Afrique: le Cameroun figure parmi les États les moins performants en matière de gouvernance (Rapport Chandler Institute)

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, le Government Index (CGGI) 2025, publié ce mardi 26 août à Pretoria par le Chandler Institute of Governance, place le pays au 105ᵉ rang mondial sur un total de 120 pays évalués. Ce classement, bien qu’il puisse sembler anecdotique, est significatif car il positionne le Cameroun parmi les nations les moins performantes en matière de gouvernance sur le continent africain. 

Ce faible classement est particulièrement notable quand on le compare aux résultats nettement plus favorables de certains de ses voisins comme Maurice qui se retrouve au 51ᵉ rang, le Rwanda au 59ᵉ, et le Botswana à la 61ᵉ position. Selon les analyses mises en avant par ce rapport, le Cameroun réussit à marquer son meilleur score relatif dans la gestion financière, où il occupe la 65ᵉ place. Ce résultat reflète en partie les effets des politiques de discipline budgétaire et les engagements qui ont été pris par le pays dans le cadre de ses programmes de collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI). 

Cependant, malgré cet aspect positif, l’ensemble des performances du pays reste en demi-teinte, voire décevant sur plusieurs autres fronts essentiels. Ainsi, il se classe 91ᵉ pour le leadership et la vision stratégique, 99ᵉ concernant la solidité des lois et politiques établies, et 112ᵉ en termes de robustesse de ses institutions. 

De plus, le Cameroun atteint la 105ᵉ place en ce qui concerne son attractivité économique et sa capacité à améliorer les conditions de vie de sa population. Mais c’est sur le plan international que la situation est la plus critique, le pays se classant à la 120ᵉ et dernière position mondiale en matière d’influence et de réputation internationale, un résultat qui souligne la nécessité urgente de réformes et d’améliorations dans ces domaines.

En comparaison avec d’autres nations du continent, l’île Maurice conserve pour la cinquième année consécutive son statut enviable de premier gouvernement africain, se positionnant au 51ᵉ rang mondial, un exploit remarquablement attribué principalement à la stabilité inébranlable de ses institutions et à la transparence exemplaire de ses politiques publiques. 

De son côté, le Rwanda, classé 59ᵉ et salué comme « le pays à faible revenu le mieux classé au monde », selon le communiqué élogieux diffusé le 26 août, démontre de manière éloquente que la réalisation d’une gouvernance efficace ne nécessite pas impérativement un niveau de richesse nationale élevé ou exceptionnel. Le Botswana, se hissant au 61ᵉ rang, progresse admirablement, notamment en raison de ses efforts soutenus dans la digitalisation bien orchestrée de son système judiciaire, tandis que le Maroc, se positionnant à la 75ᵉ place, bénéficie largement de ses initiatives vigoureuses et de ses avancées significatives en matière de données ouvertes et d’infrastructures numériques robustes. 

L’Afrique du Sud, malgré sa 77ᵉ position et une pression budgétaire plaintive et persistante, parvient à maintenir sa crédibilité et son intégrité grâce à la solidité remarquée de ses institutions publiques. À l’autre extrémité du spectre illustrant le classement, le Cameroun semble se rapprocher de manière inquiétante des pays africains se trouvant le plus bas dans le tableau, comme le Nigeria, qui n’est pas mentionné dans les échelons supérieurs du tableau, mais se situe invariablement en queue du classement global, une situation nécessitant des réformes urgentes.

Lors de la présentation officielle et détaillée du rapport dans la dynamique ville de Pretoria, Dinesh Naidu, qui occupe le poste de directeur de la connaissance au sein du Chandler Institute of Governance, a tenu à rappeler un point crucial. Il a souligné « Qu’en tant que région, l’Afrique a encore un travail considérable à accomplir pour améliorer la qualité de sa gouvernance ». 

Toutefois, il a également souligné que les progrès récents indiquent une trajectoire ascendante encourageante. Même face à un contexte mondial complexe et parfois tumultueux, les pays africains qui se démarquent par leurs performances exceptionnelles effectuent des avancées notables qui peuvent servir d’inspiration pour les autres nations du continent.

 Par exemple, la Tanzanie a enregistré des progrès remarquables en Afrique depuis la toute première édition du CGGI en 2021. Elle a réussi à progresser significativement, passant de la 82ᵉ à la 78ᵉ place mondiale, grâce à l’application rigoureuse de réformes numériques et administratives ambitieuses, mettant en lumière son engagement vers l’innovation et l’amélioration continue.

Mariam KONE 

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