Afrique: Proparco et Ecobank s’associent pour un partenariat de 352 millions USD visant à soutenir le secteur Agricole 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-À Nairobi, le lundi 11 mai, dans le cadre dynamique et engageant du sommet Africa Forward, un événement crucial pour le développement économique du continent, Proparco, la filiale dédiée au secteur privé du groupe Agence française de développement (AFD), a franchi une étape significative en signant un protocole d’accord avec Ecobank Transnational Incorporated, le principal groupe bancaire panafricain. 

Cet accord ambitieux vise à mobiliser jusqu’à 300 millions d’euros, soit environ 352,7 millions de dollars, sur une période de trois ans, spécifiquement pour renforcer les chaînes de valeur agricoles à travers l’Afrique. 

Cette initiative conjointe ne se limite pas à un simple engagement financier ; elle s’inscrit dans une vision plus large de soutien aux acteurs clés de l’agriculture, un secteur vital pour la sécurité alimentaire et le développement économique du continent. En parallèle, les deux institutions ont scellé une lettre d’engagement pour soutenir Ellevate, le programme novateur d’Ecobank qui se consacre à l’autonomisation des femmes entrepreneures, reconnaissant ainsi le rôle essentiel que jouent les femmes dans le développement économique et social.

Le mécanisme mis en place se décline en trois volets stratégiques. Dans un premier temps, Proparco mettra en œuvre des garanties partielles de portefeuille, grâce à ses programmes Impact+ et ARIZ, qui visent à atténuer l’exposition d’Ecobank au risque de crédit. Cela permettra à la banque de renforcer ses prêts destinés aux petites et moyennes entreprises agricoles dans 33 pays africains, favorisant ainsi l’accès au financement pour des projets qui pourraient autrement être considérés comme trop risqués. Cette approche proactive et collaborative est essentielle pour dynamiser le secteur agricole, soutenir les entrepreneurs locaux et, en fin de compte, contribuer à la prospérité économique de l’Afrique.

L’objectif ambitieux qui se dessine est de mobiliser jusqu’à 100 millions d’euros sur une période de trois ans, une somme qui pourrait transformer le paysage agricole du continent. Ce projet se décline en plusieurs volets, dont un deuxième pilier, soigneusement structuré autour du cofinancement et de la participation au risque, qui se concentrera spécifiquement sur l’agro-industrie. Ce secteur, vital pour l’économie, nécessite un soutien accru pour stimuler son développement et sa compétitivité sur le marché international. Parallèlement, un troisième pilier sera dédié au négoce de matières premières agricoles, avec un objectif combiné ambitieux de 200 millions d’euros, visant à soutenir à la fois les agro-industriels et les traders, des acteurs clés dans la chaîne de valeur alimentaire.

« L’agriculture reste l’un des secteurs les plus sous-financés du continent », a souligné Françoise Lombard, directrice générale de Proparco, mettant en lumière une réalité préoccupante. Ce constat alarmant est largement partagé par les experts et les acteurs du secteur. En effet, l’agriculture représente près de 20 % du produit intérieur brut africain et génère presque la moitié des emplois sur le continent. Pourtant, elle ne parvient à capter qu’une infime partie des ressources financières, absorbant moins de 3 % des actifs bancaires. Ce paradoxe soulève des questions cruciales sur les priorités économiques et les stratégies de développement.

Le déficit de financement du secteur agricole est estimé à environ 170 milliards de dollars, selon les analyses de la Société financière internationale (SFI). Ce manque à gagner est perçu par les bailleurs comme un frein majeur à la sécurité alimentaire et à la stabilité macroéconomique de plusieurs États africains, surtout à une époque où les tensions sur les marchés alimentaires mondiaux et les impacts du changement climatique exacerbent les vulnérabilités.

Les conséquences de ce sous-investissement sont multiples, allant de l’incapacité à moderniser les infrastructures agricoles à la difficulté d’accéder aux technologies nécessaires pour améliorer les rendements. Ainsi, la nécessité d’un engagement financier accru et d’une mobilisation des ressources devient une priorité incontournable pour garantir un avenir durable et prospère pour l’agriculture africaine.

Le second volet de l’accord cible spécifiquement les femmes, un choix stratégique qui souligne l’importance de l’égalité des sexes dans le développement économique. Avec l’appui de Proparco, une institution qui soutient le secteur privé en Afrique, Ecobank s’engage à étendre son programme Ellevate à 400 entrepreneures supplémentaires en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Kenya. Ce programme ambitieux inclut des formations de douze mois en gestion d’entreprise et en finance, offrant ainsi aux participantes les outils nécessaires pour réussir dans un environnement souvent difficile. Lancée en 2020, en pleine pandémie mondiale, l’initiative a déjà enregistré fin 2025 plus de 103 000 femmes dans 26 pays africains, témoignant de son impact considérable et de son attrait croissant.

 Les prêts d’Ecobank aux entreprises dirigées par des femmes ont atteint un impressionnant montant de 780 millions de dollars en 2025, marquant une hausse spectaculaire de 194 % par rapport à l’année précédente, selon le rapport publié par la banque le 11 mars dernier. Cela démontre non seulement la volonté d’Ecobank de soutenir l’entrepreneuriat féminin, mais aussi l’énorme potentiel économique que représentent ces femmes dans le paysage africain. « La croissance africaine exige une exécution à grande échelle », a déclaré Jeremy Awori, directeur général du groupe Ecobank, soulignant ainsi l’urgence d’une action concertée pour stimuler l’économie du continent. 

Notons que la signature de cet accord s’inscrit dans une journée d’annonces chargée pour Proparco, qui a également révélé un total de 500 millions d’euros de signatures à Nairobi ce lundi, représentant ainsi la moitié de son engagement annuel. Cette dynamique témoigne d’un engagement fort envers le développement durable et l’autonomisation des femmes, éléments essentiels pour bâtir un avenir prospère et inclusif en Afrique.

Moussa KONE

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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