(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le gouvernement a fait une annonce marquante, relayée par une note officielle publiée le 17 avril 2026, concernant l’obtention tant attendue de l’approbation du conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).
Cette approbation ouvre la voie à un décaissement immédiat de 129 millions de dollars, un montant qui se traduit par plus de 72 milliards FCFA. Ce financement provient du guichet « choc exogène » de la Facilité de crédit rapide (FCR), un mécanisme spécialement conçu pour venir en aide aux pays confrontés à des crises économiques imprévues et soudaines, offrant ainsi un soutien crucial dans des moments de vulnérabilité.
Cette décision significative s’inscrit dans le cadre d’une mission d’évaluation approfondie du programme de référence établi avec Bamako, une démarche qui a permis de mesurer avec précision la performance économique du pays dans un contexte global incertain. Le diagnostic formulé par l’institution financière internationale est sans ambiguïté : malgré un environnement économique extrêmement difficile, marqué par des défis multiples et des pressions extérieures, le Mali a réussi à atteindre l’ensemble des objectifs quantitatifs et indicatifs qui lui avaient été fixés. Ce succès témoigne non seulement de la résilience du pays, mais également des efforts soutenus déployés pour mettre en œuvre des réformes structurelles essentielles. De plus, le pays a réalisé des avancées notables dans divers domaines, renforçant ainsi sa capacité à naviguer à travers les turbulences économiques et à poser les bases d’une croissance durable à long terme.
Le satisfecit du FMI revêt une dimension particulière, surtout au regard des multiples chocs auxquels le Mali a été confronté ces derniers mois. En effet, le pays a dû faire face à une série de défis, allant des aléas climatiques qui ont perturbé l’agriculture, aux défis sécuritaires persistants qui menacent la paix et la stabilité, en passant par des tensions humanitaires croissantes et des contraintes financières de plus en plus lourdes. Dans ce contexte, l’économie nationale a évolué dans un climat d’incertitude, mais cette approbation du FMI pourrait offrir une bouffée d’oxygène nécessaire pour soutenir les efforts de relance et de développement.
Les engagements pris par les autorités maliennes dans le cadre de ce programme sont clairs et ambitieux, reflétant une volonté déterminée de transformation et de progrès. Ils portent notamment sur le renforcement de la gouvernance budgétaire, un aspect crucial pour assurer la stabilité économique du pays. Cela inclut l’amélioration de la gestion des finances publiques, qui est essentielle pour garantir que chaque centime dépensé soit justifié et contribue au développement national. Une plus grande transparence dans l’utilisation des fonds issus de la FCR (Fonds de Consolidation de la Réforme) est également mise en avant, permettant ainsi aux citoyens de suivre l’utilisation des ressources publiques et de renforcer la confiance dans les institutions.
Sur le plan budgétaire, l’objectif est d’assurer la viabilité des finances publiques dans un environnement marqué par des coûts d’emprunt élevés et des marges de manœuvre limitées. Cela implique une mobilisation accrue des ressources internes, notamment par l’élargissement de l’assiette fiscale, ce qui signifie qu’il est impératif d’identifier et d’inclure davantage de contribuables dans le système fiscal. Le renforcement des administrations fiscale et douanière est également une priorité, car ces entités jouent un rôle clé dans la collecte des recettes nécessaires au financement des services publics.
Parallèlement, les autorités maliennes entendent améliorer l’efficacité des dépenses publiques, en veillant à ce que chaque investissement ait un impact tangible sur le bien-être des citoyens. Une attention particulière est accordée aux entreprises publiques, dont certaines présentent des vulnérabilités structurelles qui peuvent compromettre leur performance et leur contribution à l’économie nationale. Le cas de la société d’électricité EDM illustre les défis à relever en matière de gouvernance et de performance, mettant en lumière la nécessité de réformes profondes pour garantir un service fiable et accessible à tous. Le programme met également en avant des stratégies pour renforcer la responsabilité et l’efficacité dans la gestion des ressources, afin de bâtir un avenir plus durable pour le Mali.
Daouda Bakary KONÉ

