(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque mondiale renforce son engagement en faveur de la stabilité et du développement des régions les plus fragiles d’Afrique de l’Ouest, une initiative cruciale dans un contexte où les défis socio-économiques sont omniprésents.
En effet, l’institution internationale vient d’approuver un financement additionnel de 163 millions de dollars, soit 91 milliards FCFA, destiné à étendre le Projet de cohésion sociale des zones du Nord du golfe de Guinée (COSO) au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo. Cette démarche ambitieuse vise à renforcer la résilience des populations vulnérables, souvent laissées pour compte, et à stimuler la création d’emplois dans des territoires qui subissent de plein fouet les effets conjugués des conflits, du changement climatique et des déplacements forcés de populations.
Cette nouvelle enveloppe financière permettra d’intensifier les investissements communautaires dans les zones frontalières du Nord des trois pays, où la pauvreté est endémique, le manque d’opportunités économiques est criant, et les chocs climatiques, tels que les sécheresses et les inondations, aggravent encore la situation. Les répercussions de l’insécurité au Sahel, avec des groupes armés et des conflits intercommunautaires, fragilisent les moyens de subsistance des habitants, mettant à l’épreuve la cohésion sociale et exacerbant les tensions entre les communautés.
Grâce à ce financement, le projet COSO se propose d’initier des programmes de développement durable qui incluent la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat local et la mise en place d’infrastructures essentielles. Des initiatives visant à promouvoir l’accès à l’éducation et à la santé seront également mises en œuvre, afin de garantir un avenir meilleur pour les jeunes générations.
En favorisant la participation active des communautés dans la conception et la mise en œuvre des projets, la Banque mondiale espère non seulement améliorer les conditions de vie, mais aussi renforcer le tissu social et la solidarité entre les différentes populations de cette région vulnérable. Au-delà des investissements et des emplois créés, les initiatives mises en place se concentrent sur le développement d’infrastructures locales, l’amélioration des moyens de subsistance, le renforcement de l’inclusion sociale et l’accès aux services essentiels.
Aussi, ces efforts visent à réduire de manière durable les facteurs de fragilité qui affectent les communautés. En effet, ces actions ne se limitent pas à des résultats immédiats, mais cherchent à instaurer un changement profond et pérenne dans la vie des populations concernées. Des résultats déjà significatifs depuis 2022 témoignent de l’impact positif de ces efforts. Lancé en 2022, le Projet COSO affiche des résultats encourageants qui ne peuvent être ignorés.
À ce jour, il a permis d’améliorer l’accès aux services de base pour plus de 3,7 millions de personnes, tout en créant plus de 82 000 emplois, dont une grande partie est destinée aux jeunes et aux femmes, deux groupes souvent marginalisés dans le marché du travail. Au Bénin, par exemple, 595 sous-projets communautaires ont été réalisés, apportant des bénéfices tangibles à plus de 679 000 personnes, y compris des réfugiés et leurs communautés d’accueil, favorisant ainsi une intégration harmonieuse et un soutien mutuel.
En Côte d’Ivoire, le projet a financé 917 investissements d’infrastructures, touchant près de 700 000 bénéficiaires qui ont vu leur quotidien s’améliorer grâce à des installations modernes et accessibles. Au Togo, 1 461 sous-projets ont permis d’améliorer les conditions de vie de plus de 500 000 personnes, dont plus de 24 000 réfugiés, illustrant ainsi l’engagement du projet à répondre aux besoins des populations vulnérables. Ces résultats, qui s’inscrivent dans une dynamique de développement durable, montrent que des actions concrètes peuvent transformer des vies et renforcer la résilience des communautés face aux défis futurs.
Par ailleurs, la Banque mondiale a récemment indiqué que plus de 90 % des bénéficiaires des programmes de développement estiment que ces interventions ont joué un rôle crucial dans le renforcement de la cohésion sociale au sein de leurs communautés. Ces résultats soulignent l’impact positif des initiatives mises en place, qui favorisent non seulement l’entraide et la solidarité entre les membres des communautés, mais aussi un sentiment d’appartenance et de sécurité collective.
À travers ce financement additionnel, l’institution de Bretton Woods réaffirme sa volonté de transformer le développement économique local en un levier stratégique pour la prévention des conflits et la résilience face aux crises. Pour des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo, cet appui financier ne représente pas seulement une aide ponctuelle, mais constitue une opportunité majeure de renforcer la résilience des populations les plus vulnérables.
Notons qu’en investissant dans des projets qui favorisent l’inclusion sociale et économique, ces pays peuvent créer les conditions propices à une croissance plus inclusive, durable et capable de garantir une stabilité à long terme. Ce soutien financier est donc essentiel pour bâtir des sociétés plus robustes, capables de faire face aux défis futurs tout en assurant le bien-être de tous leurs citoyens.
Mariam KONE

