(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, le mercredi 25 mars 2026, la direction générale du trésor et de la comptabilité publique a réalisé une opération significative sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), levant la somme impressionnante de 76,999 milliards FCFA.
Cette levée de fonds a été le résultat d’une émission simultanée d’adjudication de bons assimilables du trésor d’une durée de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du trésor ayant des maturités de 3, 5 et 7 ans. Cet événement a été organisé en étroite collaboration avec UMOA-Titres, une entité clé dans la gestion des titres publics dans la région.
Le Trésor Public burkinabé a initialement mis en adjudication un montant global de 70 milliards de FCFA, attirant un intérêt considérable de la part des investisseurs. En effet, le montant total des soumissions a atteint un chiffre impressionnant de 139,203 milliards de FCFA, ce qui témoigne d’une forte demande sur le marché. Ce niveau de soumissions correspond à un taux de couverture exceptionnel de 198,86%, indiquant que les investisseurs étaient non seulement intéressés, mais également confiants dans la solidité des titres proposés.
Sur les soumissions reçues, le montant retenu s’est élevé à 76,999 milliards de FCFA, tandis que 62,204 milliards de FCFA ont été rejetés, ce qui a conduit à un taux d’absorption de 55,31%. Ce taux d’absorption, bien qu’il puisse sembler modeste, révèle une dynamique de marché active, où les investisseurs font preuve de discernement dans le choix des titres qu’ils souhaitent acquérir.
Cette opération de levée de fonds s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la capacité financière de l’État burkinabé, tout en soutenant le développement économique du pays à travers des investissements dans des projets d’infrastructure et de services publics.Les investisseurs dont les soumissions ont été retenues se retrouveront avec un rendement moyen pondéré de 5,75 % pour les bons, 7,82 % pour les obligations de 3 ans, 7,35 % pour celles de 5 ans et 7,39 % pour celles de 7 ans.
Par ailleurs, ces rendements, soigneusement calculés, reflètent non seulement la solidité des investissements, mais aussi la confiance croissante des investisseurs envers le marché financier burkinabé.
L’émetteur, conscient de ses engagements, prévoit de rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, fixée au 24 mars 2027. Ce remboursement rapide témoigne de la rigueur et de la fiabilité du système financier en place. Par ailleurs, le paiement des intérêts se fera d’avance, précompté sur la valeur nominale de ces bons, ce qui permet aux investisseurs de bénéficier d’un flux de trésorerie immédiat et d’une planification financière plus efficace.
Concernant le remboursement du capital des obligations, le Trésor Public burkinabé a établi un calendrier précis. Il entend procéder au remboursement le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 26 mars 2029 pour les obligations de 3 ans, au 26 mars 2031 pour celles de 5 ans et au 26 mars 2033 pour celles de 7 ans. Cette approche systématique assure aux investisseurs une visibilité sur leurs retours financiers.
Notons que le paiement des intérêts sera effectué annuellement, basé sur un taux de 6 % pour les obligations de 3 ans, 6,20 % pour celles de 5 ans et 6,40 % pour celles de 7 ans, et ce, dès la fin de la première année. Cette structure de paiement, à la fois claire et avantageuse, renforce l’attrait des obligations émises par le Trésor Public, tout en contribuant à la stabilité économique du pays et à la confiance des investisseurs dans l’avenir financier du Burkina Faso.
Daouda Bakary KONÉ

