(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Mali, le Syndicat National des Banques et Établissements Financiers (Synabef) a annoncé une grève de 72 heures, prévue à partir du 17 avril. Cette action, qui se terminera le 19 avril, pourrait être prolongée jusqu’à 120 heures entre le 22 et le 26 avril. Une paralysie du secteur bancaire se plane-t-elle à l’horizon?
Ainsi, ces informations ont été communiquées le mercredi 2 avril par le Synabef, dans une lettre de préavis adressée au directeur national du travail, signée par son secrétaire général, Hamadoun Bah. Aussi, parmi les revendications formulées par le Synabef se trouve la demande pressante pour la libération immédiate et l’abandon des poursuites judiciaires à l’encontre de Birom Diop et Alassane Touré.
Ces deux responsables d’Ecobank Mali, en détention depuis plusieurs semaines, sont confrontés à des accusations qui soulèvent de sérieuses inquiétudes sur la transparence et l’impartialité des enquêtes en cours. Les accusations portent sur des malversations financières supposées, en lien avec les opérations de la Société Énergie du Mali (EDM-SA), mais selon leurs défenseurs, Diop et Touré n’ont fait qu’appliquer les procédures et réglementations bancaires en vigueur lors de leur prise de décision. L’affaire a suscité un vif débat au sein du secteur financier, mettant en lumière les tensions croissantes entre les institutions bancaires et les autorités gouvernementales.
Cette grève, qui représente un signal fort de mécontentement parmi les employés des banques, a le potentiel d’affecter considérablement les opérations financières à travers le pays, pouvant entraîner un ralentissement économique si les revendications ne sont pas prises en compte. Dans sa lettre, le Synabef exprime non seulement son indignation face à la situation de Diop et Touré, mais également son appel à une réforme systémique dans le secteur bancaire.
Par ailleurs, le syndicat souligne que la détention de ses membres sans preuves substantielles pourrait bien créer un précédent dangereux qui menace la stabilité du secteur financier. Ils insistent sur le fait que cela va au-delà d’un simple conflit entre employeurs et employés, et qu’il s’agit d’une question de justice et d’équité dans le traitement des professionnels de la finance.
Notons qu’en montant au créneau, le Synabef espère également éveiller l’opinion publique sur les défis auxquels sont confrontées les institutions financières et sur l’importance de renforcer la confiance dans le système bancaire. Ils préviennent que si leurs revendications ne sont pas pleinement satisfaites, le climat économique pourrait se dégrader de manière significative, non seulement pour les banques, mais aussi pour les millions de clients et d’entreprises qui dépendent de ces services essentiels.
Toutefois, une grève prolongée pourrait entraîner des files d’attente dans les agences, des difficultés d’accès aux fonds et un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens, exacerbant ainsi les tensions sociales dans un pays déjà confronté à de multiples défis économiques.
Moussa KONE