Le Burkina Faso prévoit d’investir 2,8 milliards de FCFA dans sa politique de sécurisation du capital animal

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, l’État cherche à mettre en œuvre des mesures visant à accélérer sa stratégie de sécurisation du capital animal, qui constitue un pilier fondamental de son économie rurale et de la subsistance de nombreuses communautés.

Ainsi , le gouvernement, conscient de l’importance cruciale de ce secteur pour les agriculteurs et les éleveurs, a en effet validé, le 19 mars dernier, les résultats de la campagne nationale de vaccination et de santé animale pour les années 2025-2026. Cette campagne est marquée par un engagement financier sans précédent, atteignant plus de 2,8 milliards FCFA, une enveloppe considérable qui témoigne de l’implication sérieuse de l’État dans la protection et la préservation des ressources animales. De plus, la subvention gouvernementale représente en moyenne 70 % du budget alloué, ce qui illustre clairement la volonté des autorités de transformer le secteur de l’élevage en un véritable levier de souveraineté alimentaire et de stabilité économique face à un contexte régional encore fragilisé par diverses crises. 

Sous l’égide du ministère en charge des Ressources animales, cette campagne se distingue non seulement par son ampleur mais également par son élargissement significatif. Le nombre de maladies animales prioritaires ciblées a été élargi, passant de sept à dix, ce qui témoigne d’une approche proactive et stratégique dans la lutte contre les menaces sanitaires.

 Fait nouveau et innovant, la vaccination des espèces halieutiques a été intégrée pour la première fois dans le dispositif sanitaire national, marquant ainsi une avancée notable dans la prise en charge de la santé animale et reflétant une vision globale qui prend en compte l’écosystème aquatique. Selon le ministre délégué, Amadou Dicko, cette extension reflète une approche plus intégrée et exhaustive des filières animales, qui prend désormais en compte l’importance croissante de l’aquaculture au sein des politiques publiques de santé animale. 

Cette nouveauté marque une étape significative dans l’évolution de la gestion des ressources animales, soulignant l’interconnexion entre les différentes branches de l’élevage et de la pêche. En intégrant l’aquaculture, qui a gagné en popularité en raison de ses avantages économiques et environnementaux, les décideurs visent à créer des systèmes plus durables et résilients, capables de répondre aux défis contemporains liés à la sécurité alimentaire et à la préservation de la biodiversité.

Les performances enregistrées au cours de la dernière période montrent clairement une montée en puissance significative et encourageante du dispositif de santé animale mis en œuvre. En effet, 2,8 millions de bovins ont été vaccinés, ce qui représente une augmentation impressionnante de 12% par rapport aux années précédentes, tandis que 4,8 millions de petits ruminants ont également bénéficié de la vaccination, témoignant d’une progression remarquable de 36%. 

En outre, 19 millions de volailles ont été traitées contre la redoutable maladie de Newcastle, un fléau qui peut avoir des conséquences dramatiques sur l’aviculture. Par ailleurs, 148 000 carnivores ont été soigneusement vaccinés contre la rage, ce qui marque une augmentation significative de 50%, une initiative cruciale dans la protection de la santé publique. Pour couronner le tout, 1,4 million de poissons ont été protégés, une mesure inédite à l’échelle nationale, signalant un besoin de diversification dans les efforts de santé animale.

À ces chiffres impressionnants s’ajoutent également 5,3 millions d’animaux qui ont été déparasités avec soin, ainsi que plus de 12 000 vaches qui ont été inséminées, traduisant ainsi une double ambition à la fois économique et qualitative: améliorer la productivité du secteur agricole tout en renforçant la qualité génétique du cheptel national. Dans le détail, il convient de noter que six vaccins ont été rendus totalement gratuits, permettant ainsi un accès élargi aux soins, tandis que quatre autres ont bénéficié d’un soutien public substantiel, offrant un coup de pouce essentiel aux éleveurs. 

Ce mécanisme dynamisant vise à lever l’un des principaux obstacles à la modernisation de l’élevage, à savoir le coût d’accès aux services vétérinaires souvent jugé prohibitif. En réduisant cette barrière, le gouvernement favorise non seulement une adoption plus large des pratiques sanitaires indispensables, mais également un environnement propice à la croissance et à la pérennité de l’élevage national, qui est essentiel pour garantir la sécurité alimentaire et le bien-être des animaux.

Au Burkina Faso, l’élevage ne se limite pas à être un simple secteur d’activité économique, mais il revêt une importance capitale dans la vie quotidienne de la population. En effet, il représente une source de revenus essentielle pour des millions de ménages, notamment dans les zones rurales, où beaucoup dépendent directement de leurs animaux pour subvenir à leurs besoins alimentaires et financiers. 

De plus, l’élevage joue un rôle crucial en tant qu’amortisseur face aux crises agricoles fréquentes, offrant une alternative pour les familles lorsque les récoltes sont insuffisantes ou échouent en raison de conditions climatiques défavorables. 

Notons que dans ce contexte, la protection et le bien-être du cheptel s’inscrivent donc dans une logique de résilience, soulignant l’importance de garantir la santé des animaux pour maintenir la sécurité alimentaire et économique des communautés. Cela met en lumière la nécessité d’adopter des pratiques durables et des politiques efficaces pour soutenir cette filière vitale.

Zangouna KONÉ 

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