(CROISSANCE AFRIQUE)-En ce mercredi 27 août 2025, une date marquante pour le secteur de l’agroalimentaire au Mali, le Ministre de l’Élevage et de la Pêche, Monsieur Youba Ba, a eu l’honneur de présider une double cérémonie d’une grande importance pour le pays. Cette cérémonie a vu la remise officielle du certificat d’enregistrement pour le label prestigieux de la viande rouge du Mali, connu sous le nom de « Mali Sogo ». Cette reconnaissance est un jalon majeur dans la valorisation des produits du terroir malien et un symbole de qualité sur le marché.
En parallèle, la cérémonie comprenait aussi la présentation de deux ouvrages essentiels sur la santé vétérinaire, destinés à enrichir la littérature et améliorer les pratiques dans ce domaine crucial pour l’élevage. L’événement s’est déroulé en présence de nombreuses personnalités influentes, dont le Président de l’Interprofession de la filière bétail-viande du Mali, Mahamadou Diallo. Étaient également présents plusieurs acteurs et professionnels du secteur, chacun jouant un rôle clé dans la chaîne de production et la promotion des produits locaux, tous rassemblés pour soutenir et célébrer ces avancées significatives pour le développement durable et la compétitivité de l’industrie malienne.
D’après ses déclarations, cet événement est perçu comme l’apogée d’un processus rigoureux et complexe. Mahamadou Diallo a mis en avant plusieurs étapes cruciales ayant jalonné ce parcours. Il a souligné, par exemple, la réalisation minutieuse et exhaustive d’une étude de faisabilité pour la mise en place de la marque collective dédiée à la viande rouge et à ses produits dérivés. S’ajoutent à cela l’organisation de divers ateliers et sessions d’information ainsi que des actions de sensibilisation destinées aux différents acteurs impliqués dans la filière bétail/viande.
Aussi, ces événements ont pour but de leur faire comprendre le concept de la marque collective ainsi que ses nombreuses implications, et ont été organisés dans plusieurs régions clés comme celles de Kayes, Koulikoro et au sein du District de Bamako. En outre, il a été procédé à la création et au design graphique du logo représentant le label de la viande rouge et de ses dérivés au Mali, accompagné de son règlement d’usage qui encadre strictement son utilisation. Une étape supplémentaire fut la validation du dossier de demande d’enregistrement du label viande rouge et de ses dérivés en tant que marque collective, soumise par l’entité CIGMAC-Mali.
Ce dossier a ensuite été expédié pour enregistrement à l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Enfin, la demande d’enregistrement de la marque collective pour le label a fait l’objet d’une publication dans le Bulletin Officiel de l’OAPI, servant de plateforme pour introduire officiellement cette initiative…
Lors de son intervention devant un public attentif et engagé, le Chef du département de l’Élevage et de la Pêche a commencé par exprimer ses plus vives félicitations à l’Interprofession pour cette initiative significative, laquelle a bénéficié d’un financement crucial provenant du projet d’Appui à la Compétitivité de l’Afrique de l’Ouest, et plus précisément du volet dédié au Mali, connu sous le nom de PACAO-Mali, ainsi que de leurs nombreux partenaires stratégiques.
Le Ministre Youba Ba, prenant soin de souligner l’importance de cette démarche, a mis en exergue le soutien indéfectible et continu de son département, qui a été impliqué activement dans le processus depuis sa mise en place initiale en juillet 2023. Selon ses propos, « à l’heure actuelle, la question de la promotion des produits mis sur le marché doit impérativement s’imposer comme une priorité centrale pour chaque nation désireuse d’affirmer sa présence sur le marché global ».
Cet effort, a-t-il précisé, est généralement orchestré autour de signes distinctifs tels que les Labels, notamment la marque collective, qui jouent un rôle essentiel en permettant aux consommateurs d’identifier facilement les produits et de justifier ainsi leurs choix de manière éclairée. Ces signes distinctifs, toujours selon lui, constituent un pivot pour organiser une forme de partenariat dynamique entre diverses entités, qu’il s’agisse de groupements ou d’associations. Ces groupes aspirent souvent à renforcer leur visibilité, leur compétitivité sur le marché ainsi que leur rentabilité en adoptant une stratégie de vente commune qui soit à la fois réfléchie et cohérente.
Selon les propos du Ministre Youba Ba, l’importance économique, sociale et culturelle du secteur de l’élevage et de la viande n’est plus à prouver au Mali. Ce secteur joue en effet un rôle crucial dans l’économie nationale du pays. « Plus de 30 % de la population rurale dépendent exclusivement de l’élevage pour leurs revenus », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’impact considérable de cette activité sur la vie quotidienne de nombreux Maliens.
L’élevage constitue le troisième secteur d’exportation du Mali, venant après le secteur phare de l’or et celui du coton, et il contribue de manière significative, à hauteur de près de 19 %, au produit intérieur brut (PIB) du pays. Cette contribution substantielle montre à quel point ce secteur est essentiel pour l’économie malienne. Par conséquent, le Ministre de l’élevage et de la pêche a reconnu qu’il est indispensable de renforcer cette position stratégique en assurant une offre de produits dotés de la traçabilité et de la transparence quant à leur origine sur le marché. Une telle initiative garantirait non seulement une meilleure qualité des produits, mais aussi une plus grande confiance des consommateurs, consolidant ainsi la position économique du Mali dans le secteur de l’exportation de viande.
Et au Ministre Youba BA d’affirmer : « en choisissant la valorisation de la filière bétail-viande, il s’agit pour le Mali de pouvoir assurer une production de viande répondant aux standards internationaux de qualité, pour en faire une filière de réduction de la pauvreté en milieu rural, d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de renforcement de la contribution du sous-secteur de l’élevage à l’économie nationale et à l’entrepreneuriat des jeunes ».
Le Chef du Département de l’élevage et de la pêche a longuement discuté et s’est concentré en profondeur sur les nombreux défis essentiels auxquels est confrontée la filière Bétail-Viande au Mali. Parmi ces défis cruciaux, il a souligné l’importance d’assurer une consommation suffisante de viande rouge de haute qualité pour les populations maliennes, afin de répondre aux besoins nutritionnels et de santé. En outre, un autre objectif majeur consiste à organiser l’exportation de cette viande rouge en veillant à ce qu’elle respecte pleinement les normes de qualité internationales, notamment vers les pays avec une forte demande, tels que le Sénégal et les nations du Maghreb.
Le Chef a également insisté sur la nécessité d’améliorer la productivité de notre cheptel par le biais de stratégies axées sur une alimentation adéquate, la santé animale et le progrès en amélioration génétique. Enfin, il a fait référence à l’importance primordiale d’établir et de maintenir le label de qualité Mali-Sogo, ou viande rouge du Mali, afin de garantir la reconnaissance et la confiance dans ce produit sur les marchés locaux et internationaux.
Aux yeux du Ministre Youba Ba, les enjeux majeurs auquel le secteur de l’élevage au Mali doit faire face concernent essentiellement plusieurs aspects cruciaux pour le développement durable et économique du pays. Tout d’abord, il est essentiel de favoriser l’accroissement de la production de viande dans des systèmes qui respectent les principes de durabilité et de respect de l’environnement. Ensuite, il est vital de garantir la fixation du cheptel sur le territoire malien afin de stabiliser les ressources locales et de minimiser les pertes économiques. Par ailleurs, l’accessibilité économique des populations maliennes à la viande rouge constitue une priorité pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
De plus, il est impératif d’assurer la qualité et la traçabilité du bétail et de la viande pour répondre aux normes internationales et aux exigences des consommateurs en termes de sécurité. Sur un plan économique, améliorer la compétitivité de la viande malienne sur les marchés sous-régional et régional est un enjeu de taille pour augmenter le pouvoir d’achat et renforcer l’économie nationale. Le développement des exportations de viande doit également être encouragé pour diversifier les sources de revenus et stimuler les échanges commerciaux avec les pays voisins.
La mise en place et le développement des industries de viande sont des objectifs clés pour stimuler l’emploi et l’innovation industrielle. En parallèle, la valorisation des sous-produits d’abattage permettra de maximiser les ressources disponibles et de réduire le gaspillage. La sécurisation des systèmes pastoraux et agropastoraux est essentielle pour protéger les moyens de subsistance des communautés pastorales et pour sauvegarder les ressources naturelles vitales face aux défis climatiques.
D’autre part, la préservation de la santé publique en considérant les exigences du consommateur s’avère cruciale pour garantir des produits carnés de haute qualité. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, la professionnalisation des acteurs de la filière bétail-viande est indispensable pour accroître les compétences et assurer une gestion plus efficace et professionnelle du secteur.
Quant aux perspectives envisagées pour réaliser ces ambitions, mon département, a souligné le Ministre Youba Ba, s’engage résolument dans des actions concrètes telles que la construction et la réhabilitation des marchés à bétail et bien d’autres initiatives destinées à moderniser et dynamiser ce secteur vital.
Mariam KONE