(CROISSANCE AFRIQUE)- La Banque Of Africa (BOA) du Burkina Faso continue de démontrer une résilience impressionnante dans un environnement économique en constante évolution, affichant des résultats financiers remarquables sans pour autant connaître une forte expansion de ses crédits.
Au cours des neuf premiers mois de l’année 2026, la banque a enregistré un bénéfice net s’élevant à 18,05 milliards FCFA, soit environ 30,6 millions de dollars, ce qui représente une augmentation significative de 34,2 % par rapport à l’année précédente. Cette performance est d’autant plus notable lorsque l’on considère que son produit net bancaire, qui est un indicateur clé mesurant les revenus générés par ses activités, a progressé de 5,6 %, atteignant près de 45,7 milliards FCFA.
Un des principaux moteurs de cette croissance est l’augmentation des commissions, qui ont connu une hausse impressionnante de 23,3 %, comme l’indiquent les données fournies dans le rapport trimestriel de la banque. Cette dynamique souligne l’importance croissante des services bancaires, qui jouent un rôle crucial dans le soutien des recettes de la banque, allant au-delà des revenus traditionnels issus des financements.
En parallèle, le résultat avant impôt a également enregistré une progression significative de 38,4 %, atteignant 21,1 milliards FCFA, ce qui témoigne de la solidité de la gestion financière de la BOA Burkina Faso et de sa capacité à naviguer avec succès dans les défis du marché tout en maximisant ses sources de revenus.
L’amélioration des bénéfices observée au cours du premier semestre a été particulièrement marquante, témoignant d’une dynamique positive au sein de l’institution financière. Cette amélioration repose en grande partie sur une baisse significative du coût du risque, un élément crucial dans la gestion des finances.
En effet, les charges allouées pour couvrir les pertes potentielles sur les crédits ont connu une diminution impressionnante de 65,2 %, s’établissant à 2,4 milliards FCFA. Ce soulagement financier a joué un rôle compensatoire face à une contraction des revenus bancaires, qui, bien que préoccupante, a été atténuée par cette réduction des charges.
À la fin septembre, les revenus bancaires ont retrouvé une croissance positive, indiquant une reprise potentielle de l’activité économique. Cependant, la publication trimestrielle ne fournit pas de détails sur les frais généraux ni sur le coût du risque, ce qui complique l’évaluation de leur contribution respective sur une période de neuf mois.
En ce qui concerne le bilan, il est à noter que la collecte de dépôts reste plus dynamique que l’octroi de crédits. Les dépôts ont atteint un montant impressionnant de 938,6 milliards de FCFA, affichant une hausse de 6,9 % par rapport à décembre 2025. En revanche, les crédits nets ont progressé de manière plus modeste, avec une augmentation de 2,2 % sur la même période, s’élevant à 484,5 milliards FCFA.
Notons que cette situation soulève des questions quant à la capacité de l’institution à isoler les nouveaux prêts accordés, ainsi que leur répartition entre les ménages et les entreprises, des informations essentielles pour comprendre la dynamique de crédit dans le contexte économique actuel.
Korotoumou Sylla

