(CROISSANCE AFRIQUE)- La Côte d’Ivoire et le Mali ont franchi une étape significative dans la définition de leur frontière commune en adoptant le tracé définitif et en validant l’avant-projet de traité de délimitation, comme l’a annoncé un communiqué du gouvernement ivoirien publié le mercredi 26 août 2026.
Cette décision a été prise à l’issue des travaux de la Commission technique mixte, un organe essentiel pour la matérialisation de la frontière entre les deux nations, qui a réuni, du 21 au 25 août à Bamako, des experts chevronnés des deux pays. Lors de cette rencontre cruciale, les délégués ivoiriens et maliens ont également validé le canevas de base, un document fondamental qui servira de référence pour les futures opérations de démarcation et pour la pose des bornes frontalières, assurant ainsi une gestion claire et précise de la ligne de séparation.
Cette avancée notable fait suite à une mission de reconnaissance technique qui a eu lieu en avril 2026, ciblant les zones frontalières de Pogo, en Côte d’Ivoire, et de Zégoua, au Mali. Cette mission a permis de collecter des données essentielles et d’évaluer les enjeux sur le terrain, contribuant à une meilleure compréhension des réalités géographiques et sociopolitiques de la région. La clarification et la matérialisation de la frontière commune représentent une étape cruciale, surtout dans un contexte où certaines portions de cette frontière font encore l’objet de divergences d’interprétation, ce qui pourrait engendrer des tensions si elles ne sont pas résolues.
Les enjeux liés à cette délimitation ne se limitent pas seulement à des considérations géographiques; ils touchent également des aspects économiques, culturels et sociaux. La gestion des ressources naturelles, la circulation des personnes et des biens, ainsi que la sécurité dans ces zones frontalières sont autant de facteurs qui rendent cette délimitation d’une importance vitale pour les deux pays. En établissant des bornes claires et en s’accordant sur le tracé définitif, la Côte d’Ivoire et le Mali posent les bases d’une coopération renforcée, favorisant ainsi la paix et la stabilité dans cette région d’Afrique de l’Ouest.
La délimitation ne se limite pas à une simple ligne tracée sur une carte, mais représente un processus complexe et essentiel qui touche à de nombreux aspects de la vie quotidienne des populations vivant à proximité des frontières. La zone frontalière, souvent marquée par des paysages variés et des écosystèmes riches, est confrontée à des enjeux cruciaux liés au foncier rural, où les droits de propriété peuvent être source de tensions. De plus, la transhumance, cette pratique ancestrale de déplacement des troupeaux à la recherche de pâturages, est souvent entravée par des frontières mal définies, ce qui complique les relations entre agriculteurs et éleveurs. Ces derniers, bien qu’ayant des intérêts parfois divergents, dépendent d’une gestion harmonieuse des ressources naturelles pour assurer leur subsistance et celle de leurs communautés.
La mobilité des populations est également un enjeu majeur, car des frontières rigides peuvent isoler des communautés qui, historiquement, ont toujours interagi et échangé. Ainsi, cette délimitation devrait contribuer non seulement à sécuriser davantage la frontière, mais aussi à renforcer la coopération bilatérale entre les nations. En consolidant la stabilité des espaces frontaliers, on favorise un climat de confiance qui est indispensable pour le développement économique et social des régions concernées. La promotion d’une gestion concertée de ces zones est essentielle pour garantir que les besoins et les préoccupations des populations locales soient pris en compte dans les décisions politiques.
« La Côte d’Ivoire et le Mali avancent ainsi ensemble vers des frontières mieux définies, mieux gérées et davantage au service de la paix, de l’intégration et du développement des peuples frontaliers », souligne le communiqué, mettant en lumière l’importance de cette initiative pour l’avenir des relations entre ces deux pays. D’après les autorités ivoiriennes, les deux parties devront désormais signer officiellement le traité de délimitation, un acte qui symbolisera leur engagement mutuel.
Notons que la mise en œuvre du canevas de base, prévue avant la fin de l’année 2026, sera cruciale pour garantir que les objectifs de cette délimitation soient atteints et que les bénéfices soient ressentis par les populations vivant le long de cette frontière. Ce processus, bien que complexe, est une étape déterminante vers une coexistence pacifique et prospère.
Daouda Bakary KONÉ

