Son Excellence [Représentant de la République fédérale démocratique d’Éthiopie],
S.E. Moses Vilakati, Commissaire à l’agriculture, au développement rural, à l’économie bleue et à l’environnement durable, Commission de l’Union africaine,
Représentants distingués de nos partenaires ClimDev-Afrique,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames et Messieurs:
Je suis ravi de vous accueillir à la quatorzième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique.
Je suis particulièrement ravi car nous avons désormais, en tant que continent, une occasion importante d’influencer l’orientation de l’action climatique mondiale.
Notre thème cette année, « Des promesses à la mise en œuvre », reflète un défi qui persiste depuis bien trop longtemps.
Nous avons négocié des engagements. Nous avons fixé des objectifs. Et nous avons élaboré des contributions déterminées au niveau national et des plans nationaux d’adaptation. Pourtant, la mise en œuvre reste à la traîne.
Pour l’Afrique, ce déséquilibre est particulièrement difficile à ignorer.
Nous l’avons dit à maintes reprises, et vous l’entendrez sans doute encore au cours de cette conférence : l’Afrique contribue à moins de quatre pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et pourtant elle subit certaines des conséquences les plus lourdes du changement climatique.
Bien que cela demeure une triste réalité pour notre continent, nous ne devons pas permettre qu’elle réduise le récit climatique de l’Afrique à un simple récit de victimisation.
Nous sommes également un continent doté d’un énorme potentiel en énergies renouvelables, de ressources minérales critiques, d’une population jeune, de marchés en expansion et de capacités technologiques croissantes.
C’est pourquoi nous devons continuer à plaider en faveur de la justice climatique et d’un soutien international accru. Mais demandons-nous aussi comment nous pouvons mettre ces atouts à profit pour notre propre développement et jouer un rôle plus important dans l’élaboration des règles, des investissements et des solutions qui sous-tendent l’action climatique mondiale.
Cela dit, le financement demeure l’un des principaux obstacles à la mise en œuvre de ces politiques à travers l’Afrique.
Le continent a besoin d’environ 277 milliards de dollars américains par an pour mettre en œuvre ses CDN jusqu’en 2030. Or, les flux financiers climatiques actuels ne couvrent qu’environ 11 % de ce besoin.
Mais la question ne se résume pas à savoir combien de financements nous mobilisons. Il faut aussi se demander : à quel prix ? À quelles conditions ? Et quels résultats en matière de développement en retirerons-nous ?
Pour les pays déjà confrontés à des coûts de service de la dette élevés et à des marges de manœuvre budgétaires limitées, les conditions du financement climatique sont cruciales. Un financement qui aggrave une dette insoutenable ne fera que compliquer la mise en œuvre des politiques climatiques.
En clair, cela signifie que nous avons besoin de financements climatiques que les pays puissent réellement se permettre. Il est donc nécessaire d’améliorer l’accès aux subventions et aux ressources à des conditions avantageuses, tout en créant les conditions permettant de mobiliser davantage de capitaux privés pour les investissements climatiques.
Mais, au moment de mobiliser ces financements, nous devons également définir clairement les objectifs que nous nous sommes fixés.
Plus de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. C’est pourquoi, à la CEA, l’action climatique doit aller de pair avec l’élargissement de l’accès à l’énergie, le renforcement des capacités de production et la création d’emplois.
Les énergies renouvelables et les ressources minérales critiques de l’Afrique nous offrent l’opportunité de dynamiser nos économies, de transformer une plus grande partie de notre production locale, de construire des chaînes de valeur régionales et de créer des emplois.
La bonne nouvelle, c’est que nous disposons désormais de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui nous offre un marché grâce auquel nous pouvons le faire à grande échelle.
Excellences,
Depuis de nombreuses années, l’Afrique œuvre à juste titre pour que ses préoccupations soient entendues lors des négociations climatiques internationales. Nous devons poursuivre dans cette voie.
Mais notre ambition doit aller plus loin. L’Afrique doit aussi contribuer à façonner les solutions.
Cela signifie intégrer des propositions africaines crédibles en matière de financement, d’adaptation, d’énergie, de commerce, de technologie et de gouvernance climatique dans le processus climatique mondial.
Alors que nous nous préparons pour la COP31, demandons-nous non seulement ce que l’Afrique attend de la communauté internationale, mais aussi ce qu’elle propose.
Nos discussions au cours des trois prochains jours alimenteront les Messages d’action climatique d’Addis-Abeba , qui devraient présenter des propositions africaines concrètes à soumettre à la COP31 à Antalya, tout en jetant les bases de la COP32 ici à Addis-Abeba en 2027.
Excellences,
Au final, la mise en œuvre doit avoir un impact concret sur la vie des gens.
Les agriculteurs sont-ils mieux armés pour résister à la sécheresse ?
Les communautés sont-elles mieux protégées contre les chocs climatiques ?
Davantage de foyers et d’entreprises ont-ils accès à une électricité fiable ?
Créons-nous des industries et des emplois à partir des propres ressources de l’Afrique ?
Voilà le genre de résultats qui devraient orienter nos discussions au cours des trois prochains jours.
Nous avons ici à Addis-Abeba l’opportunité de présenter des propositions concrètes qui répondent aux réalités de l’Afrique et qui peuvent contribuer à faire progresser la mise en œuvre.
Au moment d’entamer nos délibérations, posez-vous la question suivante : lorsque l’histoire se penchera sur cette conférence, que dira-t-elle de ce que nous avons accompli ici à Addis-Abeba ?
Je vous exhorte donc tous à faire en sorte que cette conférence soit marquante. Qu’elle reste dans les mémoires pour ce qu’elle a permis à l’Afrique d’accomplir, et non simplement pour les discussions que nous y avons eues.
Comme toujours, la Commission économique pour l’Afrique est prête à travailler avec les gouvernements, les partenaires au développement, les institutions financières, le secteur privé et toutes les parties prenantes afin de formuler des propositions concrètes en matière d’action climatique pour un développement durable.
Merci.

