Transports Aériens : l’Etat Burkinabé prend le contrôle total d’Air Burkina Faso à 100%

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, un tournant majeur s’est produit dans le secteur aérien, alors que les autorités nationales ont pris la décision significative de prendre le contrôle total, soit à 100%, d’Air Burkina, la compagnie nationale aérienne emblématique du pays. 

Cette décision, qui marque une étape crucial dans l’histoire de l’aviation burkinabè, actant ainsi la nationalisation de la compagnie et son érection en tant que société d’État, a été officiellement entérinée le 29 janvier dernier. Cette action a été rendue possible grâce à l’adoption d’un décret qui autorise clairement l’augmentation de la participation de l’État dans le capital social de la compagnie, comme l’indique un communiqué émanant de sources gouvernementales. Au fil des années, Air Burkina a dû faire face à une multitude de difficultés tant financières qu’opérationnelles, entravant de manière significative sa capacité d’exploitation et sa viabilité sur le marché. Ces défis persistent depuis plusieurs années et ont inévitablement conduit à une situation précaire qui menaçait le futur de la compagnie. Ainsi, dans un souci de prendre les responsabilités nécessaires pour sauver cette institution nationale, l’État du Faso a jugé impératif et urgent d’intervenir afin de redresser la situation et de garantir une continuité des services aériens pour les citoyens et les visiteurs.

Cette opération de rachat des actions s’appuie sur l’acquisition, par l’État burkinabè, des 111 actions qui représentent en tout 1% du capital social d’Air Burkina SA, actions qui étaient, jusqu’à présent, détenues par un investisseur privé, une personne physique dont l’identité n’a pas été dévoilée. Cette cession, qui représente un moment charnière dans l’histoire de la compagnie aérienne, a été conclue le 24 septembre 2024, et ce, pour la somme symbolique d’un franc CFA, un acte qui symbolise l’engagement du gouvernement envers la réhabilitation et le renforcement de l’entreprise nationale. Suite à cette opération, l’État devient ainsi l’actionnaire unique de la compagnie, consolidant son rôle dans la gestion et la supervision des services aériens. Le décret qui a été adopté vise donc à régulariser juridiquement cette acquisition, en se conformant strictement à la loi portant réglementation générale des sociétés à capitaux publics, une démarche qui confirme la volonté de l’État de s’impliquer davantage dans le secteur aérien et de garantir une gestion transparente et efficace des ressources publiques.

La nationalisation s’inscrit ainsi dans un processus de restructuration plus large, engagé par l’État pour sauvegarder un outil stratégique de souveraineté économique et de connectivité régionale, tout en répondant aux défis contemporains du secteur aérien. Pour les autorités, il s’agit non seulement de restaurer la viabilité de la compagnie, mais aussi d’améliorer ses performances opérationnelles et de renforcer la qualité du service offert aux usagers, afin de garantir une expérience de voyage optimale qui réponde aux attentes des passagers. 

Cette reprise en main publique ouvre la voie à une refonte de la gouvernance, à une rationalisation des coûts et à une redéfinition du modèle économique d’Air Burkina, visant à assurer sa compétitivité et sa pérennité à long terme.La décision intervient après plusieurs mois de discussions et d’analyse, dans un contexte de relance progressive des capacités de la compagnie. Il faut relever qu’au mois de novembre dernier, Air Burkina avait acquis un deuxième appareil, un Embraer 190 de fabrication brésilienne, ce qui constitue un signe manifeste d’une volonté de redynamiser sa flotte et de renforcer son réseau aérien. 

Notons que cette nationalisation pourrait ainsi faciliter l’accès à des financements publics, à des garanties souveraines et à des partenariats techniques, indispensables pour permettre à la compagnie de s’adapter aux évolutions du marché et d’améliorer son offre de services, à la fois pour les voyageurs d’affaires et les touristes. Les enjeux sont nombreux, et cette initiative pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir d’Air Burkina dans un environnement aérien en pleine mutation.

Korotoumou Sylla 

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