(CROISSANCE AFRIQUE)-Pour sa notation de l’année 2026, l’agence de notation GCR, qui a son siège à Dakar, a attribué une note de long terme de AAA sur son échelle régionale aux obligations séniors émises par le Fonds commun de titrisation de créance (FCTC) Senelec pour la période 2025-2030. Cette évaluation témoigne de la solidité financière et de la capacité de remboursement de Senelec, un acteur clé dans le secteur de l’énergie au Sénégal, qui joue un rôle crucial dans la fourniture d’électricité à la population et aux entreprises.
En parallèle, GCR a également assigné une notation d’émission de long terme de AA+(WU) (SF) aux obligations mezzanines émises par le même FCTC SENELEC 2025-2030, ce qui indique une qualité d’investissement élevée, bien que légèrement inférieure à celle des obligations séniors. L’équipe de GCR souligne que les deux tranches juniors, qui sont des instruments de dette plus risqués, ne sont pas notées, ce qui pourrait refléter une prudence dans l’évaluation des risques associés à ces tranches.
La perspective attachée à toutes ces notations est stable, ce qui suggère que GCR ne prévoit pas de changements significatifs dans la situation financière de Senelec ou dans les conditions du marché qui pourraient affecter ces notations à court terme. Dans son approche méthodologique, GCR a choisi d’attribuer uniquement une notation de long terme aux obligations seniors et mezzanines du FCTC SENELEC 2025-2030, car ces obligations ont toutes deux une maturité de 60 mois à partir de leur date d’émission.
De plus, GCR a décidé de ne pas noter les deux tranches juniors, qui portent chacune des montants nominaux de 6 milliards de FCFA, ni les parts résiduelles, communément appelées tranche Equity, d’un montant de 2 millions de FCFA. Cette décision pourrait être motivée par une évaluation des risques plus élevés associés à ces instruments, qui sont souvent considérés comme plus spéculatifs et moins sûrs par rapport aux obligations séniors et mezzanines.
Aussi, ces notations portent toutes une perspective stable, ce qui est essentiel pour établir la confiance des investisseurs et des parties prenantes. GCR estime en effet qu’à la date de revue, la perte attendue attachée au portefeuille ne devrait pas aller au-delà du quantum suggéré par ses modèles de stress sur le portefeuille, lesquels sont très conservateurs et prennent en compte divers scénarios économiques défavorables. Cela reflète une approche rigoureuse et prudente de la gestion des risques, essentielle dans le contexte actuel du marché.
Dans son approche analytique, l’équipe de GCR a décliné les principaux facteurs de notation, chacun ayant un impact significatif sur l’évaluation globale du portefeuille.
• La diversification sectorielle adéquate du portefeuille titrisé est un facteur neutre de notation, indiquant que les investissements sont répartis de manière équilibrée à travers différents secteurs, ce qui réduit le risque global. En revanche, sa concentration géographique reste élevée, ce qui est un facteur négatif de notation, car une forte dépendance à une région spécifique peut exposer le portefeuille à des risques économiques locaux, tels que des fluctuations du marché immobilier ou des crises économiques régionales.
• La qualité de crédit du portefeuille sous-jacent est médiocre, eu égard au fait que ces dernières sont constituées de créances en retard de paiement, ce qui constitue un facteur négatif de notation. Cela soulève des préoccupations quant à la capacité des débiteurs à honorer leurs obligations, augmentant ainsi le risque de défaut.
• L’existence d’un surdimensionnement de 18,7% à la date d’émission, correspondant à la décote sur la valeur des créances acquises par le FCTC, est un facteur positif et essentiel de notation. Ce surdimensionnement offre une marge de sécurité qui peut protéger les investisseurs contre les pertes potentielles, renforçant ainsi la solidité du portefeuille.
• L’existence de deux tranches, chacune avec des caractéristiques de risque et de rendement distinctes, permet également une gestion plus fine des risques et des opportunités. Cela permet aux investisseurs de choisir la tranche qui correspond le mieux à leur appétit pour le risque et à leurs objectifs d’investissement, tout en diversifiant davantage leur exposition.
L’analyse approfondie réalisée par GCR met en lumière non seulement les forces et les faiblesses du portefeuille, mais elle fournit également une base solide pour des décisions éclairées qui peuvent influencer significativement la stratégie d’investissement et la gestion des risques. En examinant de près la qualité de crédit du Cédant, SENELEC, qui est notée BBB-(WU) /Stable/A3(WU), il est essentiel de comprendre que cette notation reflète une certaine stabilité, mais également des risques potentiels. La probabilité de survie à moyen terme qui découle de cette notation est considérée comme un facteur neutre, ce qui signifie qu’elle n’apporte ni une confiance excessive ni une inquiétude immédiate.
GCR souligne que toute détérioration de la notation des obligations émises par le FCTC SENELEC pour la période 2025-2030 pourrait résulter de plusieurs facteurs critiques. Premièrement, une crise économique, politique ou sanitaire soudaine et de grande ampleur au Sénégal pourrait avoir des répercussions directes sur la capacité de SENELEC à honorer ses engagements. Deuxièmement, une détérioration sévère du portefeuille de créances sous-jacentes, dépassant les limites établies par les tests de stress et de sur-stress, pourrait également compromettre la situation financière de l’entité. Troisièmement, le rallongement des délais de recouvrement des créances déjà en retard de paiement pourrait aggraver la liquidité de SENELEC, rendant plus difficile le maintien de sa notation actuelle. Enfin, une dégradation significative de la qualité de crédit de SENELEC en tant que Cédant serait un signal d’alarme majeur pour les investisseurs.
Notons que GCR estime que la probabilité d’occurrence des scénarios défavorables est équivalente à celle des scénarios favorables, ce qui souligne l’importance d’une vigilance continue et d’une évaluation dynamique des risques associés à l’investissement dans les obligations de SENELEC. Cette analyse approfondie permet aux parties prenantes de mieux naviguer dans un environnement incertain, en prenant des décisions basées sur des données concrètes et des prévisions réaliste.
Mariam KONE

