(CROISSANCE AFRIQUE)-Les 8, 9 et les 10 juillet 2026, Bamako accueille un Séminaire international de haut niveau d’apprentissage et de partage des mécanismes du contrôle citoyen des actions publiques et privées (CCAP) dans l’espace UEMOA.
Organisée par le Groupe de Suivi Budgétaire (GSB), cette rencontre est consacrée au thème : « Le contrôle citoyen des budgets de l’Etat et des collectivités territoriales ». Placé sous la haute présidence du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, l’évènement a été officiellement ouvert par le Secrétaire général du département, Abdoulaye Traoré, représentant le ministre.
Selon le représentant du Groupe de Suivi Budgétaire (GSB), Cheick Oumar Dembéle, l’implication effective des citoyens dans le suivi de la gestion des ressources publiques constitue un levier essentiel pour promouvoir la transparence, renforcer la redevabilité des institutions et consolider la bonne gouvernance au sein des Etats de l’espace UEMOA. « Dans un contexte marqué par des attentes croissantes des populations en matière de transparence, d’efficacité des services sociaux, il devient insdispensable de renforcer les mécanismes permettant aux citoyens de participer activement au suivi budgétaire », a-t-il déclaré.
Poursuivant son allocution, M. Dembélé a souligné que le budget public ne constitue pas un simple document financier. Il traduit les choix stratégiques d’un gouvernement, les priorités nationales de développement, les engagements pris envers les citoyens entre autres. Il est donc légitime, selon lui, que les citoyens disposent des connaissances, des outils et des espaces nécessaires pour suivre son élaboration, son exécution et son évaluation.
Au-délà des apprentissages techniques, cette rencontre se veut un véritable cadre d’échanges d’expériences entre les pays membres de l’UEMOA. Les réussites, les innovations, mais aussi les difficultés rencontrées constitueront une source précieuse d’inspirations pour bâtir des mécanismes de contrôle citoyen toujours plus efficaces. Le séminaire ambitionne également de favoriser un apprentissage mutuel entre les Etats membres.
Prenant la parole à son tour, le Secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Traoré, a indiqué que cette rencontre témogne de l’intérêt croissant accordé à la promotion de la transparence, de la redevabilité et de la participation citoyenne dans la gestion des fînances publiques. Il a ensuite exprimé sa gratitude aux responsables du Groupe de Suivi Budgétaire pour cette initiative qu’il a qualifiée de pertinente et visionnaire.
Selon lui, ce séminaire réunit, pendant trois jours, des acteurs venus de l’ensemble de l’espace communautaire afin de réflechir aux mécanismes du contrôle citoyen, de la gouvernance budgétaire et de la reddition des comptes. Pour le Secrétaire général, les finances publiques constituent l’un des principaux leviers du développement économique et social des Etats. Elles traduisent les priorités gouvernementales, financent les infrastructures, soutiennent les services sociaux essentiels et contribuent à la réduction des inégalités.
Le Secrétaire général a rappelé que, depuis plusieurs années, les Etats membres de l’UEMOA ont engagé d’importantes réformes visant à moderniser la gestion des finances publiques conformément aux standards internationaux de bonne gouvernance. Ces réformes ont permis des avancées significatives en matière de transparence budgétaire, de budgétisation axée sur les résultats, de publication des informations financières et de renforcement des systèmes de contrôle. Toutefois, il a reconnu que plusieurs défis
demeurent. << L’accès à l’information budgétaire reste parfois limité pour une partie de nos concitoyens. Les mécanismes de participation citoyenne doivent être davantage consolidés >>, a-t-il insisté.
L’invité d’honneur de cette rencontre de haut niveau est Sèwènan Rodrique Chaou, ministre chargé du Budget et de la Fonction publique de la République du Bénin. Il est également l’auteur de l’ouvrage Repenser le budget de l’Etat : Chronique d’une transformation de l’action publique.
Par Drissa Keita

