(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, l’activité de la navigation aérienne a évolué de manière contrastée au mois d’octobre 2025, selon les données précises relatives à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) ainsi qu’aux différents aérodromes secondaires situés à travers le pays. Ce mois d’octobre est marqué par une nette progression du fret aérien et des mouvements d’aéronefs, témoignant d’une dynamique logistique en plein essor, tandis que, paradoxalement, le nombre total de passagers enregistre une baisse significative en variation mensuelle.
En effet, en variation mensuelle, le nombre total de passagers s’établit à 232 303 voyageurs pour le mois d’octobre 2025, en comparaison avec 240 182 en septembre, ce qui représente un recul de 3,3 %. Ce repli est principalement lié à la diminution des départs, qui ont chuté de 17,1 % pour atteindre un total de 106 769 passagers, soulignant une contraction de l’activité au départ.
À l’inverse, les arrivées connaissent un regain de dynamisme avec une progression marquée de 15,1 %, totalisant ainsi 114 453 passagers, ce qui traduit un certain redressement du trafic entrant et une revitalisation de l’attractivité du Sénégal en tant que destination. De plus, le nombre de passagers en transit, quant à lui, diminue également de 7,7 %, s’établissant à 11 081 voyageurs, ajoutant ainsi une couche supplémentaire à la complexité de la situation du transport aérien au sein du pays. En glissement annuel, le trafic global de passagers dans le secteur aérien recule légèrement de 0,7 % par rapport à octobre 2024, une tendance qui pourrait susciter des préoccupations parmi les acteurs de l’industrie. Au cours des dix premiers mois de l’année 2025, le cumul totalise 2 505 806 passagers, ce qui représente une baisse de 0,8 % comparativement à la même période de l’année précédente, en 2024. Les mouvements d’aéronefs enregistrés en octobre 2025 s’élèvent à 2 277, marquant une augmentation par rapport aux 2 186 mouvements du mois précédent, soit une hausse de 4,2 % en variation mensuelle. Cette évolution présente un regain relatif de l’activité aérienne, suggérant une légère reprise encourageante dans un milieu qui, jusqu’à présent, a été assombri par divers défis.
Cependant, lorsqu’on observe les chiffres en rythme annuel, il est important de noter que le nombre de mouvements d’aéronefs diminue de 8,0 % par rapport à octobre 2024, ce qui peut indiquer une instabilité persistante dans le secteur. Sur la période cumulée allant de janvier à octobre 2025, les mouvements totalisent 23 002, en comparaison des 25 744 enregistrés un an auparavant, ce qui aboutit à un repli significatif de 10,7 %. Malgré ces défis en matière de passagers et de mouvements, le fret aérien affiche une reprise notable en octobre 2025. Le volume total transporté s’établit à 2 706 tonnes, contre 2 403 tonnes en septembre, ce qui représente une hausse appréciable de 12,6 % en variation mensuelle, laissant entrevoir des perspectives positives pour le secteur du transport aérien de marchandises dans un environnement autrement incertain.
Cette progression est portée à la fois par les arrivées de fret, qui enregistrent une augmentation significative de 18,3 %, atteignant ainsi un total impressionnant de 2 110 tonnes, et, dans une moindre mesure, par les départs, qui, en revanche, affichent un recul préoccupant de 3,8 %, se chiffrant à 596 tonnes. Cela indique une dynamique contrastée dans le secteur du fret, où la croissance des arrivées peut être interprétée comme un signe d’une activité économique soutenue, malgré la baisse des départs qui pourrait signaler un certain ralentissement dans d’autres aspects de la chaîne logistique.
En glissement annuel, la tendance demeure défavorable, ce qui invite à une analyse plus approfondie des facteurs sous-jacents. Comparé à octobre 2024, le volume de fret a reculé de manière inquiétante de 14,9 %, soulignant des défis persistants dans le secteur. Sur les dix premiers mois de l’année, le cumul du fret s’établit à 29 673 tonnes, ce qui représente une baisse notable de 12,0 % par rapport à la même période de l’année précédente, signalant ainsi une contraction générale qui pourrait avoir des répercussions sur les acteurs économiques dépendants de ce secteur.
Mariam KONE

