(CROISSANCE AFRIQUE)-En Tanzanie, le milliardaire Mohammed Dewji, figure emblématique du monde des affaires africain, a récemment fait une annonce marquante qui pourrait transformer le paysage industriel du pays.
Aussi, lors d’une allocution prononcée à l’occasion de l’ouverture de la conférence « Africa Unlocked 2026 », qui s’est tenue les 9 et 10 juillet à Cape Town, il a révélé que son conglomérat, MeTL Group, prévoit de mettre en service, « d’ici l’année prochaine », une nouvelle usine de traitement de graphite. Cette installation, qui sera dotée d’une capacité impressionnante de 50 000 tonnes par an, vise à répondre à la demande croissante des marchés internationaux pour ce matériau essentiel, notamment dans le secteur des batteries.
« D’ici un an, nous prévoyons de mettre en service une usine de traitement capable de produire environ 50 000 tonnes de graphite par an, d’une pureté d’environ 95 % », a déclaré Mohammed Dewji, soulignant ainsi l’engagement de son entreprise envers la qualité et l’innovation. Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de développement économique, où l’Afrique peut jouer un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement mondiale.
En outre, le patron de MeTL Group a précisé que son ambition à moyen et long terme est d’investir environ 250 millions de dollars pour produire du graphite de qualité batterie, atteignant une pureté de 99,5 %. Ce projet ambitieux ne vise pas seulement à créer des emplois et à stimuler l’économie locale, mais également à générer une valeur ajoutée significativement plus élevée sur le continent africain, tout en approvisionnant les marchés mondiaux.
Cette démarche pourrait ainsi positionner la Tanzanie comme un acteur incontournable dans l’industrie du graphite, répondant aux besoins croissants d’une économie mondiale de plus en plus axée sur les technologies durables et les énergies renouvelables.
Le graphite est un minerai stratégique reconnu pour sa conductivité électrique exceptionnelle et sa résistance remarquable à la chaleur, ce qui en fait un matériau prisé dans de nombreux secteurs industriels. Il est principalement utilisé dans la fabrication de batteries électriques, qui alimentent tout, des véhicules électriques aux appareils électroniques portables, ainsi que dans la production de matériaux réfractaires capables de résister à des températures extrêmes.
De plus, le graphite est un composant essentiel dans la formulation de lubrifiants, où il réduit la friction et améliore l’efficacité des machines. Les électrodes en graphite, quant à elles, sont cruciales pour les processus électrochimiques, notamment dans les industries de l’acier et de l’aluminium, jouant ainsi un rôle clé dans de nombreuses applications industrielles et technologiques.
Dans un contexte où l’Afrique aspire à capter une plus grande valeur avant l’exportation de ses ressources, il est essentiel de souligner l’importance croissante de ce minerai sur le marché mondial. Selon les données de la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique occupe une place de plus en plus stratégique dans la chaîne d’approvisionnement mondiale en graphite.
Ainsi, le continent détient environ 24 % des réserves mondiales connues de graphite naturel, ce qui en fait une alternative clé face à la domination du marché par la Chine, qui a longtemps été le leader incontesté dans ce domaine. Madagascar, le Mozambique et la Tanzanie, par exemple, abritent actuellement les plus grands gisements de graphite du continent, tandis que plusieurs autres pays africains, tels que le Kenya et l’Éthiopie, poursuivent activement leurs activités d’exploration pour découvrir de nouveaux gisements.
M. Dewji a précisé dans ce contexte que la véritable valeur de ce minerai ne réside pas seulement dans son extraction, mais aussi dans la capacité des pays africains à développer des infrastructures et des technologies locales pour le traitement et la transformation du graphite.
Notons qu’en favorisant des initiatives de valorisation sur le continent, il est possible de créer des emplois, d’encourager l’innovation et de maximiser les bénéfices économiques pour les pays producteurs, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des marchés étrangers.
Mariam KONE

