(CROISSANCE AFRIQUE)-La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec le ministère fédéral des Finances du Nigéria, a conclu un atelier de cinq jours sur le renforcement des capacités en matière d’estimation des flux financiers illicites (FFI), visant à renforcer la capacité du Nigéria à détecter, mesurer et freiner les pertes de revenus découlant de la facturation erronée des échanges commerciaux.
L’atelier, qui s’est tenu du 19 au 23 janvier 2026 à Abuja, a réuni des représentants d’institutions nationales clés, notamment le ministère fédéral des Finances, le service des douanes du Nigéria (NCS), le service fédéral des impôts (FIRS), le Bureau national des statistiques (NBS), la Banque centrale du Nigéria (CBN), la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), l’unité nigériane de renseignement financier (NFIU), la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC) et l’Initiative pour la transparence des industries extractives du Nigéria (NEITI).
La formation a porté sur l’application pratique d’outils analytiques avancés, notamment la méthode PCM+ (Partner Country Method Plus), la méthode PFM+ (Price Filter Method Plus) et les techniques d’audit fondées sur les risques, afin d’améliorer la précision de la mesure des flux financiers illicites (FFI) à partir des données douanières d’importation et d’exportation.
Lors de l’ouverture de l’atelier, la ministre d’État aux Finances, Mme Doris Uzoka-Anite, a qualifié les flux financiers illicites de menace majeure pour la souveraineté économique du Nigéria, soulignant que la facturation frauduleuse continue de priver le pays de ressources essentielles à son développement. Elle a insisté sur le fait qu’un recours accru aux données douanières permettrait d’améliorer la protection des recettes, la conformité et l’alignement sur les normes internationales en matière de lutte contre les pratiques financières illicites.
Dans son discours de bienvenue, le secrétaire permanent du ministère fédéral des Finances, M. Raymond O. Omachi, a souligné l’importance d’une mesure précise pour lutter contre les flux financiers illicites, insistant sur le rôle crucial de données fiables pour renforcer les décisions politiques, la transparence et la responsabilité.
Le professeur Bolaji Owasaonye, directeur de la coordination du produit du crime et des flux financiers illicites, a quant à lui insisté sur la nécessité d’une collaboration interministérielle soutenue afin de traduire le renforcement des capacités techniques en une application efficace de la loi et en une réforme des politiques.
ECA’s Allan Mukungu highlighted that the workshop builds on an earlier ECA-supported training conducted in May 2025 and addressed identified capacity gaps and data availability challenges in the analysis of trade-based IFFs. Participants engaged in hands-on exercises using synthetic and real-world datasets, with a strong emphasis on producing actionable monthly reports and policy-relevant recommendations.
In his vote of thanks, Idris Abdullahi, coordinator of Nigeria’s Inter-agency Technical Working Group on IFFs underscored the commitment of the government to address IFFs, particularly the data challenges highlighted by UNECA which inhibit estimation and constrains the process of identifying vulnerabilities and formulation of measures to tackle them and ultimately protect the country’s financial security.
ECA reaffirmed its commitment to supporting African countries in strengthening domestic resource mobilization, combating illicit financial flows and safeguarding public revenues, in line with Agenda 2063 and the 2030 Agenda for Sustainable Development.

