(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque mondiale, une institution financière internationale de premier plan qui se consacre à la promotion du développement économique en accordant des prêts et d’autres formes de soutien financier à des pays en développement, a prononcé une décision significative d’exclusion de 21 mois à l’encontre de PricewaterhouseCoopers Associates Africa Ltd, le 18 mars 2026, ( PwC Associates) et située à Maurice), ainsi que de PricewaterhouseCoopers Limited Kenya et de PricewaterhouseCoopers Rwanda Limited.
En conséquence, ces trois entités se trouvent maintenant confrontées à une interdiction formelle de participation à tout projet qui pourrait être financé par le Groupe de la Banque mondiale, ce qui représente une sanction sévère pour leurs activités futures.
Cette décision a été motivée par de graves préoccupations concernant l’éthique des pratiques de ces sociétés, révélées dans le cadre d’une enquête interne. Le communiqué diffusé par la Banque mondiale souligne que les faits reprochés concernent spécifiquement le projet d’interconnexion électrique en Afrique de l’Est. Ce projet ambitieux, qui vise à accroître le volume d’électricité disponible dans la région et à réduire les coûts d’approvisionnement au Kenya, est également conçu pour générer des revenus substantiels pour l’Éthiopie grâce à l’exportation d’électricité vers ses voisins.
D’après les éléments du dossier d’enquête, il a été constaté que PwC Associates, ainsi que ses homologues au Kenya et au Rwanda, ont acquis des informations confidentielles qui leur conféraient un avantage déloyal dans le cadre des procédures de passation de marchés, en s’introduisant illicitement dans des discussions de haut niveau avec des responsables du projet. Cette situation soulève des questions importantes quant à l’intégrité des processus de sélection et d’attribution de contrats au sein des projets financés par cette institution internationale, qui vise à garantir la transparence et l’équité dans le déploiement de fonds destinés au développement.
Par ailleurs, il convient de souligner que, selon les informations rapportées, les trois firmes impliquées dans cette affaire ont également tenté d’exercer une influence significative sur le processus d’attribution du contrat relatif à l’inventaire et à la réévaluation des actifs fixes de l’Ethiopian Electric Utility. PwC Associates, une des firmes en question, a de surcroît fourni des informations imprécises et trompeuses concernant la disponibilité, les qualifications ainsi que le statut professionnel d’experts clés, en omettant de déclarer la totalité de ses sous-consultants, ce qui soulève des préoccupations sérieuses quant à la transparence et à l’intégrité du processus.
L’exclusion de ces trois sociétés s’inscrit ainsi dans le cadre d’un accord de règlement mis en place dans lequel elles reconnaissent pleinement leur responsabilité à l’égard de pratiques jugées répréhensibles et sanctionnables par les autorités compétentes. La durée de la sanction a été notablement réduite grâce à leur coopération active, qui comprenait la mise en œuvre d’une enquête interne approfondie, la prise de mesures disciplinaires appropriées contre les responsables ayant enfreint les règles, la cessation de toute relation commerciale avec les sous-consultants impliqués dans ces pratiques douteuses, ainsi que la formation continue du personnel afin d’éviter de futures transgressions. De plus, elles ont accepté de s’abstenir volontairement de soumettre des offres pendant la durée des négociations en cours.
PricewaterhouseCoopers Africa Limited, en tant qu’entité de coordination et de supervision des différentes firmes du réseau PwC opérant sur le continent africain, a également signé cet accord en qualité de partie, ce qui montre l’implication totale de la structure dans la résolution de cette situation problématique.
La décision en question est susceptible de déclencher une exclusion croisée, ce qui pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations et la collaboration avec d’autres banques de développement multilatérales. Cette dynamique est régie par l’accord de mise en œuvre mutuelle des décisions d’exclusion, un cadre juridique qui a été signé le 9 avril 2010, et qui établit des procédures précises pour la gestion des exclusions entre les institutions financières internationales. Pour lever l’exclusion imposée, les trois entités concernées se sont engagées à mettre en place un programme de conformité rigoureux en matière d’intégrité, qui devra être conforme aux lignes directrices énoncées par la Banque mondiale.
Notons qu’en plus de cela, elles s’engagent à poursuivre et renforcer leur coopération avec la Vice-présidence en charge de l’intégrité, afin d’assurer une transparence totale et de maintenir des standards éthiques élevés dans toutes leurs opérations, renforçant ainsi la crédibilité et la confiance des parties prenantes impliquées.
Moussa KONÉ

