Ghana: le gouvernement établit des priorités en matière de recherche et d’innovation pour stimuler l’économie réelle

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Ghana, dans un contexte où le développement durable et l’innovation technologique sont devenus des priorités nationales, le président John Dramani Mahama a récemment pris une initiative significative en chargeant Zanetor Agyeman-Rawlings, une figure montante de la politique ghanéenne, de transformer le ministère de l’Environnement, de la Science et de la Technologie en un département plus en phase avec les besoins pressants du pays. 

Lors de la cérémonie de prestation de serment qui s’est tenue le samedi 29 août, le chef de l’État a souligné l’importance cruciale de cette mission, appelant Zanetor à soutenir activement les inventeurs locaux. Il a insisté sur la nécessité de créer des synergies entre les universités, les institutions scientifiques et le secteur privé, afin de favoriser un écosystème d’innovation dynamique et inclusif.

Le président Mahama a exprimé son souhait que les jeunes ghanéens puissent mettre à profit leurs compétences technologiques dans des domaines clés tels que l’agriculture, la santé, l’énergie, l’industrie et l’économie numérique. En effet, il est convaincu que la recherche ne doit pas être un domaine isolé, évoluant en marge des réalités économiques, mais plutôt un levier puissant capable de générer des solutions concrètes et des emplois durables. Cette vision ambitieuse vise à transformer le paysage économique du Ghana, en intégrant des approches novatrices qui répondent aux défis contemporains tout en stimulant la croissance économique. Ainsi, le ministère, sous la direction de Zanetor Agyeman-Rawlings, se voit confier la responsabilité de catalyser cette transformation, en plaçant l’innovation au cœur des politiques publiques et en assurant que les fruits de la recherche profitent directement à la population ghanéenne.

Le défi reste toutefois important. Les dépenses du Ghana en recherche et développement, qui représentaient seulement 0,39 % du PIB en 2024, selon les données nationales, sont encore loin de l’objectif ambitieux de 1 % fixé par le pays. Ce chiffre, bien qu’il indique une certaine volonté d’investir dans l’innovation, souligne également les obstacles considérables auxquels le pays est confronté pour transformer ses capacités scientifiques en résultats tangibles. En effet, la même année, seulement 125 résultats de recherche ont été adoptés par l’industrie, et 32 technologies ont été commercialisées. Ces chiffres, bien qu’ils traduisent une progression, mettent en lumière les difficultés persistantes à convertir les travaux scientifiques en produits, services et activités économiques viables. 

En juin, le président Mahama a lancé le Ghana National Research Fund, une initiative significative dotée initialement de 100 millions de cedis (soit environ 8 millions de dollars), destinée à financer des travaux de recherche, en particulier dans les programmes doctoraux et postdoctoraux. Cette initiative intervient dans un contexte où le gouvernement ghanéen s’efforce d’accroître les moyens consacrés à la recherche et de renforcer les liens entre le monde scientifique et le secteur productif, un aspect crucial pour stimuler l’innovation et la compétitivité du pays sur la scène internationale. 

L’intelligence artificielle figure également parmi les priorités stratégiques de ce fonds, car elle est perçue comme un levier potentiel pour transformer divers secteurs, allant de l’agriculture à la santé, en passant par les technologies de l’information. En intégrant l’intelligence artificielle dans les projets de recherche, le Ghana espère non seulement améliorer l’efficacité des processus existants, mais aussi créer de nouvelles opportunités économiques et renforcer sa position en tant que leader régional en matière d’innovation technologique. 

Notons que cette approche pourrait également favoriser un écosystème de recherche plus dynamique, où les chercheurs, les entreprises et les gouvernements collaborent pour relever les défis contemporains et futurs.

Korotoumou Sylla 

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