(CROISSANCE AFRIQUE)-Les organes de direction de Yennenga Holding SA se mettent progressivement en place, un peu plus de deux mois après sa création, marquant ainsi une étape cruciale dans l’établissement de cette nouvelle entité.
Cette structure publique, créée dans le but de rationaliser la gestion des participations de l’État burkinabè dans le secteur financier, représente un tournant significatif dans la manière dont le gouvernement entend gérer ses actifs et investissements. Le Conseil des ministres, lors de sa réunion du vendredi 29 mai 2026, a entériné la nomination d’Abdoulaye Bengaly au poste de Directeur général.
Ce choix stratégique est d’autant plus pertinent qu’Abdoulaye Bengaly occupe actuellement le poste de président du Conseil d’administration de la Banque agricole du Faso (BADF), une institution dont la holding est précisément appelée à superviser les opérations et à assurer une coordination efficace. Docteur en sciences de gestion, Abdoulaye Bengaly se distingue par son parcours académique et professionnel, solidement orienté vers les enjeux de financement public et de développement économique.
Son cursus impressionnant comprend un Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées (DESS) en planification régionale et aménagement du territoire, une maîtrise en sciences économiques, ainsi qu’un certificat en gestion des ressources publiques délivré par le World Bank Institute (WBI). Ce dernier atteste de sa compétence dans la gestion des finances publiques, un domaine crucial pour le développement durable du Burkina Faso.
En outre, son expertise est renforcée par un certificat supplémentaire qui complète son profil déjà riche, faisant de lui un acteur clé dans la mise en œuvre des stratégies financières de l’État. La nomination d’Abdoulaye Bengaly à la tête de Yennenga Holding SA est donc perçue comme un gage de sérieux et de compétence, promettant une gestion rigoureuse et efficace des ressources financières publiques au service du développement économique du pays.
La nomination du Dr Bengaly intervient moins de trois mois après la création officielle de Yennenga Holding Burkina Faso (YH-BF), actée par décret en Conseil des ministres le 12 mars 2026. Ce moment charnière marque un tournant significatif dans la structuration du paysage financier national burkinabé. Dotée d’un capital social impressionnant de 10 milliards de FCFA, cette société est entièrement détenue par l’État et ses démembrements, ce qui témoigne de l’engagement du gouvernement à renforcer son rôle dans l’économie nationale. Yennenga Holding a été conçue pour regrouper sous une même architecture les participations publiques qui étaient auparavant dispersées dans le système financier national, permettant ainsi une gestion plus cohérente et efficace des actifs de l’État.
L’État et ses démembrements détiennent des participations significatives dans le système financier national, représentant environ 28 % du capital dans 15 établissements de crédit. Cette présence substantielle s’étend également à quatre sociétés d’assurance et de réassurance, une institution de microfinance, ainsi que trois structures financières, illustrant la diversité et la profondeur de l’engagement de l’État dans le secteur financier.
Pour rappel, Yennenga Holding a pour vocation de couvrir en priorité les participations majoritaires de l’État dans trois banques clés, notamment la Banque commerciale du Burkina (BCB), la Banque agricole du Faso (BADF) et la Banque postale, ainsi que dans la société Faso Réassurances. Cette initiative vise non seulement à centraliser les investissements publics, mais aussi à optimiser les synergies entre ces différentes entités, renforçant ainsi la stabilité et la résilience du système financier burkinabé.
Notons que la création de Yennenga Holding représente donc une étape cruciale dans la modernisation et la structuration du secteur financier, avec l’ambition de favoriser un développement économique durable et inclusif pour le Burkina Faso.
Moussa KONÉ

