(CROISSANCE AFRIQUE)-En Libye, la compagnie publique du pétrole, connue sous l’acronyme NOC, a franchi une étape significative en officialisant un accord de partage de production (PSC) avec le groupe américain Chevron. Cette annonce a été rapportée par Libyan Express le lundi 24 août, soulignant l’importance de cet événement dans le contexte économique et énergétique du pays.
L’accord en question concerne la Zone 106, un vaste périmètre terrestre de 7437 km², situé dans le bassin de Syrte, reconnu comme la région la plus productive en matière d’extraction pétrolière en Libye. Pour la NOC, cet accord ne se limite pas à une simple formalité; il représente une transition cruciale d’une série de déclarations d’intention vers un cadre juridique opérationnel, permettant ainsi de concrétiser des projets d’exploration et d’exploitation. Cette avancée a été le fruit d’un processus qui a débuté le 24 janvier, lorsque Chevron a signé un premier protocole d’accord à Tripoli, visant à évaluer les opportunités d’exploration pétrolière sur le territoire libyen.
Le 11 février, la Libye a désigné Chevron comme lauréat de la Zone 106, également référencée S4, à l’issue du premier appel d’offres lancé par le pays en 17 ans, marquant ainsi un tournant dans la politique d’ouverture du secteur pétrolier libyen. Parmi les 20 blocs proposés, seuls cinq ont trouvé preneur, malgré la participation de 37 entreprises préqualifiées, dont des géants de l’industrie tels que Shell, Eni, TotalEnergies, ExxonMobil et QatarEnergy, témoignant de l’intérêt croissant pour les ressources pétrolières libyennes.
En mars, les deux parties ont convenu d’examiner le bloc, ouvrant ainsi la voie à des discussions plus approfondies sur les modalités de l’exploitation et les investissements nécessaires pour maximiser le potentiel de cette zone stratégique. Ce partenariat entre la NOC et Chevron pourrait non seulement revitaliser l’industrie pétrolière libyenne, mais également renforcer les relations économiques entre la Libye et les États-Unis, tout en attirant d’autres investisseurs potentiels dans un secteur vital pour l’économie du pays.
L’accord récemment adopté par les autorités libyennes met en avant le modèle EPSA-V, qui représente la cinquième génération de contrat de partage de production. Ce modèle est spécifiquement conçu pour encadrer les relations entre la Libye et les compagnies pétrolières internationales, offrant ainsi un cadre juridique et économique structuré. Les responsables libyens affirment que ce mécanisme est destiné à garantir aux multinationales un taux de recouvrement des coûts fixes plus avantageux et un partage des profits plus rapide que celui proposé par les modèles précédents. Cependant, il est important de noter que, malgré ces avantages, les entreprises continueront à assumer l’intégralité des dépenses liées à l’exploration, ce qui représente un risque financier considérable.
Dans un contexte de contrainte politique, la Libye, qui produit actuellement environ 1,5 million de barils de pétrole par jour, aspire à atteindre une production de deux millions de barils d’ici 2030. Cette ambition est d’autant plus significative qu’elle se situe dans un pays qui a connu des bouleversements majeurs depuis la guerre civile de 2011, période durant laquelle la production avait chuté à environ 1,7 million de barils. Pour atteindre cet objectif ambitieux, la National Oil Corporation (NOC) estime qu’il sera nécessaire d’investir environ 40 milliards de dollars sur plusieurs années.
Notons que l’accord récemment signé avec Chevron s’inscrit dans ce cadre stratégique, aux côtés d’un contrat de 20 milliards de dollars établi avec ConocoPhillips et TotalEnergies, visant à améliorer la production existante. Cette dynamique d’investissement est cruciale pour revitaliser le secteur pétrolier libyen et renforcer la position du pays sur le marché international.
Korotoumou Sylla

