Sonko et Diomaye au Sénégal : Deux légitimités,  deux victimes du pouvoir du phénomène de la personnalisation du pouvoir 

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Contexte historique :

Sonko et Diomaye,  c’etait d’abord un rapport de delegué et un délégant avant d’être deux légitimités, deux visions qui s’opposent, pour créer ce qui pourrait être perçu comme une dialectique du maître et de l’esclave, un bicephalisme dont l’encrage se situe entre légitimité populaire pour l’un et légalité constitutionnelle pour l’autre. 

Vote sanction justifiée par le contexte politique:

L’élection de Diomagne à la Présidence intervient dans un contexte de forte tension sociopolitique.

En effet, cette élection etait motivée par une volonté du peuple Sénégalais à rompre avec les pratique héritée de la vieille classe politique que Macky Sall et son clan incarnaient. Aussi, il s’agissait pour le peuple de rendre justice à Sonko qui avait subi les agressions et calomnies de la part du pouvoir de Sall.

Sonko incarnait le changement en raison de son courage, sa posture radicale , sa ligne politique inscrite dans la rupture 

Mais, au final, il ne pouvait valablement etre candidat.

Dans ce contexte, tout candidat présenté par Sonko devenait Président. 

L’élection de Diamagne était donc un choix souverain  du peuple Sénégalais pour affirmer sa souveraineté à travers un vote sanction contre le Président Macky comme ce fut le cas 10 ans plutôt contre Wade au profit de Macky lui-même. 

Un bicephalisme de fait entre un légitimité populaire et légalité constitutionnelle: 

En démocratie représentative, le pouvoir est une délégation consensuelle des prérogatives populaires au profit d’une personne désignée par des procédés spécifiques ( Elections ). Diomagne en tant que  président élu devient ipso facto  le délégué sauf qu’il a reçu cette delegation par le fait des circonstances . 

Sonko etant le premier ministre a la responsabilité de conduire l’action gouvernementale en vertu du mandat conféré à lui par le Président.

De ce fait, il n’a de Pouvoir véritable que par le volonté du Président de la République. Cette action gouvernementale dans le contexte senegalais se résumait au Projet du PASTEF et Sonko en sa qualité de leader du parti etait le meilleur profil pour prendre les rênes de la fonction primatoriale pour conduire le programme. 

Il y’a ici les effets d’une dialectique du maître et de l’esclave. Sonko initialement vu comme le maître se retrouve à la place de l’esclave pour servir désormais Diomagne devenu le Maître.

Or, lorsqu’on analyse le discours de Sonko, tout porte à croire qu’il est investi des prérogatives du Président de la République. 

Un changement des priorités se situant entre rupture radicale et équilibre. 

Le PASTEF avait préalablement défini sa ligne de conduite, « Le projet » , c’est en un mot le programme gouvernemental qui devrait être au centre des priorités du parti. Pour SONKO , l’offre du PASTEF qui justifie l’engagement politique se resume à ce projet. Par conséquent , rien ne devrait modifier l’ordonnancement de cette offre .

Quand à Diomagne , il semble être rattrapé par la « real politik » , il a pourrait réaliser toute la difficulté à mettre en oeuvre certaines actions du projet, tout comme il pourrait lui-même avoir d’autres ambitions différentes de celle du parti. Ceci est recourent chez les hommes politique et s’explique par ce que Ampata Ba a appelé « le vin du pouvoir »

Tandis Sonko prône la rupture , Diomagne est inscrit dans l’équilibrisme. Il veut réinventer,   instaurer une autre manière de faire avec ou sans Sonko. 

Sonko a toujours été l’incarnation du changement,  il etait la figure principale du PASTEF depuis sa création.

Ce courage lui a valu une notoriété,  il s’est construit une réputation politique. 

En un mot , l’encrage du PASTEF a été renforcé par le leadership de Sonko.

De là, il est clair que la Coalition se disloque , s’écroule comme un chateau de sable car desormais les priorités semblent changer, et des interets nouveaux ou ambitions ont emergé de part et d’autres. 

Une personnalisation du pouvoir entre pouvoir tradition et légalité constitutionnelle :

En Afrique, la première source de légitimité du pouvoir reside dans sa personnalisation et cela est observé aussi bien dans la pratique de gestion du pouvoir que dans l’opinion publique africaine. Cette personnalisation se resume parfois en des termes très évocateur tels que  « Manssa kêh »,  « djamatigui » « fangatigui » etc 

On retrouve cette personnalisation du pouvoir dans les travaux de certains sociologue comme  Max Weber qui la qualifie comme une source traditionnelle.  

Ainsi, pour l’opinion publique africaine , Sonko est titulaire de cette légitimité traditionnelle en raison de charisme et de son statut de leader du PASTEF, il est celui qui est à l’origine de l’accession du parti au pouvoir.

Sur le plan de droit constitutionnel , Diomagne est désormais le Président de la République avant d’être celui du PASTEF. Donc, il est responsable, pas des membres du parti mais, de l’ensemble du Peuple Sénégalais. 

il jouit de la légitimité constitutionnelle en vertu du suffrage universel du peuple Sénégalais et qu’à ce titre c’est lui qui est redevable à l’égard de peuple en vertu de son mandat.

Notons que la bataille sera longue avec tous les risques qu’elle comporte et le Sénégal ne finira jamais de nous émerveiller.

Bassirou Doumbia

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