(CROISSANCE AFRIQUE)-À Madagascar, le groupe Airtel Africa a récemment franchi une étape significative en testant la fourniture directe de services mobiles par satellite, une initiative qui pourrait transformer le paysage des télécommunications dans le pays.
Après avoir mené des essais concluants au Kenya et en Ouganda, cette expérimentation marque un tournant crucial pour l’opérateur, le rapprochant d’un lancement commercial de cette technologie innovante, conçue pour améliorer la couverture réseau dans des zones souvent difficilement accessibles.
Les tests, qui se sont déroulés la semaine dernière, ont eu lieu en présence de Mahefa Andriamampiadana, le ministre du Développement du numérique, des Postes et des Télécommunications, dont l’engagement envers l’innovation technologique est palpable. Également présents, des responsables de l’Autorité de régulation des technologies de communication (ARTEC) ainsi que des représentants d’autres institutions et partenaires ont assisté à cet événement marquant. Ce rassemblement témoigne de l’importance de cette initiative pour le développement numérique du pays.
Selon un communiqué émis par le ministère, l’essai a été couronné de succès, permettant de réaliser un appel vidéo via WhatsApp, démontrant ainsi la viabilité de la technologie par satellite. En plus de cela, des démonstrations ont été effectuées, illustrant la capacité d’échanges de messages, d’appels vocaux et vidéo, ainsi que l’accès à des plateformes numériques populaires telles que Facebook et YouTube. Ces résultats prometteurs soulignent non seulement le potentiel de cette technologie pour améliorer la connectivité à Madagascar, mais aussi son rôle crucial dans l’inclusion numérique, permettant à un plus grand nombre de personnes d’accéder à des services essentiels et à l’information.
Par ailleurs, ces essais s’inscrivent dans le cadre d’un accord de coopération signé en décembre 2025 entre Airtel Africa et SpaceX pour le déploiement de la solution innovante « Starlink Direct to Cell ». Cet accord marque une étape significative dans l’évolution des infrastructures de communication en Afrique, car il vise à transformer l’accès à Internet dans des régions souvent négligées par les réseaux traditionnels.
Selon l’opérateur, cette technologie révolutionnaire doit non seulement compléter ses infrastructures terrestres existantes, mais également offrir une solution viable pour desservir des zones reculées où le déploiement de réseaux traditionnels reste difficile ou nécessite des investissements colossaux. Ces territoires, souvent caractérisés par des défis géographiques ou économiques, représentent une opportunité de croissance considérable pour les opérateurs télécoms, alors que les marchés urbains, eux, arrivent progressivement à maturité, saturant ainsi les possibilités d’expansion.
Prenons Madagascar comme exemple, où la fracture numérique demeure un enjeu majeur. Selon les données de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), la couverture 4G ne concernait que 34,6 % de la population en 2024, tandis que la moyenne sur le continent africain atteignait 75,2 %. Cette disparité souligne l’importance d’initiatives comme celle d’Airtel et SpaceX.
En ce qui concerne la couverture 2G, elle atteignait 88,5 % de la population en 2023, tandis que la 3G couvrait 69,2 % en 2024, montrant ainsi une progression, mais encore insuffisante pour répondre aux besoins croissants de connectivité. En matière d’usage, le taux de pénétration d’Internet était estimé à environ 20 % en 2024, un chiffre qui contraste fortement avec les 44,4 % pour la téléphonie mobile.
Notons que cette situation illustre non seulement les défis à relever pour améliorer l’accès à Internet, mais aussi l’urgence d’adopter des solutions novatrices comme « Starlink Direct to Cell » pour réduire la fracture numérique et favoriser un développement inclusif dans des pays comme Madagascar.
Zangouna KONÉ

