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Présidentielle au Niger: Mahamane Ousmane acceptera- t- il, la main tendue de Mohamed Bazoum?

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Mohamed Bazoum du Niger

Par Croissanceafrique

C’est au cours d’une conférence de presse a animée par Mohamed Bazoum à son QG de campagne, le mardi 23 février, juste après la publication des résultats du second tour de l’élection présidentielle qui le donnent vainqueur que le vainqueur de la présidentielle nigérienne a tendue sa main à son opposant Mohamane Ousmane. Aujourd’hui, la question qu’on se pose est de savoir si l’opposant Nigérien acceptera cette main historique de Mohamed Bazoum, candidat déclaré gagnant avec un score de 55,75% contre 44,25% pour son challenger!

Dans sa première déclaration, Tout nouveau président Nigérien déclare que « Je considère que le président Mahamane Ousmane vient de faire un excellent score. C’est pourquoi je l’ai félicité et sachant sa sagesse personnelle à lui, je lui ai adressé un message consistant à lui demander de faire en sorte que, toute l’opposition comme le pouvoir, nous regardions dans la même direction et que nous nous donnions la main en créant les conditions d’une grande détente pour faire face aux grands défis auxquels notre le pays est confronté », a indiqué.

Crédité d’un score de 55,75% contre 44,25% pour son challenger Mahamane Ousmane, le dauphin du président sortant (dont il fut le ministre de l’intérieur) devient le quatrième président nigérien démocratiquement élu, Hormis Hamani Diori, si la Cour constitutionnelle venait à confirmer son élection. Et le premier à se voir passer le flambeau par un autre président démocratiquement élu.

C’est pourquoi il dit ceci de Mahamadou Issoufou: « Il vient de réaliser quelques choses d’inédit. Il est définitivement rentré dans l’histoire et je suis fier des hommages que lui rend le monde entier ».

Mais, pour le représentant du parti rose, il serait capital de créer un nouveau climat entre le pouvoir et l’opposition, mettre fin aux tensions inutiles et « nous donner la main sur l’essentiel ». Lui qui entend dérouler son programme de campagne qui s’inscrit dans la consolidation des acquis de Mahamadou Issoufou et de la continuité (Renaissance 3).

Mohamed Bazoum a rendu hommage à ses militants, les partis politiques et le peuple nigérien. Avant d’ajouter qu’il mènera le combat contre le terrorisme avec méthode et détermination pour avoir été en contact permanent avec les populations.

« Dans la hiérarchie de mes préoccupations futures, la sécurité aura une place prépondérante. Une fois investi président de la République, je m’appuierai sur ma majorité parlementaire forte de 129 députés pour former un gouvernement que je mettrai au travail de façon immédiate ».

Enfin notre question est de savoir si l’opposant Mahamane Ousmane acceptera la main tendue du nouveau président Mohamed Bazoum. Pour sa part Mme Amina, une militante du Pnds s’est félicitée de cette victoire  « On est très content et très fier après tous ces mois de campagne. Enfin ! notre candidat accède à la Présidence, on est remplie d’émotions et de joie. On souhaite pour le Niger et les Nigériens la paix. Nous devons tous nous lever et construire le pays », se félicite

Pour l’instant, l’opposition rejette les résultats annoncés par la Commission électorale. Face à la presse, elle a dénoncé un « hold-up électoral », et appelé ses militants à manifester. Et déjà, plusieurs dizaines de ses partisans sont descendus dans les rues, notamment à Niamey la capitale.

Daouda Bakary Koné

Dette: NSIA Banque (FCTC) Côte d’Ivoire va payer une bagatelle de 2,870 milliards de F CFA

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Par Croissanceafrique

Selon nos confrères de Finanacialafrik, le Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) NSIA Banques Côte d’Ivoire va procéder le 16 mars 2021 au paiement des intérêts trimestriels ainsi qu’au remboursement partiel du capital de son emprunt obligataire dénommé « FCTC NSIA Côte d’Ivoire 7% 2020-2025 », pour un montant global net d’impôt de 2,870 milliards de FCFA (4,305 millions d’euros), ont annoncé les responsables du Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR) basé à Abidjan.

Dans le cadre du développement de ses activités, NSIA BANQUE Côte D’Ivoire était à la recherche de mécanismes financiers innovants qui lui permettraient de refinancer son portefeuille de créances, en vue d’optimiser sa capacité d’intervention, dans un contexte marqué par la hausse de la demande de crédit.

« C’est dans ce sens que la titrisation de créances était apparue aux responsables de cet établissement bancaire comme un mécanisme capable de répondre à leurs aspirations. Ils estimaient ainsi qu’elle permettait de sortir les créances du bilan de la banque contre la perception d’une trésorerie permettant de répondre aux sollicitations du marché« , rapporte Fiannacialafrik.

Par ailleurs, nos confrères précisent que quatre millions d’obligations au porteur avaient été émises  avec une valeur nominale de 10.000 FCFA et destinées à tout investisseur (sans restriction) dans le cadre d’une offre au public. Dans le cadre de la même émission, 1,750 million d’obligations avaient été réservées à la Société Financière Internationale dans le cadre d’une prise ferme. En outre, deux parts avaient été émises sous la forme nominative pour un montant nominal d’un million de FCFA, destinée exclusivement au Cédant à savoir NSIA Banque Côte d’Ivoire.

Toutefois, le montant total de l’émission était de 40,002 milliards de FCFA. notons que l’arrangeur de l’opération était Africa Link Capital structuration, une société à responsabilité limitée (SARL) basée à Abidjan ayant pour objet social la réalisation de prestations de structuration d’opérations de titrisation.

Pour rappel, la gestion de l‘opération était de la responsabilité d’Africa Link Capital Titrisation, une société anonyme basée toujours à Abidjan et spécialisée dans la gestion des FCTC. En revanche, NSIA Banque Côte d’Ivoire devait assurer à la fois le rôle de dépositaire, banque de liquidité et gestionnaire des créances.

Zangouna Koné

Au Sénégal, l’encours des créances intérieures des institutions de dépôts enregistre une augmentation de 515,50 milliards de FCFA

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Une vue de Dakar

Par Croissanceafrique

Selon les données établies par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), au Sénégal, les services de l’institut d’émission soulignent que cet encours est passé de 5193,80 milliards FCFA au mois de novembre 2019 à 5709,30 milliards de FCFA un an plus tard, soit une progression de 9,9% en glissement annuel.

Selon Financialafrik, cette progression est essentiellement imputable aux créances nettes  sur l’administration centrale  qui ont fortement augmenté de 96,7%, à 1161,10 milliards de FCFA contre 590,40 milliards de FCFA au mois de novembre 2019. 

Quant aux crédits détenus par les institutions de dépôts sur les autres secteurs de l’économie, ils sont en repli de 1,2%, avec une réalisation qui se situe à 4548,30 milliards de FCFA contre 4603,30 milliards de FCFA un an plus tôt.

« Par rapport au mois d’octobre 2020 où il s’élevait à 5640,30 milliards de FCFA, l’encours des créances intérieures des institutions de dépôts est en progression de 1,2%. Cette hausse est occasionnée par les créances sur l’économie (+1,9%) alors que les créances sur l’administration centrale se sont repliées de 1,2%« , rapporte, Financialafrik .

En ce qui concerne les passifs à caractère non monétaire, ils ont connu une évolution de 7,7% à 1317,40 milliards de FCFA contre 1223,60 milliards de FCFA en novembre 2019. En variation mensuelle, ces passifs sont également en progression de 2%. 

La compagnie minière Aya Gold & Silver annonce la conclusion d’un accord avec Algold Resources

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Par Croissanceafrique

La compagnie minière Aya Gold & Silver a annoncé le 19 février la conclusion d’un accord avec Algold Resources afin de rembourser les dettes et acquérir 100 % d’intérêts de la junior minière. Au terme de la transaction, Aya prendra le contrôle du projet aurifère Tijirit, situé dans le sud-ouest de la Mauritanie et détenu à 75 % par une filiale d’Algold.

Today, we announced we had signed a binding agreement to acquire Algold Resources, majority owner of the fully permitted, near-term precious metals Tijirit Project in Mauritania #ayagoldsilver #SilverStocks #Mauritania $AYA.TO

Read more: https://t.co/O2UCgU24lz pic.twitter.com/uO1bZwrfoN— Aya Gold & Silver (@AyaGoldSilver) February 19, 2021

Tijirit constitue, apprend-on, un actif capable de générer des revenus à court terme, grâce à une entrée en production rapide. Il dispose en effet d’un permis minier, valable 26 ans, qui impose au propriétaire de boucler une étude de faisabilité définitive (DFS) d’ici le 19 janvier 2022, afin de couler le premier lingot d’or au plus tard le 19 novembre de la même année.

À cet effet, Aya Gold a déjà entamé des travaux préliminaires à la réalisation de la DFS et compte fournir aussi une nouvelle estimation de ressources intégrant près de 24 000 mètres de forages réalisés depuis la dernière estimation en 2018. Notons que le montant des fonds qui seront consacrés cette année à ces activités, incluant 15 000 mètres de forage supplémentaires, s’élève à 5,9 millions $.

Selon l’évaluation économique préliminaire de 2018, le projet Tijirit a une valeur actuelle nette avant impôts de 94,9 millions $ à un taux d’actualisation de 8 %, et un taux de rendement interne de 28,4 %. Alors que ces données sont basées sur un prix de l’or à 1 250 $ l’once, les résultats de la prochaine DFS seront bien meilleurs compte tenu des cours actuels du métal jaune.

Pour rappel, Aya Gold & Silver, anciennement connue sous le nom de Maya Gold & Silver, est une compagnie active principalement au Maroc où elle détient plusieurs permis pour l’exploration de l’or et de l’argent. La société exploite dans le pays la mine d’argent Zgounder où elle a produit 697 000 onces en 2020.

Emiliano Tossou

NEoT Offgrid Africa renforce son portefeuille de mini-grids en Afrique subsaharienne

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Image d'illustration. La Taskforce de Desert to Power a présenté l’état d’avancement des projets prioritaires identifiés dans les feuilles de route nationales pour 2021

(NEoT Offgrid Africa) – NEoT Offgrid Africa (NOA) investit dans des projets de mini-grids en Ouganda et Sierra Leone à travers une nouvelle plateforme d’investissements, Winch Energy IPP Holdings Limited (WIPP) dont NOA est actionnaire majoritaire, contribuant à son objectif de constitution du plus important portefeuille de mini-grids en Afrique subsaharienne.

Pour ce projet représentant un portefeuille d’une valeur de 16 millions de dollars US en partenariat avec Winch Energy, WIPP compte équiper 49 villages en Sierra Leone et Ouganda avec des solutions solaires conteneurisées et pilotables à distance – Remote Power Unit (RPU) – qui permettront d’alimenter près de 60 000 personnes. Dans un second temps, 6 000 batteries portables seront déployées pour équiper les personnes de ces villages étant trop éloignées des RPU. En parallèle, des partenariats avec des opérateurs télécoms seront mis en place pour garantir un accès internet aux habitants. À moyen terme, WIPP compte étendre ses opérations à d’autres pays avec l’objectif d’atteindre un portefeuille d’une valeur de 100 millions de dollars US.

Au sein de WIPP, NOA a un double rôle d’investisseur en fonds propre et de structuration financière tandis que Winch Energy se concentre sur le déploiement des solutions de fournitures d’énergie propre. Pour cette plateforme d’investissements, NOA compte à la fois mobiliser des fonds propres et lever de la dette. Plusieurs bailleurs de fonds internationaux se sont déjà engagés à financer ce projet, dont le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) en Sierra Leone ainsi que l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et l’Union Européenne (UE) en Ouganda. NOA est également en discussion avec deux institutions financières internationales pour un apport en dette sur ce projet. Le fonds SunFunder fournira également un prêt à la construction de 2 millions de dollars US. Sur le plan juridique, NOA était appuyé pour cette opération par le cabinet français August Debouzy.

NEot Offgrid Africa, acteur majeur de l’offgrid africain

NOA, une plateforme d’investissements fondée par Meridiam, EDF et Mitsubishi Corporation, soutient et accélère la transition énergétique en Afrique et a déjà investi plus de 30 millions d’euros dans l’électrification de 25 000 foyers et entreprises en Côte d’Ivoire et au Nigeria. NOA ambitionne ainsi de multiplier les projets d’investissements avec les meilleurs partenaires sur les plans technologique et opérationnel dans le domaine de l’énergie hors-réseau afin de se constituer le plus important portefeuille mini-grids en Afrique subsaharienne.

« NEoT Offgrid Africa est très fier de participer à cet ambitieux projet aux côtés de Winch Energy, déclare Frédéric Pfister, directeur de NOA. Cette opération renforce la position de NOA comme leader des financements innovants dans le secteur des énergies renouvelables en Afrique subsaharienne, dont le potentiel est immense et les besoins en financements tout autant ».

À propos de NEoT Offgrid Africa

NEoT Offgrid Africa (NOA) est une plateforme d’investissement destinée à soutenir la transition énergétique en Afrique en répondant aux problématiques d’accès à l’énergie. Fondé et détenu par Meridiam (en tant qu’actionnaire majoritaire), EDF et Mitsubishi Corporation, NOA met en place pour ses partenaires des solutions de financement innovantes permettant de lever les obstacles liés aux investissements initiaux, au déploiement de nouvelles technologies et à la gestion du risque commercial. NOA est géré par NEoT Capital, qui rassemble une équipe expérimentée en structuration financière et solutions énergétiques propres, et qui s’appuie sur des partenaires stratégiques internationaux pour fournir les soutiens financier et opérationnel nécessaires au développement d’un monde sans carbone.  Plus d’informations : www.neotcapital.fr

1 financer

Bande-annonce du documentaire « Éliminer la pauvreté » : Épisode 2 – Politique ciblée

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Une des clés de la réduction de la pauvreté réside dans des mesures ciblées. La réduction et l’élimination ciblées de la pauvreté sont une voie vers le succès pour sortir la population de la pauvreté, elles conviennent aux conditions nationales de la Chine et présentent des caractéristiques chinoises uniques !

Bande-annonce du documentaire « Éliminer la pauvreté » : Épisode 1 – promesse solennelle

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En Chine, il existait 98,99 millions de personnes fichées dans la pauvreté et en huit ans, de manière globale, tous sont entrés dans une société de moyenne aisance. 

C’est l’engagement solennel du Comité central du Parti avec le président Xi Jinping au cœur, au peuple chinois.

Pour réaliser cet engagement solennel, le secrétaire général Xi Jinping a personnellement planifié, déployé, dirigé et supervisé la guerre contre la pauvreté. 

À la VIe Nuit de l’Entrepreneuriat de Bamako : Le sacre de « Bouba Orange », qui a gagné son pari !

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En dépit de la pandémie, qui frappe aussi le Mali, Bouba Traoré, dit Bouba Orange, a réussi son événement en présentiel de la VIe Nuit de l’Entrepreneuriat de Bamako, consacrée à l’entrepreneuriat, aux jeunes et à l’emploi, pour aider le pays à se relever après une grave crise sociale et un coup d’État. Un véritable tour de force ! Portrait… enthousiaste !

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De notre envoyé spécial à Bamako, Bruno FANUCCHI
@PresseAfrica

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Défiant les incertitudes d’une épidémie dont personne ne voit la fin, Bouba Traoré avait pris le risque d’organiser le week-end dernier à l’Hôtel Laïco L’Amitié de Bamako la VIe édition de la Nuit de l’Entrepreneuriat, et celle-ci a été un succès puisqu’elle a même innové : grâce au soutien actif de 45 partenaires économiques – et non des moindres – contre 12 seulement lors de sa création il y a six ans, cette nouvelle édition s’est pour la première fois déroulée sur trois jours.

« Chapeau, Bouba ! car penser réussir un tel pari cette année, il fallait oser le faire ! » souligne le représentant d’Orange Mali. À Bamako, où tout le monde surnomme Bouba Traoré « Bouba Orange », personne n’est ainsi surpris d’entendre le compliment de l’opérateur téléphonique, qui souligne aussi le soutien que l’entreprise apporte à l’événement, depuis ses débuts : « Six ans d’accompagnement indéfectible montrent à quel point l’entrepreneuriat est valorisé par Orange », qui est d’ailleurs l’un des principaux opérateurs économiques du pays.

Patron de l’Agence BetT Communication événementielle, Bouba Traoré a beaucoup travaillé avec Orange, d’où l’explication du surnom, comme il est d’usage fréquent d’en attribuer en Afrique.

« Bouba Orange » est aussi connu pour se démener comme un beau diable, avec une énergie inépuisable, résumant ainsi sa philosophie de l’action : « Tout ce que nous faisons c’est pour le Mali, car le Mali nous a tout donné ».
Son credo : redonner de l’espoir à tous dans ce « nouveau monde » qui paraît sans avenir. Mais pas pour lui, qui ne pense d’ores et déjà qu’à préparer l’après-Covid. suivez la suite chez nos confrères de africapresse.paris:

https://www.africapresse.paris/A-la-VIe-Nuit-de-l-Entrepreneuriat-de-Bamako-Le-sacre-de-Bouba-Orange-qui-a

Mali- le ministre Mohamed Salia Touré : «Le gouvernement est bel et bien déterminé à soutenir les entreprises»

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Confronté à un important taux de chômage, le Mali compte beaucoup sur ses ressortissants vivant à l’étranger pour remettre le pays debout et assurer le succès de la Transition. Un programme de « Mobilisation des compétences de la diaspora » va être déployé afin que la jeunesse malienne bénéficie des savoir-faire que les « grands frères » ont acquis à l’étranger…

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Propos recueillis à Bamako par Bruno FANUCCHI
@PresseAfrica

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Le Mali est aujourd’hui confronté à une double crise, sécuritaire et sanitaire. Comment entendez-vous y faire face, dans l’urgence ?

Mohamed Salia Touré – Je crois que beaucoup d’initiatives sont déjà en cours au gouvernement. Elles touchent bien sûr à la sécurisation du territoire et au déploiement de l’Administration sur toute l’étendue du territoire, y compris dans le Nord, et qui doivent se poursuivre. Je ne veux pas trahir un secret, car le Premier ministre le fera dans quelques jours devant le Conseil national de Transition (CNT) lorsqu’il révélera le Plan d’action du gouvernement, mais un travail colossal est en train d’être mis en place pour assurer cette sécurisation et permettre que les élections puissent se dérouler.

Au ministère de la Santé, des efforts sont également déployés pour faire face à l’épidémie de Covid-19 et préparer la campagne de vaccination qui va démarrer dans les prochaines semaines. Le gouvernement est bel et bien déterminé à soutenir les entreprises qui ont été impactées négativement par cette crise, et à soutenir également les ménages dans ce moment difficile.

Vous comptez beaucoup sur la promotion de l’entrepreneuriat afin de réduire le chômage de la pauvreté. Quelles dispositions avez-vous prises en ce sens ?

Mohamed Salia Touré – La fonction publique et l’administration de l’État ne peuvent certes pas absorber le niveau de chômage que nous connaissons. Plus de 180 000 jeunes arrivent ici chaque année sur le marché du travail et, vu les dysfonctionnements de notre système d’éducation, la plupart sont dépourvus de compétences. Il faut que nous puissions assurer leur formation afin qu’ils fassent le premier pas et qu’ils acquièrent une culture entrepreneuriale qui leur permettra de créer leur entreprise, et des emplois.

Avec mon collègue de la promotion des investissements, nous travaillons en très bonne intelligence dans la perspective de la mise en place d’un nouveau Fonds de soutien aux jeunes entrepreneurs, aux PME et PMI. Mais l’option que nous privilégions, c’est de soutenir en priorité les jeunes qui ont déjà commencé à faire quelque chose par leurs propres moyens. C’est plus concret. Car l’expérience passée nous a prouvé qu’il y a souvent des problèmes dans l’identification des bénéficiaires des projets qui sont financés.

Votre priorité, on l’a bien compris, c’est l’emploi. Mais quels sont à ce jour les véritables chiffres du chômage au Mali ?

Mohamed Salia Touré – Je ne peux vous donner de chiffres exacts. L’ANPE reçoit ici bien des inscriptions au titre de demandeurs d’emploi, mais beaucoup de jeunes ne connaissent même pas l’existence de cette structure et ne vont pas vers elle. Nous travaillons à améliorer les choses avec des numéros de téléphone leur permettant d’appeler directement pour s’identifier et s’enregistrer. Sur les 180 000 nouveaux venus annuels sur le marché du travail – et certains parlent même de 300 000 – nous atteignons un taux de chômage de 80 % ! Pour une meilleure planification, il nous faudra donc parvenir à disposer de statistiques plus fiables.

« Il nous faut désamorcer
au plus vite cette bombe sociale »

Quels sont les moyens, humains et financiers, dont vous disposez réellement pour vous attaquer à la réduction du chômage des jeunes ?

Mohamed Salia Touré – On n’a jamais assez de moyens, surtout dans la crise que nous traversons, nous obligeant à faire face à de nombreuses priorités. Les mêmes efforts que ceux faits actuellement par le gouvernement pour remettre en condition notre armée et assurer la sécurité du pays, doivent aussi être déployés pour accompagner les jeunes et leur ouvrir des perspectives.

Le ministre Mohamed Salia Touré lors de son entretien avec Bruno Fanucchi, pour AfricaPresse.Paris. © Baba Cissé

Nous bénéficions en ce domaine de l’accompagnement de la communauté internationale et de beaucoup de coopérations multilatérales significatives, avec la Banque mondiale, la BAD (Banque africaine de développement) et d’autres organismes qui financent des projets en faveur notamment des jeunes en milieu rural ou des jeunes diplômés ou non, ou déscolarisés de manière précoce et qui n’arrivent pas à trouver leur chemin. Il faut faire en sorte que ces ressources soient bien utilisées et que l’on puisse faire le suivi sur le terrain des activités annoncées pour que tous ces projets ne soient pas que des effets d’annonce.

Des exemples ?

Mohamed Salia Touré – Je citerai l’accompagnement indispensable dont l’Agence française de Développement (AFD) est en train de faire preuve, car elle est tête de file de ce groupe de partenaires en matière de formation professionnelle et consacre de gros moyens pour construire des centres de formation professionnelle modernes à Markala et à Sikasso, avec une enveloppe de 23 millions d’euros. Cela va permettre de former les jeunes dans l’agroalimentaire, la maintenance et bien d’autres secteurs qui sont vraiment pourvoyeurs d’emplois.
Pour résumer, je ne dirai pas que les moyens qui nous sont alloués sont suffisants, mais s’ils sont bien utilisés et orientés de façon efficace, ils nous permettront d’obtenir des résultats significatifs.

Depuis quatre mois, avez-vous déjà obtenu des résultats… ou est-ce trop tôt pour en parler ?

Mohamed Salia Touré – Ce n’est pas trop tôt car nous avons déjà des résultats. Construit par les Chinois, le centre de Sénou, qui a coûté 9 milliards de francs CFA, était fermé depuis son inauguration en 2018. Ce centre est désormais ouvert et opérationnel depuis le 26 décembre. Et le 7 janvier dernier, nous avons procédé avec le Premier ministre au lancement officiel des cours pour la rentrée de l’année 2021. C’est un premier résultat.

Dans le même temps, nous avons plus de 800 000 jeunes dans la nature, sans éducation, ni formation ni emploi. C’est donc une « bombe sociale » qui doit inquiéter tout le monde et il faut réfléchir aux moyens de la désamorcer au plus vite. Ce désamorçage passe par l’ouverture de ces centres de formation.

À Bandiagarra, au Centre du pays, nous avons également tenu la Bourse de l’Emploi et de la Formation professionnelle qui va permettre de doter 1 104 jeunes de kits pour renforcer leur employabilité, et de donner quelque 30 000 formations, dont vont bénéficier des femmes et des jeunes, sur toute l’étendue du territoire. Voilà déjà deux résultats concrets.

Le ministre Mohamed Salia Touré lors de son entretien avec Bruno Fanucchi, pour AfricaPresse.Paris. © Baba Cissé

« La solution aux problèmes du Mali
ne viendra que de sa jeunesse »

Quel peut être le rôle des Maliens de la diaspora, particulièrement importante en France, dans ce combat pour l’emploi et la relance économique ?

Mohamed Salia Touré – Je peux d’ores et déjà vous annoncer la mise en place d’un gros programme de « Mobilisation des compétences de la diaspora pour la création d’emplois » afin d’utiliser l’expertise de la diaspora et son savoir-faire. Celle-ci doit accompagner et soutenir la dynamique du développement. Car nous sommes confrontés à un problème de ressources humaines de qualité pour animer tous ces centres de formation.

Je vous donne un exemple : un électricien malien établi en France depuis trente ans, ou plus, peut être mobilisé pour venir au pays former des formateurs. Un mécanicien automobile, qui est installé aux États-Unis ou en Chine, peut venir dans le cadre de ce programme dispenser des formations. Ce programme sera mis en route le 15 février prochain par le Premier ministre.

Nous n’aurons de réussite qu’avec la diaspora, soucieuse du développement du Mali, comme le prouve l’argent que ses membres envoient au pays chaque année. Je les rencontre souvent dans les fora et ils ne demandent qu’à être sollicités pour accompagner la jeunesse malienne. Ce programme de cocktail des métiers nous permettra d’aller les chercher et de les mobiliser dans un cadre bien organisé, en s’appuyant sur nos langues nationales – c’est l’innovation de ce programme où on n’utilisera pas que le français – pour qu’ils viennent donner des cours et transmettre leur expertise acquise à l’étranger. Cela permettra de fixer les jeunes ici, car on ne peut pas leur dire de ne pas partir si on ne leur propose rien, si on ne leur donne pas de perspectives d’avenir au Mali. Ma conviction est que la diaspora est un atout pour relever ce défi et relancer notre économie.

Princesse Esther Kamatari : « Je veux mettre à l’honneur les femmes minières du Mali »… qu’elle fait défiler au Salon Afrik’Or de Bamako

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Par croissanceafrique

Nièce du dernier Roi du Burundi et premier mannequin noir connu sur la scène internationale, la Princesse Esther Kamatari a implanté sa Fondation à Bamako. À l’occasion du Ier Salon international de l’Or, qui s’ouvre ce week-end dans la capitale malienne, elle a imaginé de faire défiler des femmes minières. Une grande première mondiale ! Entretien exclusif.

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Propos recueillis à Bamako par Bruno FANUCCHI
@PresseAfrica

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Vous participez au Ier Salon international de l’Or qui se tient du 12 au 14 février, à l’hôtel L’Amitié de Bamako. En quoi consiste cet événement ?

Princesse Esther Kamatari – Dans le cadre de ce Salon Afrik’Or, j’ai eu l’idée assez folle d’aller faire le casting des femmes minières, car il me semblait important que ce soit les femmes qui travaillent l’or tous les jours qui présentent ici les bijoux « made in Mali ». C’est un travail harassant et incroyable : elles n’en voient jamais le fruit ni la finalité.

Elles creusent et travaillent la terre, lavent la boue toute la journée et se cassent le dos pour ne trouver que ce qu’elles appellent le centième d’un gramme d’or. Et il faut qu’elles en trouvent plusieurs pour pouvoir s’acheter à manger. Elles ne voient jamais ce que représente l’or et, pourtant, s’il y a une catégorie de femmes auxquelles nous devons rendre grâce, ce sont bien ces femmes-là !

Je ne connais pas une femme au monde qui n’aime pas les bijoux. Toutes aiment assurément porter de l’or, mais personne ne se rend compte que ces femmes ont durement trimé pour que l’on arrive à être si élégante.

Ce fut une belle aventure d’aller à la rencontre de ces femmes. Racontez-nous…

Princesse Esther Kamatari – J’ai eu l’idée d’aller chercher ces femmes pour les mettre à l’honneur. En un plus d’un mois, j’ai fait exactement 4 110 km de brousse et j’ai visité quinze sites miniers : de petites mines dans la région de Sikasso, de Koulikoro et de Kayes. Et j’ai fait le casting de 34 femmes que j’ai formées pour défiler. Ce sont elles qui vont présenter au Salon les créations faites par les artisans maliens. C’est une première mondiale d’aller chercher des femmes minières pour défiler et présenter les bijoux !

Ne sont-elles pas regroupées dans la Fédération des Femmes minières du Mali ?

Princesse Esther Kamatari – Cette Fédération a en effet été créée pour les identifier et les prendre en charge. Une fois que les hommes sont sortis de leurs trous et ont remonté des sacs de terre et de boue qui pèsent parfois 50 kg, ce sont les femmes qui trient la boue et lavent l’or. Ces mines sont parfois de véritables villages. J’ai ainsi visité une mine où travaillaient plus de 1 000 personnes. En dehors de ce dur travail à la mine, elles rentrent à la maison, s’occupent de leurs enfants et préparent à manger. Ce sont des femmes à mille bras !

Ce fut donc une extraordinaire aventure et même une véritable expédition. Ces femmes m’ont vu débarquer du Burundi, mannequin, pour tenter de les faire marcher et leur apprendre à défiler entre les trous des mines.

C’est pour moi une façon de leur rendre hommage et d’attirer l’attention sur leur travail incroyable. Rentées chez elles, ces femmes auront acquis confiance en elles, avec le sentiment profond d’être considérées et respectées pour ce dur labeur.

Femmes minières entourant la Princesse Kamatari. © DR

« L’or, les Maliens n’en voient jamais la couleur »

Ce Salon Afrik’Or n’a-t-il pas aussi une double portée économique et culturelle : faire la promotion des orpailleurs traditionnels et transmettre la culture du beau ?

Princesse Esther Kamatari – Absolument. Le mot est juste : la culture du beau. Et cela, c’est mon dada. Le Mali, c’est le pays de l’or, le pays de Kankou Moussa qui fut à son époque l’homme le plus riche du monde. Or, cet or qui est produit au Mali, les Maliens n’en voient pas la couleur. Les conditions dans lesquelles vivent ces femmes dans un pays qui produit autant d’or, ce n’est pas possible, il y a une erreur, une faille, quelque part !

Ce Salon a bien sûr un volet économique important pour faire prendre conscience aux Maliens de la richesse du pays. Ce n’est pas la peine d’aller à Paris pour s’acheter des bijoux et de l’or alors que l’or vient d’ici. Et que les artisans maliens sont aussi doués que ceux que l’on trouve en Europe ou en Amérique.

Lors de ce Salon, il y aura aussi une exposition et une vente de bijoux. C’est une manière de mieux défendre et faire connaître l’artisanat malien et son savoir-faire ?

Princesse Esther Kamatari – Le Mali, je le répète, est le pays de l’or, mais pour certains cela fait plus chic d’aller à Dubaï ou Paris. Or, ce sont peut-être ces mêmes artisans maliens qui travaillent pour ces grandes maisons et joailleries. C’est donc une manière de faire un clin d’œil à tout ce petit monde en leur disant : faites-vous confiance, vous êtes capables de faire ici de grandes choses et de faire du beau.

Il suffit de voir les mariages à Bamako quand les femmes sont parées d’or. C’est un pays où les artisans ont des doigts en or, c’est le cas de le dire, mais il faut que les Maliens se rendent compte de cette richesse qu’ils ont et qu’ils négligent parfois. Toutes les femmes au monde qui portent des bijoux en or devraient avoir une pensée pour ces femmes du Mali ou d’ailleurs car c’est vraiment un travail d’orfèvre sans égal.

Le Mali est le deuxième producteur d’or d’Afrique… N’est-ce pas dommage que toutes ces pépites ne soient exploitées que par des multinationales et que plus aucune société malienne ne s’y intéresse ?

Princesse Esther Kamatari – C’est bien dommage en effet. La production de l’or et son exportation assurent une part importante (environ 20 %) du PIB du Mali. C’est donc paradoxal de voir les conditions de vie et de travail de toutes ces femmes dans un pays qui produit autant d’or. Ce Salon servira aussi à une réelle prise de conscience.

La Princesse Esther Kamatari avec les femmes minières du Mali. © DR

Une Fondation d’utilité publique
pour la protection de l’environnement

Vous êtes installée depuis deux ans à Bamako, où vous avez ouvert une Fondation qui porte votre nom. Quelles sont ses principales activités ?

Princesse Esther Kamatari – Depuis un an, la « Fondation Princesse Kamatari » a été officiellement agréée et reconnue d’ « utilité publique ». Son objectif est précisément la protection de l’environnement pour un développement durable. Et moi, je me suis attaquée au plastique, à ces fameux sacs plastiques noirs qui polluent les différents quartiers de la capitale malienne.

L’an passé, j’avais lancé une action écologique visant à ramasser ces sacs et même initié un grand concours entre les différentes communes de Bamako, doté d’importants prix. Mais l’élan a été malheureusement cassé par la Covid 19 et la crise sanitaire. Ce n’est que partie remise, même si on le fera différemment…

En attendant, la Fondation s’est adaptée et a été la première à fabriquer des masques en tissu. Aujourd’hui, on n’en veut plus, mais les Maliens n’ont pas les moyens de s’acheter des masques FFP2. Il vaut mieux qu’ils se protègent et se lavent les mains. Je travaille avec une association qui fait des savons et nous distribuons aux femmes en priorité savons et masques.

Puis est arrivée l’idée de ce Salon Afrik’Or, pour lequel je me suis investie au côté du PDG de la Raffinerie Kankou Moussa (KMR), l’Italien Dario Littera, Je lui ai alors suggéré de monter un défilé de mode lors du Salon, et de remplacer les mannequins classiques par ces femmes des mines -– trente-quatre femmes dûment sélectionnées, deux par site visité.

Dans la mine de Diarafala, qui est pour moi le bout du monde, il y a beaucoup d’or. Les femmes de Diarafala qui sont arrivées pour le show et le défilé de ce vendredi mettent deux jours pour venir à Bamako…

Tout est prêt pour ce défilé original en ouverture d’Aftrik’Or ?

Princesse Esther Kamatari – Tout est prêt ! J’ai créé leurs tenues en coton fin et on les a teintes pour faire une collection très belle dans les bleus. Chaque femme a son vêtement sur mesure et chacune repartira avec sa tenue. Ce défilé aura lieu le premier jour du Salon, après l’ouverture officielle par le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré [lire ici notre entretien, ndlr]. suivez la suite à travers ce liens ci-dessous:

https://www.africapresse.paris/Princesse-Esther-Kamatari-Je-veux-mettre-a-l-honneur-les-femmes-minieres-du