Au Mali, l’État va allouer un crédit de 433,783 milliards de FCFA aux diverses collectivités territoriales en 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, dans le cadre de l’initiative de décentralisation budgétaire qui vise à renforcer l’autonomie des collectivités territoriales et à améliorer la gestion des ressources locales, les autorités compétentes ont établi un plan ambitieux pour transférer aux différentes collectivités un crédit considérable s’élevant à 433,783 milliards FCFA, ce qui correspond à environ 768,7 millions USD, pour l’année 2026.

Ce montant significatif témoigne de l’engagement du gouvernement à soutenir le développement régional et à donner aux collectivités les moyens financiers nécessaires à la réalisation de leurs projets. Il est intéressant de noter que ce montant avait initialement été fixé à 432,554 milliards FCFA pour l’année 2025, avant d’être finalement révisé à la baisse pour atteindre 412,537 milliards FCFA. 

Ainsi, les transferts budgétaires prévus pour 2026 représentent une part substantielle de 15,84 % des recettes budgétaires, illustrant non seulement l’importance de cet effort de décentralisation, mais aussi son impact sur les dépenses publiques et le développement socio-économique du pays.

C’est pourquoi, dans une démarche significative et soigneusement réfléchie, le gouvernement a adopté plusieurs textes juridiques portant création d’une nouvelle Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales, communément désignée comme ANICT. Cette décision, cruciale pour le paysage administratif local, a été prise à l’issue du Conseil des ministres qui s’est tenu le mercredi 4 mars et répond à une volonté manifeste de réorganiser le système de financement et de gestion du développement local, souvent perçu comme étant en désaccord avec les besoins réels des collectivités.

La nouvelle agence, qui est censée jouer un rôle pivotal dans la dynamisation de l’investissement local, aura notamment pour missions de gérer les subventions destinées aux investissements des collectivités territoriales, d’avoir la responsabilité de garantir certains prêts contractés par ces entités, et d’apporter un appui technique essentiel au service chargé du contrôle des associations et fondations.

Selon le compte rendu détaillé du conseil ministériel, cette réforme stratégique survient dans un contexte de faibles performances et d’inefficacité des Agences de Développement régional, qui n’ont pas réussi à répondre adéquatement aux aspirations de développement des collectivités. Les missions précédemment attribuées à ces structures seront désormais intégrées à la nouvelle ANICT, avec l’objectif stratégique et ambitieux d’améliorer l’efficacité globale de la gestion des investissements publics au niveau local, favorisant ainsi un cadre propice à la croissance et à l’épanouissement des communautés.

« La faiblesse du dispositif de suivi des Associations et des Fondations engendre des risques tels que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le non alignement avec les priorités nationales et la planification régionale et locale, ainsi que le manque de transparence et de responsabilité », précise la note, mettant en lumière des enjeux cruciaux qui nécessitent une attention particulière.

En effet, l’absence de mécanismes de surveillance adéquats permet à certaines organisations de fonctionner en marge des lois en vigueur, ce qui peut avoir des répercussions néfastes sur la sécurité économique et sociale. Les nouvelles régulations, quant à elles, précisent ainsi les modalités de contrôle administratif de ces organisations, instaurent des conditions d’intervention plus strictes et introduisent l’obligation pour ces structures de contribuer financièrement au financement du développement, ce qui témoigne d’une volonté renforcée d’encadrer leurs activités afin de garantir qu’elles opèrent de manière responsable et bénéfique pour la société tout en minimisant les risques associés. Ces mesures visent à promouvoir une culture de transparence et à renforcer la confiance du public dans ces entités, essentielles au tissu social et à la dynamique du développement communautaire.

Cette initiative survient dans un environnement complexe et délicat, marqué par une crise sécuritaire qui perturbe profondément la vie quotidienne et affecte l’ensemble du pays, principalement liée aux violences jihadistes qui sèment la peur et l’instabilité au sein de la population.

 En outre, le Mali fait face à des contraintes budgétaires sévères, qui compliquent davantage la possibilité de mettre en œuvre des projets visant à améliorer la situation économique et sociale. Dans ses dernières analyses approfondies, le Fonds monétaire international (FMI), par l’intermédiaire de rapports détaillés, souligne avec insistance la nécessité pour le Mali de renforcer significativement la discipline budgétaire ainsi que la transparence au sein des institutions publiques. Ces mesures sont jugées cruciales pour améliorer l’efficacité des processus de décentralisation ainsi que du développement local dans le pays, qui souffre d’une organisation administrative inefficace.

L’institution financière internationale estime par ailleurs que la croissance économique du pays, bien qu’encadrée par des défis considérables, reste prometteuse et encourageante, avec une progression moyenne attendue d’environ 5 % sur la période 2025 – 2027, ce qui pourrait signifier de meilleures opportunités pour les citoyens. Toutefois, cette dynamique de croissance dépendra en grande partie de la stabilité politique, qui est essentielle pour établir un climat favorable aux investissements et à la coopération. 

Notons qu’une meilleure gestion des finances publiques sera également indispensable pour garantir que les ressources sont utilisées de manière efficace et responsable. Le FMI insiste notamment sur l’importance cruciale d’encadrer soigneusement les transferts financiers vers les collectivités territoriales, de renforcer les capacités des gestionnaires locaux afin qu’ils puissent gérer ces ressources avec compétence, et de mettre en place des mécanismes de contrôle rigoureux pour prévenir tout risque de détournements ou de corruption, qui pourrait compromettre tous les efforts de développement.

Daouda Bakary KONÉ 

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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