(CROISSANCE AFRIQUE)-Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) le financement des entreprises est un enjeu crucial qui dépend non seulement des politiques économiques mises en place, mais également de la capacité des institutions financières à mobiliser efficacement des ressources en monnaie locale.
Dans ce cadre, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a pris une initiative significative en collaborant avec Proparco, la filiale de l’Agence française de développement (AFD) qui se concentre sur le financement du secteur privé. Ce partenariat stratégique, qui a été signé le 14 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande, représente une avancée majeure pour le développement économique de la région. Selon plusieurs publications, cet accord de financement croisé s’élève à 100 millions d’euros, ce qui équivaut à environ 65,6 milliards FCFA.
Ce montant substantiel est destiné à renforcer les capacités des entreprises locales, à stimuler l’innovation et à favoriser la création d’emplois, tout en soutenant la croissance économique durable au sein de l’UEMOA. Ce type d’initiative souligne l’importance de la coopération internationale et des investissements étrangers dans le développement des économies africaines, et illustre comment des partenariats bien conçus peuvent contribuer à surmonter les défis financiers auxquels font face les entreprises dans cette région dynamique.
L’opération en question a pour objectif fondamental de renforcer les capacités de financement de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), tout en élargissant les ressources disponibles pour accompagner les investissements dans les huit pays membres de l’Union. Ce mécanisme innovant repose sur une mobilisation croisée de financements, intégrant à la fois des fonds en euros et en francs CFA, ce qui permet de mieux répondre aux besoins spécifiques et variés des économies de la sous-région. En effet, cette approche vise à atténuer les contraintes souvent rencontrées en matière de financement en devises étrangères, qui peuvent freiner le développement économique. De plus, elle joue un rôle crucial dans le soutien au développement du secteur privé, en facilitant l’accès aux capitaux nécessaires pour les entreprises locales.
En favorisant une synergie entre les différentes monnaies, cette opération aspire à créer un environnement financier plus stable et plus propice à l’investissement, stimulant ainsi la croissance économique et le développement durable dans ces pays. La signature de cet accord s’est déroulée dans un cadre prestigieux, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, un événement qui attire des décideurs économiques et des acteurs financiers du monde entier.
Cette rencontre a eu lieu à l’occasion de la quatrième édition du BOAD Investor Day, un moment clé pour les investisseurs et les institutions financières, où des discussions stratégiques sur le développement économique de la région prennent place. L’institution régionale, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), était représentée par son président, Serge Ekué, un homme reconnu pour son engagement envers le développement durable et l’intégration économique en Afrique de l’Ouest. De l’autre côté, Proparco, une filiale de l’Agence française de développement, était représentée par sa directrice générale, Françoise Lombard, qui a joué un rôle essentiel dans la promotion de l’investissement privé en Afrique.
Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de coopération financière déjà bien établie entre les deux institutions, visant à stimuler le développement économique et à favoriser des projets d’envergure. En mai 2026, lors d’une annonce marquante à Nairobi, au Kenya, elles avaient déjà révélé une première opération de financement croisé d’un montant impressionnant de 200 millions d’euros, équivalant à environ 131,2 milliards de FCFA. Cette initiative visait non seulement à renforcer l’accès aux financements en monnaie locale, mais également à soutenir les investissements communautaires et privés dans l’espace, favorisant ainsi une croissance inclusive et durable.
Ce nouvel accord témoigne de l’engagement continu et profond des deux institutions à collaborer étroitement pour surmonter les défis économiques pressants de la région. En effet, cette collaboration vise non seulement à promouvoir un environnement propice aux investissements, mais également à répondre de manière efficace et durable aux besoins croissants des populations locales, qui aspirent à un meilleur niveau de vie et à des opportunités économiques. Les enjeux sont multiples et complexes, allant de la création d’emplois à l’amélioration des infrastructures, en passant par le soutien aux petites et moyennes entreprises qui constituent le cœur battant de l’économie locale.
Ces opérations interviennent alors que la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) déploie son plan stratégique ambitieux intitulé « Djoliba… La Suite », qui s’étend sur la période cruciale de 2026 à 2030. À travers ce programme, la banque ambitionne de mobiliser un impressionnant montant de 6 500 milliards de FCFA sur cinq ans, un objectif qui témoigne de sa détermination à accompagner le développement économique des pays membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). La diversification de ses ressources financières, ainsi que le renforcement de ses partenariats avec des institutions internationales de renom, constituent des leviers stratégiques essentiels pour atteindre cet objectif ambitieux.
Notons que ce plan ne se limite pas à une simple augmentation des financements, mais englobe également des initiatives visant à renforcer les capacités locales, à encourager l’innovation et à favoriser un développement inclusif et durable qui bénéficiera à l’ensemble des citoyens de la région.
Zangouna KONÉ

