Par Croissanceafrique
Au Mali, la culture et la
commercialisation du coton offre une
opportunité pour accroitre la productivité agricole et améliorer les revenus et
le bien-être de plus de quatre millions de personnes. Par ailleurs, le coton joue un rôle économique
majeur dans les zones rurales des pays africains de l’Ouest et du Centre (AOC).
Alors quels sont les le
« Financement de la filière coton au Mali: pool des banques locales et
étrangères » ?
Selon
les données fournies par AFCOT.org, (une structure qui milite pour une large
culture du coton en Afrique) «la part du
coton dans le PIB du Mali est estimée à 15%. Il est un important instrument de
lutte contre la pauvreté en milieu rural. Le coton contribue au développement
de plusieurs domaines de l’économie: transport, institutions de finances,
approvisionnement en intrants agricoles et industriels, industries de
transformation et artisanat. La culture du coton contribue également à
l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire », souligne dans un rapport
que nous a fourni.
Pour
cela, il faut d’ores et déjà rappeler que l’année 2020 a vu la production de
coton s’effondrer des trois quarts au Mali, passant de 700 000 à 147 000
tonnes. Échaudés par une baisse du prix au producteur et une suppression de la
subvention sur les engrais, les cotonculteurs se sont détournés de l’or blanc.
Mais il est stratégique pour le Mali et le ministère de l’Agriculture multiplie
les concertations avec le monde agricole pour relancer la production. C’est pourquoi, d’ailleurs, une assise
nationale a été organisée à Bamako, dont les recommandations issues de cette
rencontre serviront de leçon dans le
cadre de la relance du secteur coton courant
la campagne agricole 2021-2022.
L’Etat Malien va relancer sa
filière coton (campagne 2021-2022)
Au Mali, la filière fait vivre plus de quatre
millions de personnes et pèse 15% de la richesse nationale. Alors que quand le
coton flétrit, le Mali est à genoux. L’an dernier, la production s’est
effondrée des trois quarts, laissant le pays stupéfait devant une telle
déconfiture. Certes la demande internationale, notamment chinoise, a baissé de
30% en raison de la pandémie de Covid-19, mais l’explication tient en deux
décisions malencontreuses.
Pourtant, le prix d’achat garanti par l’État
est passé de 275 francs CFA le kilo en 2019 à 200 francs pour la campagne 2020.
Et la subvention sur les engrais a été suspendue renchérissant le sac d’engrais
de moitié. Résultat, les cotonculteurs ont délaissé l’or blanc. Ce qui a
provoqué une chute de la production cotonnière au Mali.
A la question savoir, quel a été l’impact, du
fait que la plus part des coton-culteurs n’ont pas cultivé le coton en 2020, le ministre malien de l’Agriculture Mohamed Ould Mahmoud, a expliqué qu’ « Ils n’ont pas
laissé les terres à l’abandon,
ils ont cultivé des céréales telles que le mil, le maïs, etc. Mais
malheureusement, il en est résulté une perte importante de cash-flow [flux de
trésorerie, ndlr] au niveau des ménages, des producteurs et des populations », a-t- il
expliqué, lors d’une rencontre organise à l’endroit des paysans. Pour
lui, il faudrait « éviter de répéter les mêmes erreurs en 2021 »,
a-t- il rappelé.
Pour l’État Malien, la perte est lourde, en termes de recettes en
devises, le coton étant le deuxième poste d’exportation derrière le métal
jaune. Le ministre de l’Agriculture veut donc éviter de répéter les erreurs. Le
prix d’achat garanti du coton va remonter, assure-t-il. « Cela va être un prix incitateur. Le
gouvernement ne ménagera aucun effort pour que le prix d’achat de base du coton
[pour la campagne, ndlr]
2021-2022 soit très, très attractif, tout en tenant
compte des équilibres macro-économiques et de l’évolution des cours sur le
marché mondial. »
Selon l’économiste Étienne Fakaba Sissoko au
CRAPES (Centre de Recherche d’Analyses Politiques, Economiques
et Sociales), « En
termes de contribution au (PIB) du Mali le coton est classé en deuxième
position après l’or, », dit-il. Il ajoute qu’aujourd’hui plus 3 millions
des maliens vivent de la culture du coton, la moitié du revenu provient
essentiellement de la culture du coton. Avec cette crise de pandémie, le mali
connait une chute de 75% sur le coton », a-t- il affirmé. L’économiste
n’ajoute par la suite que cette fois-ci « Le ministre est d’autant plus
attendu au tournant par les producteurs que seuls l’État malien et ses
partenaires sont à même de pouvoir relancer durablement la filière ».
Rétablissement
d’engrais comme l’espère les paysans en 2021
Le
gouvernement Malien à travers le ministre de l’Agriculture a débattu les
questions relatives à la subvention des intrants lors des assises sur le coton. Il s’agira
désormais de décider dans quelles proportions la subvention sur les engrais
sera rétablie cette année comme l’espèrent les cotonculteurs. « Les questions relatives à la subvention des intrants ont fait l’objet de larges débats lors des assises nationales du
coton. Des propositions pertinentes ont été faites par les acteurs et les
partenaires de la filière. Ces propositions sont à l’étude par les équipes
compétentes au sein de mon département, afin de choisir la meilleure option », a-t- il, ajoute le ministre de l’Agriculture.
La
transformation du coton
Au-delà de la prochaine campagne, le Mali
souhaite accélérer le développement de la filière de transformation du coton.
Celle-ci représente à peine 2% de la production totale. La volonté n’est pas
nouvelle, mais Mohamed Ould Mahmoud espère que les dispositifs d’incitation
produisent rapidement des effets.
« On a
accepté un certain nombre d’exonérations sur le dédouanement des équipements
pour la transformation, des importations gratuites de pièces à partir de
certains prix. On a accordé beaucoup de facilités aussi pour la création et le
renforcement des unités de transformation de la fibre de coton. On a aussi des
projets d’agropoles, des gens qui veulent faire toute une chaîne de valeur sur
la production de coton. Nous sommes en train d’étudier les dossiers avec les
ministères impliqués, ceux du Commerce, de l’Économie et des Finances »,
souligne Mohamed Ould Mahmoud.
Abdel Rahmane Sy est président de l’Association
des jeunes pour la valorisation du coton (AJVC) et promoteur du festival
Africain de la cotonnade. Ce dernier pense que les acteurs politiques doivent
beaucoup insister sur la transformation du coton local. Par ailleurs, il ajoute
que le secteur du coton doit beaucoup insister face aux enjeux. Selon lui, l’insécurité a beaucoup impacté la culture du coton au Mali.
« La CMDT (Compagnie Malienne pour de le
Développement du Textile) se trouve dans
le pétrin, pourtant elle avait déboursée plus les 60 milliards en terme des préfinancements
pour les intrants Agricoles. Mais la
CMDT n’a pas été remboursés par l’État Malien. Cela est une autre
difficulté ». Pour lui il faudra revoir le prix du coton et des intrants. Parce
cette difficulté connue par les
cotons-culteurs, occasionneraient 12 millions de chômeurs. Rien que pour le seul secteur du
coton.
Problématiques autour de la
commercialisation du coton
Sur
ce volet, Modibo Mao MaKalou Economiste
financier, a abordé que « le
marché international de coton a subi de plein fouet cette année, donc c’est
une crise internationale », dit-il
que le coton est notre deuxième recette d’exportation. Il s’agit de 14 % de des recettes d’exportation du Mali.
En terme de valeurl cela correspond à 188 milliards de FCFA (environ 345
millions USD) en 2017 et 270 milliards de FCFA (environ 500 millions USD) en
2018. Le coton représente une mane importante pour l’État Malien aussi pour les
cotons culteurs », a-t- il affirmé.
La
crise du coton a impacté sans égal sur l’économie
Malienne.
Le Mali
a 40% de secteur rural, 20% de secteur secondaire, 40% des industries.
Il faudra que le prix soit attractif pour que les cotons culteurs puissent s’en donner plus au travail et les intrants
soient accessibles. En termes de solution, cette crise est une opportunité pour
voir comment faire pour entreprendre des réformes.
Pour sa part, Modibo Mao Makalou ajoutera que
« Pendant le 1er semestre de 2019 le prix international du coton a chuté
de 20%. Environ 40% de la population rurale sont touchées ou 4 millions de la
population impacté. Pour lui qu’il fallait une subvention de 35 milliards
supplémentaires pour l’attente des cotons cultures. Au mali, nous transformons
2% et les 98 % PIB sont exportés. A cause
de la pandémie le marché mondial a chuté près de 12%.
D’autre part, il faudra procéder à la Réduction des coûts de facteurs de
reproduction, et renforcer le capital humain. Le capital physique, c’est à dire
la terre, les infrastructures de base, la finance, et la volonté politique.
Les opportunités à saisir pour le secteur coton au Mali
Le
Mali produit plus de 600 000 tonnes de coton graine dont 2% seulement sont
transformés sur place, d’où la nécessite d’installation des usines de textiles.
Ces unités de transformation de la fibre seront pourvoyeuses de milliers
d’emplois et créeront de la valeur ajoutée au coton malien. Ainsi, le code des
investissements du Mali est une opportunité
dans ce domaine.
Il
y’a aussi les accompagnements de l’Etat, qui est motivant pour le développement
du secteur coton, la subvention des
engrais et des tracteurs ; la facilitation des conditions d’installation des
unités industrielles ; l’ouverture et la réhabilitation des pistes rurales ; et
l’établissement d’une carte de fertilité des sols.
Le
volet Financement de la filière coton au
Mali
Au
Mali, les principales sources de crédit agricole sont les banques commerciales
et les institutions de microfinance. Par ailleurs, les banques financent
généralement les agro-entreprises les plus importantes, les fournisseurs de
facteurs de production et les sociétés de transformation agricole comme la
CMDT.
Par
ailleurs, les IMF (International Monetary Fund ), sont des financiers des
coopératives et les exploitants individuels. De fait, les crédits bancaires et
les financements des (Fonds Monétaire Internationaux (IMF) aux producteurs sont
fortement tributaires des capacités institutionnelles et administratives des
organisations de producteurs du pays, qui semblent très limitées à bien des
égards. À l’exception, c’est la Banque Nationale de Développement Agricole
(BNDA), qui finance rarement et
directement les coopératives de producteurs et/ou les exploitants agricoles.
Selon
un document publié par la banque mondiale (disponible sur le site de l’institution
breton Wood), « Les banques hésitent à prêter directement
aux organisations de producteurs, car nombre de ces dernières ont du mal à
rembourser leurs emprunts en temps voulu. Par exemple, en 2013, le taux de
défaillance des prêts directement consentis par la BNDA à des coopératives de
producteurs était de 20 %, contre 0 % pour le prêt accordé à la CMDT pour lui
permettre de financer ses coopératives de producteurs sur contrat », souligné, le rapport de l’Institution Breton
Wood.
Concernant,
le secteur du coton, il est bien
organisé et bien financé par le secteur bancaire. La preuve en est que le coton est un important secteur de
l’économie malienne, puisqu’il génère 20 % des recettes d’exportation et assure
la subsistance de 25 % de la population. Et la CMDT, qui est la seule compagnie
cotonnière, a négocié un mécanisme de financement conjoint auprès des banques
pour financer la production et le commerce du coton.
Pourquoi, les banques
prêtent directement à la CMDT ?
En réalité, le processus est très simple : elles prêtent directement à la CMDT qui, à son tour,
« rétrocède le montant de leurs prêts à des exploitants sur contrat sous
la forme de prêts en nature revêtant la forme de facteurs de production et de
fournitures aux organisations de producteurs », selon expert de la
Banque mondiale. Ces derniers affirment qu’après la récolte et la vente du
coton, la CMDT rembourse aux banques les montants qu’elle leur a empruntés.
La
CMDT a recours à des crédits commerciaux pour acheter le coton auprès des
exploitants sur contrat. Les volumes de financement conjoint dépendent dans une
très large mesure des résultats de la campagne précédente ainsi que des
conditions du marché et des prix durant la campagne en cours.
Pool
des banques locales et étrangères
A
travers ce volet, plusieurs sources indiquent que la BNDA est la banque (chef
de file) (principale source de financement locale) du financement conjoint de
la production de coton tandis que la BDM est la banque chef de file et la plus
importante source de financement du coton. Et
les volumes de coton commercialisés par la CMDT pour la campagne 2014
entre autres, ventilés par la contribution des banques maliennes et
internationales sont indéterminé dans le document que nous dentons copies. Il
n’a pas été possible d’obtenir des données détaillées similaires sur le
financement commun de la production du coton pour les mêmes périodes.
Il
faut rappeler que la Banque Nationale de développement agricole
(BNDA) est le principal financier des secteurs de
l’agriculture, du commerce et de l’industrie malienne. Elle peut tirer
de nouvelles expériences du résultat
probant lui permettant de relever largement le défi du financement adéquat du
monde rural.
Pour
cela, elle doit, d’ors et déjà, intégrer dans sa démarche, des difficultés qui
freinent la promotion du crédit agricole. Ces difficultés sont : le manque de
professionnalisme, la mauvaise
gestion, le non tenu de comptes, Manque de formation des promoteurs, la
méconnaissance du marché (les recettes ne sont pas maîtrisées), Inexistence d’assurance agricole, les
équipements mal adaptés, et le problème foncier
Daouda Bakary Koné