(CROISSANCE AFRIQUE°6Pour faire face à ses besoins budgétaires croissants, l’État de Guinée-Bissau a entrepris une démarche stratégique en se tournant vers le marché financier de l’UMOA, où il a réussi à lever une somme impressionnante de 12,500 milliards FCFA.
Cette opération a été rendue possible grâce à une émission d’adjudication simultanée de bons assimilables du trésor d’une durée de 364 jours et d’obligations assimilables du trésor d’une durée de 3 ans, qui a eu lieu ce lundi 6 juillet 2026. Cette initiative a été réalisée en partenariat avec UMOA-Titres, une institution clé dans la gestion des titres publics dans la région.
L’émetteur, conscient de l’importance de cette opération pour la stabilité financière du pays, avait mis en adjudication un montant de 12,500 milliards de FCFA. La réponse du marché a été particulièrement favorable, avec un montant total des soumissions des investisseurs atteignant 52,593 milliards FCFA. Ce chiffre remarquable correspond à un taux de couverture du montant mis en adjudication de 420,75%, indiquant un intérêt considérable des investisseurs pour les titres émis par l’État.
Cependant, malgré cet engouement, le montant des soumissions retenu s’est limité à 12,500 milliards FCFA, tandis que 40,093 milliards FCFA de soumissions ont été rejetées. Cela a conduit à un taux d’absorption de 23,77%, révélant ainsi une dynamique complexe entre l’offre et la demande sur le marché des titres publics. Cette situation souligne non seulement les défis auxquels l’État fait face pour équilibrer ses finances, mais aussi la confiance des investisseurs dans la capacité de la Guinée-Bissau à gérer ses obligations financières à long terme. Les investisseurs dont les soumissions ont été retenues se retrouveront avec un rendement moyen pondéré de 5,94 % pour les bons et de 7,97 % pour les obligations, des chiffres qui témoignent de l’attractivité de ces instruments financiers dans le contexte actuel du marché. Ces rendements, bien que modérés, offrent une perspective intéressante pour les investisseurs cherchant à diversifier leurs portefeuilles tout en minimisant les risques associés.
Le Trésor public bissau-guinéen, dans un engagement clair envers ses créanciers, s’est engagé à rembourser les bons le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, fixée au 5 juillet 2027. Cette promesse de remboursement est cruciale pour maintenir la confiance des investisseurs et assurer la stabilité financière du pays. De plus, les intérêts, qui seront précomptés sur la valeur nominale des bons, seront versés à l’avance, garantissant ainsi un flux de trésorerie immédiat pour les investisseurs, ce qui est souvent un facteur déterminant dans la prise de décision d’investissement.
D’autre part, l’émetteur prévoit également de rembourser le capital des obligations le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, fixée au 7 juillet 2029. Ce remboursement est accompagné d’un paiement annuel des intérêts au taux de 6,25 %, qui débutera dès la fin de la première année. Ce mécanisme de paiement régulier des intérêts est particulièrement attrayant pour les investisseurs à la recherche de revenus passifs, leur permettant de planifier leurs finances sur le long terme.
Notons que ces engagements de remboursement et de paiement d’intérêts illustrent la volonté du Trésor public bissau-guinéen de favoriser un climat d’investissement favorable, tout en respectant ses obligations envers les investisseurs.
Abdoulaye KONE

