(CROISSANCE AFRIQUE)-En Sierra Leone, le gouvernement s’engage dans une initiative ambitieuse visant à définir un modèle à la fois techniquement viable et financièrement soutenable pour étendre l’accès à Internet des institutions publiques à travers le pays.
Cet effort crucial vise à transformer le paysage numérique du pays en établissant des connexions robustes et fiables qui permettront de raccorder efficacement les écoles, les centres de santé et les bureaux administratifs aux infrastructures haut débit déjà en place. L’objectif ultime est de garantir que chaque institution publique puisse bénéficier d’un accès Internet de qualité, favorisant ainsi l’éducation, la santé et l’administration publique.
Cette question fondamentale a été au cœur d’un atelier organisé à Freetown le mercredi 2 septembre, orchestré par le ministère de la Communication, de la Technologie et de l’Innovation, en collaboration avec le Sierra Leone Digital Transformation Project (SLDTP). Cet événement a rassemblé une diversité de participants, incluant des représentants du gouvernement, des opérateurs télécoms, ainsi que des partenaires au développement, tous unis par un objectif commun : améliorer la connectivité dans le pays.
L’atelier a été consacré à l’étude de faisabilité de la connectivité du dernier kilomètre, une étape cruciale qui concerne la portion du réseau permettant de relier les utilisateurs finaux aux infrastructures de télécommunications existantes. Les discussions ont porté sur les défis techniques et financiers à surmonter pour assurer cette connectivité, ainsi que sur les meilleures pratiques à adopter. Les conclusions de cette étude, qui se veulent exhaustives et pragmatiques, doivent servir de base pour la mise en œuvre de solutions durables, garantissant ainsi que les institutions publiques de Sierra Leone puissent pleinement tirer parti des avantages d’une connectivité Internet améliorée.
Cet effort intervient alors que la Sierra Leone s’engage résolument dans une transformation numérique ambitieuse, cherchant à moderniser la fourniture des services publics pour répondre aux besoins croissants de sa population. Dans ce contexte, il est essentiel que les administrations et les établissements publics disposent d’une connexion Internet suffisamment fiable et rapide, leur permettant d’accéder aux plateformes numériques indispensables à la gestion efficace de leurs activités quotidiennes. Cette modernisation vise non seulement à améliorer l’efficacité des services, mais également à renforcer la transparence et la responsabilité au sein des institutions publiques.
Dans les établissements scolaires, par exemple, l’accès à Internet est devenu un outil fondamental pour le développement de l’enseignement et l’enrichissement des ressources numériques disponibles pour les élèves et les enseignants. En 2024, le gouvernement a pris l’initiative d’expérimenter l’utilisation de Starlink, un service de connexion par satellite, pour relier des écoles secondaires situées dans des zones rurales et isolées, où les infrastructures traditionnelles de télécommunication sont souvent insuffisantes. Cette initiative novatrice a rapidement montré son efficacité et a été étendue aux universités, permettant ainsi à un plus grand nombre d’étudiants d’accéder à des ressources éducatives en ligne, de participer à des cours à distance et de bénéficier de l’apprentissage numérique.
Parallèlement, la Sierra Leone participe activement à l’initiative « Giga », portée par l’UNICEF et l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui a pour objectif de connecter les établissements scolaires à Internet à l’échelle mondiale. En Sierra Leone, cette initiative cible spécifiquement 403 écoles, offrant ainsi une opportunité précieuse d’améliorer l’accès à l’éducation et de réduire la fracture numérique qui existe entre les zones urbaines et rurales. Grâce à ces efforts concertés, le pays aspire à créer un environnement d’apprentissage plus inclusif et équitable, propice à l’épanouissement des jeunes générations et à la construction d’un avenir numérique prometteur.
La connectivité constitue également un levier essentiel pour les services de santé, jouant un rôle crucial dans l’amélioration de l’accès aux soins et à l’information médicale. Fin juillet 2026, le gouvernement a annoncé un programme ambitieux visant à connecter 300 établissements de santé publics à travers le pays grâce à Internet satellitaire de Starlink, une initiative qui pourrait transformer radicalement le paysage des soins de santé, en particulier dans les régions rurales et isolées. Une telle infrastructure doit faciliter l’accès aux outils numériques et aux services à distance, permettant aux professionnels de la santé de consulter des spécialistes, de partager des données médicales en temps réel et d’offrir des consultations à distance dans des structures situées dans des zones où les réseaux terrestres sont moins développés.
Il convient toutefois de rappeler que l’étude est encore en cours et que rien n’a été arrêté pour l’instant, ce qui souligne l’importance de la recherche et de l’évaluation continue dans le développement de ces technologies. Par ailleurs, au-delà du dernier kilomètre, la connectivité dépend aussi des autres composantes de l’infrastructure numérique, notamment le premier kilomètre et le kilomètre du milieu, qui assurent respectivement l’accès au réseau mondial et le transport des données jusqu’aux différents points de connexion. Sans oublier le kilomètre invisible qui fait référence aux éléments immatériels nécessaires au fonctionnement des réseaux, comme les services, le stockage de données et les protocoles de sécurité.
Notons que ces éléments sont tout aussi cruciaux pour garantir que les systèmes de santé puissent fonctionner de manière fluide et efficace, offrant ainsi aux patients un accès fiable et rapide aux soins dont ils ont besoin, peu importe leur localisation.
Abdoulaye KONE

