Ethiopie : le gouvernement recherche un eurobond de 1 milliard de dollars 

Date:

(CROISSANCE AFRIQUE)-En Éthiopie, les autorités locales ont décidé de rouvrir les discussions concernant la restructuration de son Eurobond, qui s’élève à 1 milliard de dollars. Cette annonce a été faite dans un communiqué officiel diffusé par le ministère des Finances, et elle a été rendue publique le vendredi 30 janvier, marquant ainsi un tournant important dans les négociations financières du pays. 

Cette décision intervient après un examen minutieux de l’accord de principe par le Comité officiel des créanciers (OCC), qui a clairement exprimé que cet accord ne répondait pas entièrement aux exigences du principe de comparabilité de traitement. Ce dernier exige en effet un partage équitable de l’effort financier entre tous les créanciers impliqués dans la restructuration de la dette, ce qui est essentiel pour assurer une approche équilibrée et juste dans le processus.

Il est important de rappeler qu’au début de l’année, la ville d’Addis-Abeba avait annoncé avoir abouti à un accord de principe concernant les principaux termes financiers avec un groupe d’investisseurs privés, portant spécifiquement sur la restructuration de son Eurobond dont l’échéance est fixée en 2024. Cependant, il convient de noter que la voie vers la mise en œuvre de cet accord nécessite impérativement l’approbation des prêteurs bilatéraux, qui sont représentés par le Comité officiel des créanciers (OCC). Cela signifie que, même si des avancées ont été réalisées dans les discussions, l’accord final ne pourra être appliqué sans la validation et le soutien indéfectible de toutes les parties prenantes, ce qui souligne la complexité et l’importance de ce processus pour la stabilité financière du pays.

À la lumière de cette évaluation approfondie de la situation économique actuelle de l’Éthiopie, le gouvernement éthiopien se voit dans l’incapacité de mettre en œuvre les conditions de restructuration de l’Eurobond qui ont été énoncées dans l’AIP (accord de principe, Ndlr.), en raison de la nature incompatible de ces exigences avec le cadre de restructuration de la dette du secteur officiel qui a été convenu dans le protocole d’accord signé avec l’OCC au mois de juillet de l’année 2025. Addis-Abeba pointe avec insistance que le fait d’agir selon ces conditions imposées présenterait des risques considérables pour la stabilité macroéconomique du pays, ainsi que pour les progrès économiques durement acquis au cours des dernières années.

Situé dans la région de l’Afrique de l’Est, le pays avait déjà pris l’initiative, dès l’année 2021, de demander une restructuration de sa dette extérieure dans le cadre du programme mis en place par le G20, ceci bien avant de connaître le défaut de paiement sur son unique Eurobond en décembre 2023. Les autorités éthiopiennes avaient engagé des pourparlers et des négociations intenses dans l’espoir d’obtenir un programme d’aide du Fonds monétaire international (FMI), cherchant ainsi à stabiliser et améliorer la situation économique du pays. Cependant, il est important de noter que l’institution financière internationale avait conditionné l’octroi de l’accord de principe à des engagements tangibles et fermes de la part des partenaires au développement, ainsi qu’à la mise en place de garanties solides, nécessaires pour assurer la crédibilité de ce processus de soutien financier.

Le processus d’allègement de la dette éthiopienne a progressé très lentement, entravé par plusieurs facteurs, notamment par le conflit brutal et dévastateur qui a été déclenché en novembre 2020 entre le gouvernement central et divers groupes rebelles dans la région du Tigré, provoquant des tensions sociales, économiques et humanitaires considérables au sein du pays. En juillet 2025, le gouvernement d’Addis-Abeba a conclu un accord crucial avec les créanciers officiels, portant sur la restructuration d’un montant colossal de 8,4 milliards USD de dette, un pas important qui devrait lui permettre de « dégager plus de 3,5 milliards de dollars de trésorerie pour les allouer à des investissements publics essentiels », selon les informations relayées par les autorités gouvernementales. Cette situation indique une volonté de redresser l’économie, tout en mettant en évidence les défis persistants et les conséquences de la guerre sur la stabilité financière du pays. 

Selon les analyses approfondies du FMI, la dette éthiopienne est jugée insoutenable à l’heure actuelle, principalement en raison de dépassements prolongés des indicateurs de dette extérieure en rapport avec les exportations de biens et services. De plus, cette dette repose sur une faible capacité de charge de la dette (CCD), ce qui accentue la vulnérabilité économique du pays. L’institution internationale souligne également que l’obtention d’un traitement concluant et efficace de la dette est une étape cruciale, car elle contribuera à satisfaire les besoins de financement urgent, permettant ainsi de relancer des projets de développement essentiels et de favoriser la stabilité économique sur le long terme.

Mariam KONE 

croissanceafrik
croissanceafrikhttp://croissanceafrique.com
Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager:

Populaires

Lire aussi
RELATIFS

Ports et Maritimes : le Mali lorgne le port autonome de Conakry pour développer son corridor avec la Guinée 

(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Mali et la Guinée, deux pays voisins...

Transports Aériens: Royal Air Maroc va louer 13 nouveaux Boeing 737-8 pour doper ses activités 

(CROISSANCE AFRIQUE)-Royal Air Maroc (RAM), la compagnie aérienne nationale...

Au Sahel, le Mali sécurise un Datacenter de dernière génération pour soutenir son autonomie technologique

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, les autorités ont franchi un nouveau...

Au Nigeria, Ralph Mupita, ancien de MTN Group intègre le conseil d’administration de Dangote Industries

(CROISSANCE AFRIQUE)-Ralph Mupita, un homme d'affaires respecté et directeur...