(CROISSANCE AFRIQUE)- En Afrique du Sud, une décision significative est sur le point d’être prise par le gouvernement concernant le prix de référence du sucre, qui est libellé en dollars, un élément crucial pour la protection de l’industrie sucrière nationale.
Selon les informations rapportées par Bloomberg le jeudi 27 août, ce tarif, qui n’a pas été modifié depuis 2018 et qui est actuellement fixé à 680 $ par tonne, va connaître une augmentation substantielle pour atteindre 785 $ par tonne. Cette révision vise à mieux aligner le prix de référence avec les réalités du marché mondial et à soutenir les producteurs locaux face à la concurrence internationale.
Le montant de ce prix de référence est généralement établi en se basant sur la moyenne des cours du sucre blanc sur une période de six ans, calculée à partir du contrat n° 5 qui est négocié à Londres. À cette moyenne, une majoration de 40 % est ajoutée, ce qui permet de prendre en compte les coûts supplémentaires que les producteurs sud-africains doivent supporter, ainsi que les subventions qui sont accordées dans les principaux pays producteurs de sucre. Cette approche vise à garantir que l’industrie sucrière sud-africaine puisse non seulement survivre, mais aussi prospérer dans un environnement économique de plus en plus compétitif.
De plus, des droits de douane sont appliqués lorsque la moyenne du cours du sucre blanc London No. 5 sur une période de 20 jours est inférieure de plus de 20 $ au prix de référence établi. Dans le cas présent, un prélèvement de 1 093,60 rands, soit environ 68,3 $, sera appliqué par tonne importée dès que le prix du sucre descendra en dessous de la barre des 765 $. Cette mesure vise à protéger l’industrie locale contre les importations à bas prix qui pourraient nuire aux producteurs sud-africains, en maintenant ainsi un équilibre sur le marché et en soutenant la durabilité de l’industrie sucrière nationale.
Si, au final, le montant reste inférieur aux 905 $/tonne souhaité initialement, ce qui pourrait résulter d’un DBRP plus élevé entraînant des taxes plus importantes sur les importations, l’association remporte tout de même son bras de fer avec l’Association des boissons sud-africaines (BEVSA). Cette dernière, dans un effort pour réduire les coûts, avait plaidé a contrario auprès de la Commission de l’administration du commerce international (ITAC) pour obtenir une réduction du prix dans une fourchette de 552 à 650 $/tonne. Elle a mis en lumière les effets défavorables des droits actuels sur les fabricants de boissons, les embouteilleurs et, in fine, les consommateurs, soulignant les défis économiques auxquels ces acteurs sont confrontés dans un marché déjà tendu.
Pour le reste, avec cette révision à la hausse du DBRP réclamée de longue date, la SASA devrait être confortée dans le cadre de la seconde phase du plan directeur consacré à la relance de la chaîne de valeur du sucre, connu sous le nom de South African Sugar Value Chain Master Plan. Ce plan, signé en avril 2026, est prévu pour être mis en œuvre jusqu’en 2030 et vise à accélérer la transformation et le redressement de la filière sucrière. En intégrant des stratégies innovantes et durables, ce programme aspire à revitaliser l’industrie, à renforcer la compétitivité des producteurs locaux et à garantir un approvisionnement stable et abordable pour les consommateurs.
Notons que les enjeux sont donc cruciaux, car ils touchent non seulement l’économie locale, mais aussi la santé et le bien-être des populations qui dépendent de cette ressource essentielle.
Abdoulaye KONE

