(CROISSANCE AFRIQUE)-En Egypte, les flux de pétrole transportés via le pipeline SUMED ont connu une augmentation spectaculaire d’environ 150 % depuis le début du conflit impliquant l’Iran, a rapporté le mercredi 1er avril Arabian Gulf Business Insight.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de recours accru à cette infrastructure stratégique, qui joue un rôle crucial dans le transport de l’or noir à travers la région. En effet, le pipeline SUMED, qui relie Ain Sokhna, sur la mer Rouge, à Sidi Kerir, sur la côte méditerranéenne, est devenu un axe vital pour les pays producteurs de pétrole cherchant à acheminer leurs cargaisons vers les marchés internationaux tout en évitant les zones de conflit.
Selon cette source, cette progression s’explique par la redirection d’une partie des cargaisons du golfe Persique vers cette voie terrestre, ce qui témoigne d’une adaptation rapide des acteurs du marché face aux nouvelles réalités géopolitiques. Le pipeline, exploité par l’Arab Petroleum Pipelines Company, dispose d’une capacité impressionnante d’environ 2,5 millions de barils par jour, ce qui en fait l’un des principaux corridors de transport de pétrole au monde.
Concrètement, une partie du pétrole du Golfe est acheminée vers la mer Rouge, notamment via des infrastructures saoudiennes, avant d’être injectée dans le pipeline SUMED, rapporte Asharq Al-Awsat. Ce schéma logistique est utilisé pour contourner le détroit d’Ormuz, principal point de passage maritime pour le pétrole, qui est souvent sujet à des tensions et à des menaces de blocage. En conséquence, cette stratégie permet non seulement de garantir un approvisionnement continu, mais également de sécuriser les routes commerciales dans un climat d’incertitude. Cette situation met en lumière l’importance croissante du pipeline SUMED dans le paysage énergétique mondial, alors que les pays cherchent à diversifier leurs routes d’exportation et à minimiser les risques associés aux conflits régionaux.
Aussi, certaines compagnies choisissent de contourner la zone en passant par le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique, une décision qui, bien que stratégique, engendre des conséquences significatives sur la logistique maritime. Ce détour, qui allonge considérablement les distances entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, entraîne non seulement une hausse des délais de livraison, mais également une augmentation substantielle des coûts du transport. Les navires, en prenant cette route alternative, doivent naviguer dans des eaux souvent tumultueuses, ce qui peut également accroître les risques d’accidents maritimes et de pertes de cargaison.
Dans un contexte géopolitique déjà tendu, les nouvelles récentes ajoutent une couche supplémentaire de complexité. Selon les informations officielles publiées lundi 30 mars, une commission parlementaire iranienne a donné son feu vert pour un projet ambitieux visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, un passage stratégique qui représente une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole et d’autres marchandises. Ce texte, qui prévoit d’interdire l’accès aux navires américains, israéliens et à ceux des pays appliquant des sanctions contre l’Iran, pourrait provoquer des tensions accrues dans la région.
Notons que les compagnies maritimes doivent désormais naviguer dans un environnement incertain, où les implications économiques et politiques de ces nouvelles régulations pourraient redéfinir les routes commerciales traditionnelles et influencer les décisions d’approvisionnement à l’échelle mondiale.
Mariam KONE

