(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, le gouvernement se trouve à un tournant décisif dans l’un des programmes de coopération financière les plus significatifs établis avec la France, un partenariat qui a vu le jour dans un contexte de développement économique et social crucial pour le pays.
À l’occasion de la revue sectorielle 2025 des projets liés au Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), les autorités ivoiriennes ont annoncé avec enthousiasme que l’attention se dirige désormais vers le troisième et dernier C2D, qui s’étendra de 2021 à 2027, et qui est doté d’un financement impressionnant de 750,77 milliards FCFA. Cette annonce fait suite à l’achèvement réussi des deux premiers cycles du programme, qui ont permis de poser des bases solides pour le développement durable du pays.
La rencontre, qui s’est tenue dans l’auditorium de la Primature à Abidjan, a été présidée par la ministre ivoirienne des Affaires étrangères, Nialé Kaba, agissant en tant que représentante du Premier ministre Robert Beugré Mambé. Cet événement marque une phase stratégique et déterminante dans la mise en œuvre d’un dispositif ambitieux qui totalise un montant colossal de 1 902 milliards FCFA, mobilisés au cours des dix dernières années pour financer des projets structurants essentiels. Le C2D représente un mécanisme innovant de reconversion de la dette que la France doit à la Côte d’Ivoire, transformant ainsi des obligations financières en programmes de développement concrets et impactants. Ce processus a non seulement permis d’alléger le fardeau de la dette, mais a également ouvert la voie à des investissements dans des infrastructures vitales, l’éducation, la santé et d’autres secteurs clés, favorisant ainsi une croissance inclusive et durable pour la population ivoirienne.
Selon la coordinatrice du Secrétariat technique du C2D, Léa Djatti Diaté, les deux premiers programmes sont désormais entièrement achevés, marquant une étape significative dans le développement des infrastructures et des services en Côte d’Ivoire. Ces réalisations ouvrent la voie à la phase finale du partenariat, une phase qui promet d’apporter des changements encore plus profonds et durables. « Nous nous concentrons maintenant sur le troisième C2D », a-t-elle indiqué avec un enthousiasme palpable, précisant que 53 conventions de financement sont actuellement en cours d’exécution dans le cadre du programme, dont une vingtaine relevant encore du C2D 3. Cela témoigne de l’engagement continu et de la détermination des autorités à mener à bien ces projets cruciaux pour le pays.
Une mise en œuvre solide et des engagements financiers respectés sont au cœur de la réussite du C2D. Le fonctionnement du C2D repose sur une discipline budgétaire stricte, où la Côte d’Ivoire doit d’abord honorer ses remboursements de dette avant que les fonds ne soient réaffectés aux projets de développement. Sur ce point, les autorités se veulent rassurantes. L’État ivoirien a déjà remboursé 1 741 milliards FCFA sur les 1902 milliards prévus, avec 11,51 milliards FCFA en cours de règlement. Cela démontre une gestion rigoureuse et une volonté de respecter les engagements financiers pris. Il restera donc 148,7 milliards FCFA à rembourser sur la période 2026-2027, avant la clôture complète du mécanisme.
Notons qu’à partir de 2027, la Côte d’Ivoire pourra ainsi envisager de nouvelles perspectives de développement, libérée des contraintes de remboursement, et se concentrer sur des projets innovants qui favoriseront la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie de ses citoyens.
Abdoulaye KONÉ

