(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le gouvernement fédéral a récemment pris une décision significative en autorisant la construction de 500 nouvelles stations de distribution de gaz naturel comprimé (GNC) à travers tout le pays.
Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de mesures stratégiques mises en place par les autorités pour atténuer le coût du transport, particulièrement après la décision controversée de supprimer la subvention sur l’essence, qui a eu un impact direct sur les prix des carburants.
Le président Bola Tinubu, dans un message officiel diffusé le 27 août, a souligné l’importance de cette initiative en déclarant : « Nous avons convenu de mettre en place un comité mixte fédéral et étatique pour commencer immédiatement la mise en œuvre de ces mesures. Un véhicule fonctionnant au GNC dépense 60 à 80 % moins en carburant qu’un véhicule fonctionnant à l’essence. » Cette déclaration met en lumière non seulement les avantages économiques du GNC, mais aussi l’engagement du gouvernement à faciliter une transition énergétique plus durable.
Avec l’ajout de ces nouvelles infrastructures, le nombre total de stations de GNC déployées dans le cadre du programme gouvernemental atteindra 1 000, soutenu par un fonds dédié spécifiquement à cette cause. L’objectif principal de cette expansion est d’accélérer l’adoption du GNC comme alternative viable à l’essence, tout en cherchant à réduire l’impact de la hausse des prix des carburants sur les coûts de mobilité pour les citoyens. Ce projet pourrait transformer le paysage du transport au Nigeria, offrant une solution plus économique et potentiellement plus respectueuse de l’environnement pour les millions de personnes qui dépendent des transports quotidiens.
Cette initiative représente une étape cruciale vers une modernisation du secteur des transports au Nigeria, tout en répondant aux défis économiques actuels auxquels le pays est confronté. Lancée en 2023 dans le sillage de la suppression des subventions sur les carburants, la Presidential Initiative on CNG & EV se présente comme une réponse audacieuse aux défis environnementaux et économiques auxquels le pays est confronté. Cette initiative vise à favoriser le développement des véhicules fonctionnant au gaz naturel comprimé, tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance du pays aux carburants fossiles conventionnels. En effet, alors que le monde entier s’oriente vers des solutions de transport plus durables, cette initiative se positionne comme un catalyseur essentiel pour la transition énergétique.
Dans le cadre de cette initiative, plus de 120 000 véhicules auraient déjà été convertis au GNC à travers le pays, un chiffre qui témoigne de l’engagement croissant des citoyens et des entreprises envers des alternatives plus écologiques. De plus, plus de 100 000 kits de conversion supplémentaires seraient actuellement en cours de production, ce qui laisse entrevoir une expansion rapide de cette technologie. Les autorités affirment que le programme a également permis de mobiliser plus de 2 milliards USD d’engagements d’investissements privés, attirant ainsi l’attention des acteurs du secteur et stimulant l’innovation locale.
Cependant, des obstacles persistent sur le chemin de cette transformation. Malgré les progrès annoncés, la mise en œuvre du programme reste confrontée à plusieurs difficultés notables. Les objectifs initiaux peinent à être atteints, en particulier en raison du coût de conversion des véhicules thermiques au GNC, qui serait compris entre 900 000 et 1,6 million de nairas.
Notons que ce coût élevé représente un frein pour de nombreux propriétaires de véhicules, qui hésitent à investir dans une conversion qui, bien que bénéfique à long terme, implique un investissement initial conséquent. De plus, la nécessité d’une infrastructure adéquate pour soutenir l’utilisation du GNC, comme des stations de ravitaillement accessibles, demeure un défi majeur à surmonter pour garantir le succès de cette initiative.
Zangiuna KONÉ

