres, mais est restée globalement soutenue par la bonne tenue des industries extractives, notamment en Côte d’Ivoire avec l’exploitation du gisement « Baleine », et au Niger avec la reprise de la production d’uranium. Aussi, l’activité industrielle dans l’Union s’est caractérisée par la bonne tenue de la production énergétique et de certaines branches manufacturières. Toutefois, la persistance des contraintes énergétiques dans certains pays, la faible diversification de l’appareil productif et la dépendance à quelques produits extractifs constituent encore des défis majeurs pour le développement industriel de l’Union.

 La position extérieure de l’Union s’est également renforcée. Les exportations ont progressé de 25,2% en glissement annuel, soutenues par les ventes de produits miniers, pétroliers et   agricoles. Malgré la hausse des importations, l’Union a dégagé un excédent commercial de 2 088 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026 et le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 126,0%, confirmant ainsi l’amélioration de sa compétitivité extérieure. Les finances publiques ont enregistré des résultats favorables. Hors Côte d’Ivoire, les recettes budgétaires ont progressé de 23,3%, au 2e trimestre 2026, en glissement annuel, grâce au renforcement de la mobilisation fiscale dans la plupart des États membres. Cette amélioration des recettes, combinée à une maîtrise relative des dépenses, a permis une amélioration notable de la position budgétaire régionale.

Notons que sur le plan monétaire, les indicateurs témoignent d’un raffermissement de l’activité économique, avec une hausse de 3,9% de la masse monétaire et une progression de 15,5% des actifs extérieurs nets au deuxième trimestre 2026. Dans l’ensemble, la dynamique économique de l’UEMOA reste robuste et équilibrée, portée, à la fois, par la demande intérieure, l’amélioration de la production agricole, le dynamisme appréciable des secteurs extractifs et énergétiques ainsi que par le renforcement des équilibres macroéconomiques. Toutefois, les perspectives demeurent exposées à plusieurs risques, notamment la poursuite des tensions géopolitiques internationales, la volatilité des prix des matières premières, les contraintes sécuritaires dans certains États membres et le ralentissement attendu de l’économie mondiale.

Daouda Bakary KONE

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