(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque mondiale a récemment donné son feu vert à un projet ambitieux et d’une grande envergure, visant à transformer les économies forestières en Afrique centrale, une région riche en biodiversité mais confrontée à de nombreux défis environnementaux et économiques.
Ce projet, intitulé « Programme pour des économies forestières durables du Bassin du Congo » (SCBFEP), mobilise un financement impressionnant de 1,02 milliard de dollars, dont une première phase s’élève à 394,83 millions de dollars. Cette annonce a été faite par l’institution dans un communiqué officiel publié le mercredi 1er avril, marquant un tournant significatif dans les efforts de développement durable dans la région.
La première phase du programme a pour objectif principal d’améliorer la gestion forestière, en mettant en place des pratiques durables qui permettront de préserver les précieuses ressources forestières tout en favorisant une exploitation responsable. De plus, ce projet vise à renforcer les chaînes de valeur du secteur forestier, créant ainsi des opportunités économiques pour les communautés locales. En effet, il est prévu que 220 000 emplois soient générés au Cameroun, en République centrafricaine (RCA) et en République du Congo, offrant ainsi des perspectives d’avenir aux populations qui dépendent de ces ressources.
Un aspect crucial de ce programme est la mise sous gestion durable de près de 8 millions d’hectares de forêts, ce qui représente une avancée majeure dans la lutte contre la déforestation et la dégradation des écosystèmes. À l’échelle globale, le programme ambitionne de réduire les émissions annuelles de gaz à effet de serre de 17,6 millions de tonnes équivalent CO₂, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique. En parallèle, il vise à accroître de 15 % la proportion de bois transformé légalement, garantissant que les ressources forestières soient exploitées de manière éthique et durable.
Ce projet ne se limite pas seulement à la gestion des forêts, mais soutient également les entreprises forestières communautaires, favorisant ainsi l’inclusion économique et sociale. Les systèmes agroforestiers seront encouragés, permettant une synergie entre l’agriculture et la foresterie, tout en établissant des zones de transformation dédiées aux petites et moyennes entreprises (PME). Ce faisant, le SCBFEP aspire à créer un modèle économique durable qui profite à la fois à l’environnement et aux communautés locales, tout en renforçant la résilience face aux défis environnementaux croissants.
Par ailleurs, plus de 500 petites et moyennes entreprises (PME) et 20 000 personnes, dont une proportion significative de 40 % de femmes, bénéficieront de programmes de formation, de financements adaptés et d’infrastructures essentielles pour renforcer les chaînes de valeur dans des secteurs clés. Ces initiatives visent à stimuler l’innovation et à améliorer la compétitivité des entreprises locales, tout en favorisant l’inclusion économique des femmes. De plus, plus de 7000 jeunes seront accompagnés dans leur parcours vers l’entrepreneuriat, recevant des conseils pratiques, des ressources et un soutien personnalisé pour transformer leurs idées en projets viables et durables.
« Le Bassin du Congo est une ressource partagée, et sa durabilité dépend de politiques coordonnées et d’une coopération régionale étroite », a déclaré Marina Wes, directrice par intérim des programmes régionaux à la Banque mondiale, soulignant l’importance d’une approche collaborative. « En renforçant les institutions régionales, le programme améliore les normes du commerce du bois et crée une puissante plateforme d’apprentissage et de collaboration à l’échelle du Bassin », a-t-elle ajouté, insistant sur le fait que cette initiative ne se limite pas seulement à la préservation des ressources naturelles, mais s’étend également à la création d’opportunités économiques pour les communautés locales.
Notons que ce type de synergie est crucial pour garantir un avenir durable, où les ressources du Bassin du Congo peuvent être exploitées de manière responsable tout en soutenant le développement économique et social des pays riverains.
Zangouna KONÉ

