(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Ghana, les autorités s’apprêtent à franchir une nouvelle étape décisive dans la modernisation de son réseau ferroviaire, un projet d’une importance capitale pour le développement économique du pays.
Grâce à un financement substantiel de 21,6 millions de dollars, soit l’équivalent de 14,16 milliards FCFA, les responsables ghanéens s’engagent à déployer le système européen de contrôle des trains de niveau 1 (ETCS) sur la ligne ferroviaire Tema-Mpakadan. Ce corridor ferroviaire, long de 97,6 kilomètres, est considéré comme l’un des projets d’infrastructures les plus stratégiques du pays, promettant de transformer le paysage du transport ferroviaire au Ghana.
Cette modernisation ambitieuse vise à améliorer de manière significative la sécurité, la capacité et l’efficacité opérationnelle de cette infrastructure, qui a été inaugurée en 2024. Cependant, malgré son ouverture, la ligne n’a pas pu fonctionner à pleine capacité en raison de défaillances persistantes du système de signalisation, ce qui a limité son potentiel à répondre aux besoins croissants de transport. La construction de la ligne Tema-Mpakadan, dont le coût total est estimé à 449 millions de dollars, s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement ghanéen, qui vise à reconstruire un réseau ferroviaire moderne et efficace, capable de soutenir la croissance économique et de faciliter le commerce régional.
Cependant, cette initiative ne se limite pas à la simple modernisation des infrastructures. Elle représente également un engagement envers le développement durable et l’amélioration de la connectivité entre les différentes régions du pays. En renforçant le réseau ferroviaire, le Ghana espère non seulement stimuler son économie, mais aussi réduire la congestion routière, diminuer les émissions de carbone et offrir aux citoyens un moyen de transport plus sûr et plus fiable. Les autorités ghanéennes envisagent également d’étendre ce modèle à d’autres lignes ferroviaires, créant ainsi un réseau intégré qui pourrait jouer un rôle clé dans l’avenir économique du pays.
Ce programme ambitieux vise à établir un lien vital entre le principal port maritime du pays et les régions intérieures, tout en projetant à terme d’étendre ce réseau ferroviaire vers les pays enclavés de la sous-région, avec un accent particulier sur le Burkina Faso. L’objectif fondamental de cette initiative est de désengorger les routes existantes, de réduire considérablement les coûts logistiques et de faciliter le transport de marchandises entre les zones portuaires et l’hinterland, ce qui est crucial pour stimuler le commerce et le développement économique. En reliant ces zones stratégiques, le programme promet d’améliorer l’efficacité des échanges commerciaux et de renforcer les liens économiques entre les pays voisins.
Cependant, malgré son importance stratégique et son potentiel de transformation, le projet ferroviaire a rencontré plusieurs difficultés notables depuis son lancement. En plus des problèmes de signalisation qui ont entravé le bon fonctionnement du réseau, des défis liés à l’infrastructure vieillissante et à la fiabilité du matériel roulant ont été signalés, ce qui a mis en lumière la nécessité d’une modernisation urgente. Ces contraintes ont conduit à des travaux de réhabilitation intensifs, visant à préparer la reprise des services voyageurs, prévue pour octobre 2025. Cette étape est essentielle pour redonner au transport ferroviaire un rôle central dans la mobilité nationale, permettant ainsi aux citoyens de bénéficier d’un moyen de transport fiable et efficace.
De plus, ce financement intervient dans un contexte de réorientation de la politique de financement du Ghana, qui fait face à des contraintes budgétaires accrues ces dernières années. Cette situation a poussé le gouvernement à explorer de nouvelles avenues de financement et à prioriser les projets d’infrastructure qui peuvent véritablement catalyser la croissance économique et améliorer la qualité de vie des citoyens.
Notons qu’en investissant dans le transport ferroviaire, le Ghana espère non seulement renforcer son réseau logistique, mais aussi stimuler l’emploi et favoriser le développement durable à long terme dans toute la région.
Zangouna KONÉ

