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Défense : Les guerres du Mali échappent aux forces armées

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PAR FABIEN OFFNER ARTICLE PUBLIÉ LE SAMEDI 9 JUIN 2018

À quelques semaines de l’élection présidentielle, l’échec de la militarisation du pays est patent. L’incapacité de l’État à exercer sa souveraineté, notamment dans les régions de Ménaka et de Mopti, à la frontière du Niger, laisse en germe des guerres civiles locales, et fait craindre les scénarios du pire. En cette période de jeûne, on ne mange ni ne boit de l’aube jusqu’au crépuscule dans les hameaux des régions de Ménaka et de Mopti, mais l’on tue jusqu’à être repu de vengeance. Six ans après la rébellion de 2012 et son cheval de Troie djihadiste, les guerres du Mali sont en train d’échapper aux uniformes.

Signe funeste, des observateurs tels que le Centre Simon-Skjodt pour la prévention du génocide s’intéressent désormais au Mali et établissent les scénarios du pire. « Escalade continuelle de la violence entre groupes djihadistes, forces de sécurité maliennes et milices d’autodéfense opérant au nom des communautés bambara et dogon », « atrocités contre les civils » dans la région de Ménaka, envisagent les auteurs d’un rapport publié en avril.

Événement inimaginable il y a quelques années, plusieurs centaines de personnes ont manifesté en mars à Bamako pour dénoncer les amalgames dont sont victimes les Peuls, présents dans la plupart des régions du Mali. « La faiblesse des institutions mandatées pour protéger les populations civiles, combinée à la stratégie des groupes djihadistes consistant à exploiter les divisions intercommunautaires, ont créé un risque extrêmement élevé de morts civils en nombre considérable », constate Corinne Dufka, chercheuse à Human Rights Watch.

Le commandant de l’opération Barkhane évoquait en avril une situation de « quasiguerre civile ».
Il s’agirait plutôt de germes de guerres civiles locales, comme dans la région de Mopti, où la falaise de Bandiagara n’aura finalement été qu’une illusoire muraille de grès pour le Pays Dogon. Il a été gagné par la discorde entre éleveurs peuls et agriculteurs dogons, comme l’a été avant lui le delta intérieur du fleuve Niger par les affrontements entre Bambaras et Peuls. Dans un pays réputé jusqu’à la caricature pour la capacité de ses sociétés à réguler pacifiquement les conflits, la communication a atteint ses limites. Les autorités, quelles qu’elles soient, ne contrôlent plus.

« Les autorités traditionnelles tant dogons que peuls sont de bonne foi et en ont marre, mais d’autres acteurs font des actes isolés incontrôlables », témoigne Youssouf Aya, député de Koro.
S’il devait retenir un événement à l’origine de l’effondrement de l’équilibre précaire entre Dogons et Peuls dans sa région, ce serait l’assassinat en 2017, dans le cercle de Koro, de Souleymane Guindo, figure locale de la confrérie des chasseurs, les « Dozos ».

« La stratégie des djihadistes consiste à inciter aux violences communautaires, explique Corinne Dufka. Depuis 2016, ils ont ciblé et éliminé des cibles stratégiques, des autorités respectées. Ils tuent des gens en sachant que les autres vont réagir, ils les laissent s’entretuer, puis ils viennent exploiter la situation en recrutant, voire en prônant la réconciliation. »

« Tenir un discours de paix est vain tant que l’État et l’armée ne peuvent pas ramener la sécurité », assure le député. Le premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, l’avait promis lors de son passage dans la ville en mars, tout comme il avait promis de « désarmer de gré ou de force les milicesqui détiennent des armes de guerre ». Mais les nombreuses annonces non suivies d’effet ne font qu’acter chaque jour un peu plus l’incapacité de l’État à exercer sa souveraineté, et encouragent l’autarcie et l’autodéfense.
Depuis le passage du premier ministre, la militarisation des civils a gagné du terrain. Les expéditions punitives se poursuivent dans les villages, les gens sont abattus dans les champs, des déplacés rejoignent Bandiagara ou même Bamako.

À la milice dogon Dan Na Ambassagou a répondu l’Alliance pour le salut du Sahel, groupe peul supposément créé en mai par des « personnalités politiques et militaires » dont l’apparition densifie encore un peu plus la forêt sahélienne d’acronymes. Quant au désarmement, l’injonction gouvernementale s’est heurtée au refus du groupe armé dogon, qui l’avait conditionné au retour de l’armée malienne dans la zone. Mais l’armée ne vient pas, ou pas assez vite.

« Faire bouger les Famas est un véritable problème. Quand on les appelle, ils prennent beaucoup de temps alors que le G5 Sahel est dans la zone. On n’arrive vraiment pas à comprendre », témoigne dans la presse malienne un autre député du Pays Dogon, Bocari Sagara.

« Trop, c’est trop, on en a marre de pardonner »
L’armée reste malgré tout un recours pour certains, mais elle est devenue pour d’autres une hantise. Régulièrement accusés d’exécutions sommaires, notamment sur les Peuls, certains « Famas » continuent de bénéficier d’une impunité totale de la part de l’État. Le 21 mai, le ministère de la défense publie un communiqué affirmant que 12 terroristes ont été tués après avoir déclaré que l’armée a été « accrochée » par des terroristes à Boulkessy, dans la région de Mopti. Une version démentie par des associations et des proches, selon qui les personnes tuées étaient des civils. Le 7 juin, le ministère de la défense a présenté dans un nouveau communiqué une nouvelle version des faits, en mentionnant « la neutralisation de 12 personnes » et le fait que des « zones d’ombre demeurent encore ».

L’armement des civils se poursuit donc, et les pétoires de chasseurs commenceraient à être remplacés par des armes de guerre.
Dans un pays où existe une tradition bien installée de sous-traitance plus ou moins maîtrisée du contrôle du territoire à des groupes armés, notamment dans les régions du nord, l’attitude de l’État face à ces milices est ambiguë.
D’un côté, le premier ministre déclare que « le gouvernement ne va pas sous-traiter sa sécurité », de l’autre les autorités affichent un parti pris certain.

« Quand des Peuls voient des Dozos circuler à moto avec leurs armes alors que cela a été interdit dans toute la cinquième région, quand ils voient le président de la République, au motif de journées culturelles, recevoir les Dozos, et que, par malheur, l’un de ses chargés de mission déclare à la télévision que les Dozos sont une formidable force d’appoint dans la lutte contre les djihadistes, quand vous savez que les Peuls se disent que ce sont eux maintenant que ce mot désigne, vous comprendrez que les Peuls finissent par se dire qu’ils sont abandonnés par leur État », dénonce dans un entretien à JournalduMali.com Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale et figure de la communauté peule malienne.

« Les revendications sont finalement les mêmes pour toutes les communautés », note Corinne Dufka : « Sécurisation, justice, lutte contre la corruption. » Cet embrasement du centre, des membres du gouvernement n’y croyaient toujours pas jusqu’en 2016 au moins, malgré les multiples avertissements de toutes parts et en premier lieu des populations gagnées peu à peu par une certitude : ceux qui prennent les armes et tuent gagnent de la considération et même du pouvoir, quand crier à l’injustice ne mène à rien. Dans les premiers mois de l’opération Serval, la réconciliation était déjà au menu unique imposé par les autorités, pourtant les crimes continuaient, la sécurité était absente et la justice invisible.

« L’expression de la rébellion au-delà de sa zone habituelle d’expression portera des préjudices majeurs à la communauté peule », pressentait le 15 février 2014 l’association peule Tabital Pulaaku, en mentionnant deux événements majeurs : le massacre de Doungoura en mars 2013 et l’annulation de la transhumance la même année, aux incalculables conséquences économiques, culturelles et sociales. En juillet 2013 à Léré, localité de la région de Tombouctou occupée pendant de longs mois par la rébellion du MNLA puis par les djihadistes, les autorités venaient impulser la réconciliation. « Moi, je suis là sans défense, les vols de bétail continuent et on vient me parler de paix ! », s’étranglait à l’époque un notable peul. Et son voisin d’ajouter que « le Malien a l’habitude de pardonner. On a même déjà pardonné des choses impardonnables. Mais trop, c’est trop, on en a marre de pardonner. Il faut que l’État les désarme [les rebelles – ndlr] sinon on trouvera nous aussi des armes et on se vengera. » C’était il y a cinq ans.

« Seule une solution politique malienne pourra stabiliser le Sahel »
Dans la région de Ménaka aussi est venu le temps des vendettas de grande ampleur. Descente meurtrière dans une foire hebdomadaire à Talataye (26 mai) ; 17 civils peuls abattus une semaine plus tôt dans la région de Tillabéry (Niger) dont une majorité en pleine mosquée ; exécutions sommaires présumées de 17 personnes dans la commune de Ménaka le 1er mai ; 47 tués les 26 et 27 avril dans des camps de la communauté daoussahak… Les conflits fonciers pastoraux entre Touaregs ou groupes apparentés et Peuls sont anciens dans cette région frontalière, mais l’embrigadement des populations locales par les groupes djihadistes n’a rien arrangé, et l’a plongée au cœur de la lutte anti-terroriste internationale. Pour combattre l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) qui y a établi ses bases, Barkhane s’est officiellement allié avec des groupes armés d’exrebelles touareg depuis quelques mois, officieusement depuis bien plus longtemps. Le Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) sont fréquentables car ils « mettent la lutte antiterroriste au coeur de leurs priorités », et montrent de « la loyauté vis-à-vis de l’Etat malien et de l’unité du Mali », avait justifié en mars le général Bruno Guibert, commandant de la force Barkhane. En 2012, la France avait déjà misé sur des groupes signataires de l’accord de paix pour lutter contre les groupes djihadistes dans la région de Kidal, avant de constater cinq ans plus tard la « collusion entre certains d’entre eux et des groupes armés terroristes ». «L’armée française a le sentiment que ces acteurs sont plus forts et que dans une logique militaire ils peuvent occuper le terrain. Or Barkhane frappe mais n’occupe pas, la Minusma et l’armée malienne sont retranchées, la force du G5 Sahel débute difficilement, d’où les recours aux groupes armés locaux », analyse Jean Jezequel, directeur adjoint du projet Afrique de l’Ouest à International Crisis Group, et l’un des principaux auteurs d’un rapport à paraître sur la frontière Niger-Mali.
Envoyés au Mali pour lutter contre le terrorisme, les militaires français font ce qui leur est demandé, et l’alliance Barkhane-Gatia-MSA obtient des résultats. La force française rapportait le 15 mars 2018 la « mise hors de combat » d’une « soixantaine de terroristes » dans la région des trois frontières en un peu plus d’un mois. Mi-mars, le Gatia et le MSA avaient assuré avoir récupéré une voiture et des armes appartenant aux quatre soldats américains tués le 4 octobre au Niger dans une embuscade revendiquée par l’EIGS. Mais cette nouvelle donne a dans le même temps enclenché un cycle de violences communautaires plus redoutable que jamais.

Dans la ville de Ménaka, « les gens ont le sentiment que les meurtres et les massacres se sont amplifiés depuis le déclenchement des opérations antiterroristes », témoigne une source sur place, tout en reconnaissant que « la région est vaste et que l’on ne sait pas forcément tout ce qui se passe ou tout ce qu’il s’est passé ». Selon une déclaration à la télévision nationale nigérienne du général Tarka, président de la Haute autorité à la consolidation de la paix, le chef de l’EIGS, « Abou Walid [Abou Walid al-Sahraoui, ndlr], blessé, se terre quelque part dans le Gourma ». Comme beaucoup d’endroits au Mali, ces zones dont devenues des trous noirs de l’information où seuls les groupes armés tiennent les comptes en temps réel, et « les gens ont peur de parler, ils ont peur des groupes armés », rapporte notre source.
« Les populations locales ne sont pas convaincues par les opérations de relations publiques de Barkhane. Barkhane, comme la Force conjointe du G5 Sahel, est considérée dans de nombreuses communautés comme présente pour s’en prendre aux Peuls », explique Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré, président de l’Observatoire des droits humains Kisal. Le 12 avril, la Minusma a fait état d’« exécutions sommaires d’au moins 95 personnes qui seraient accusées de terrorisme ou de banditisme et qui auraient été tuées lors des opérations menées par une coalition de groupes armés ». Des « allégations qui nous indiquent des inquiétudes quant à la légalité de ces opérations, surtout dans le respect des droits de l’homme ». S’en est suivie une opération de communication dans les médias internationaux menée par Moussa Ag Acharatoumane, chef du MSA, pour rejeter les accusations à peine voilées contre son groupe et ses alliés, et dénoncer les méthodes d’enquête de la Minusma.

« Les terroristes massacrent de tous côtés pour diviser les communautés et essayer de nous faire porter la responsabilité, parce qu’en réalité nous sommes en train de déconstruire petit à petit leur business et leur organisation », explique-t-il aujourd’hui dans un entretien avec Mediapart. Plutôt que de compter les morts, il invite à se demander qui protège les civils de cette région. « La protection des civils est normalement de la responsabilité de la Minusma ou d’une autre force, malheureusement personne ne le fait, nous sommes les seuls à le faire. » Déjà critiquée pour son absence dans la lutte antiterroriste (hors de son mandat), l’incapacité de la Minusma à protéger les civils – une de ses missions devient flagrante à mesure que ces derniers sont entraînés dans les violences. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a eu beau déclarer le 29 mai aux casques bleus du Mali qu’ils ont « démontré que [vous] êtes capables de tous les sacrifices même, pour beaucoup de [vos] collègues, du sacrifice suprême de la vie, au service de la protection des civils maliens », la réalité est plus cruelle. Les casques bleus meurent surtout en sautant sur des mines lors de convois logistiques ou au cours d’attaques contre leurs propres camps. De retour du Mali et du Niger, une mission du Sénat français a transmis en avril à la commission dédiée « un message assez clair et assez pessimiste : malgré les succès de nos forces armées sur le terrain, malgré une mobilisation sans équivalent de la communauté internationale, seule une solution politique malienne pourra stabiliser le Sahel. Barkhane est évidemment impuissante à faire surgir cette solution politique. » Et de noter qu’« en 2013, les terroristes étaient à Kona, à 400 km de Bamako, aujourd’hui ils sont à 100 km ! » L’échec de la réponse militaire est acté, pourtant la militarisation du Sahel se poursuit.

À Bamako, la campagne pour l’élection présidentielle de juillet est lancée et inquiète. Ibrahim Boubacar Keita se représente avec le sentiment que « la mission a été accomplie ». « Nos efforts combinés – les miens et les vôtres – nous auront permis non seulement d’enregistrer des acquis remarquables, mais aussi et surtout de progresser dans la bonne direction et de trouver la juste cadence. »

Source: mediapart

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Emission Obligations du trésor du Togo : Un taux de couverture du montant mis en adjudication par les soumissions de 72,83%

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L’émission d’obligations assimilables du Trésor (OAT) par adjudication portant sur un montant de 20 milliards de FCFA sur une durée de 36 mois , de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique du Togo sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine a obtenu un taux de couverture du montant mis en adjudication de 72,83%, a annoncé l’agence régionale ouest africaine de planification de la dette UMOA Titres dans un communiqué.
Selon le compte rendu d’adjudications d’obligations du trésor parcouru par le journal de l’économie malienne (LEJECOM), il y a eu 11 participants pour 27 soumissions. Le montant global des soumissions s’élève à 14 565,60 millions de FCFA dont 0 en ONC. En définitive, le trésor togolais a retenu toutes les soumissions. Le prix marginal et le prix moyen pondéré d’une obligation s’élèvent respectivement à 9500 FCFA et : 9587,62FCFA. Le taux d’absorption est de : 100%.
Le remboursement se fera en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance (remboursement in fine). Le paiement des intérêts se fera annuellement sur la base d’un taux d’intérêt de 6,25 % l’an dès la première année.
Oumar Nourou

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MARCHE DES MATIERES PREMIERES: recul des cours en avril 2018

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Sur le marché des matières premières, les cours ont globalement reculé (-0,1%), entre mars et avril 2018, en liaison avec les produits alimentaires (-0,5%), a appris le journal de l’économie sénégalaise auprès de la Direction de la prévision et des études économiques du Sénégal(Dpee).
En revanche, sur un an, les produits industriels se sont renchéris de 9,3% en avril 2018, entrainant une hausse de 3,8% de l’indice global. Au titre des céréales, des oléagineux et du sucre, les prix internationaux ont différemment évolué au cours du mois d’avril. En variation mensuelle, les cours des oléagineux et du sucre se sont respectivement repliés de 0,8% et 7,8% alors que ceux des céréales se sont raffermis (+3%). Sur un an, des renchérissements respectifs des céréales (+14,7%) et des oléagineux (+5,8%) sont notés contre une forte diminution (-27,5%) du prix du sucre.
Sur le marché du pétrole, le cours du baril de Brent s’est conforté de 7,8% en variation mensuelle pour se situer à 71,6 dollars en avril 2018, un niveau jamais atteint depuis novembre 2014, note la Dpee. Cette évolution est principalement due à la vigueur de la demande mondiale, aux tensions géopolitiques et à l’accord de limitation de la production des pays de l’OPEP. En glissement annuel, le cours du Brent s’est respectivement accru de 35,2% et 26,5%, au mois d’avril et en moyenne sur les quatre premiers mois de l’année.
Adou Faye

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Croissance mondiale: Progression de 3,1 % en 2018, avant de ralentir progressivement

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La Banque mondiale a indiqué aujourd’hui que, malgré son tassement récent, la croissance économique mondiale restera solide en 2018, à 3,1 %, avant de se modérer progressivement sur les deux années suivantes, sur fond de ralentissement de l’activité dans les économies avancées et de stabilisation de la reprise dans les principaux pays émergents et en développement exportateurs de produits de base.
«Si elle peut être maintenue, la bonne croissance économique enregistrée cette année pourrait permettre à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, en particulier dans les économies d’Asie du Sud à forte croissance, déclare Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. Mais la croissance ne suffira pas à elle seule à faire disparaître les poches d’extrême pauvreté dans d’autres parties du monde. Les décideurs doivent trouver les moyens de soutenir la croissance à plus long terme, en faisant progresser la productivité et la participation de la main-d’œuvre, afin de parvenir plus rapidement à éliminer la pauvreté et à favoriser une prospérité partagée».
D’après l’édition de juin 2018 des Perspectives économiques mondiales, l’activité devrait progresser de 2,2 % dans les économies avancées cette année, avant de retomber à 2 % l’année prochaine, en raison de la suppression progressive des mesures de relance monétaire par les banques centrales.
Dans l’ensemble des pays émergents et en développement, la croissance devrait se consolider à 4,5 % en 2018, puis à 4,7 % en 2019, alors que la reprise chez les exportateurs de produits de base atteint sa phase de maturité et que les prix des matières premières se stabilisent après la hausse enregistrée cette année.
Des risques de détérioration considérables pèsent toutefois sur ces perspectives. Ainsi, le risque d’accroissement non maîtrisé de la volatilité des marchés financiers s’est accru, de même que la vulnérabilité de certains pays émergents et en développement. Les velléités protectionnistes gagnent du terrain, tandis que les incertitudes politiques et les risques géopolitiques demeurent substantiels.
Dans un chapitre consacré à la demande de matières premières, les auteurs mettent en garde contre les effets, sur le long terme, du tassement de la demande mondiale de produits de base, qui pourrait faire plafonner les cours et, partant, la croissance dans les pays exportateurs.
Alors que la hausse de la consommation mondiale de métaux et d’énergie enregistrée ces vingt dernières années a reposé en grande partie sur les grands marchés émergents, on s’attend en effet à un ralentissement de la croissance de la demande de ces pays pour la plupart des produits de base.
«Les deux tiers des pays en développement dont les recettes sont tributaires de l’exportation de matières premières pourraient souffrir du recul attendu de la croissance de la consommation de ces produits, explique Shantayanan Devarajan, directeur principal la Banque mondiale pour l’économie du développement. Cette perspective rend d’autant plus nécessaires la diversification de leur économie et le renforcement de leurs cadres budgétaires et monétaires».
Pathe TOURE
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OCDE: Laurence Boone nommée au poste de Chef économiste

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Dans un communiqué, le Secrétaire général Angel Gurría a annoncé la nomination de Mme Laurence Boone au poste de Chef économiste de l’OCDE.
Laurence Boone, qui prendra ses fonctions fin juillet, remplace Catherine Mann, qui a occupé ce poste de 2014 à 2017.
«Laurence Boone apporte à l’OCDE, à un moment crucial, sa grande expérience et ses vastes compétences» a déclaré le Secrétaire général M. Gurría.
«À l’heure où les pays membres et partenaires de l’OCDE voient leurs économies se redresser après la crise, le moment est venu non seulement d’entretenir cette dynamique, mais aussi de rechercher des approches de la croissance qui soient à la fois nouvelles et inclusives. À la tête de l’équipe d’économistes de l’OCDE, elle jouera un rôle de premier plan dans les efforts que nous déployons pour reconstruire le système multilatéral et le faire entrer dans une ère nouvelle».
En sa qualité de Chef économiste, Mme Boone dirigera les travaux du Département des affaires économiques et supervisera la contribution de celui-ci à l’initiative sur les Nouvelles approches face aux défis économiques (NAEC) et à l’Initiative pour la croissance inclusive (IG).
Elle représentera l’OCDE pour les questions économiques et participera aux côtés du Secrétaire général aux réunions du Comité monétaire et financier international ainsi qu’aux réunions du G7 et du G20.
Le Département des affaires économiques regroupe plus de 182 personnes qui participent à la production des Perspectives économiques de l’OCDE, de plus de 50 Études économiques par pays, du rapport Objectif croissance qui compare en les étalonnant les réformes structurelles menées dans les pays membres et partenaires de l’OCDE, ainsi que d’un large éventail d’analyses et de recommandations pour l’action publique.
Laurence Boone veillera à ce que le Département des affaires économiques soit à la pointe de la réflexion économique et coordonnera les travaux de la Branche des études nationales et de la Branche des études de politique économique de façon à renforcer les synergies et la coopération avec l’ensemble de l’Organisation, notamment par le biais de contributions à des projets horizontaux.
Actuellement Chef économiste du Groupe Axa, directrice, au niveau mondial, du département Multi-Asset Client Solutions et Chef des études chez Axa, Laurence Boone a commencé sa carrière à Merrill Lynch Asset Management.
Elle a été chargée de recherche au Centre d’études prospectives et d’informations internationales, et économiste à l’OCDE de 1998 à 2004. Elle a aussi occupé d’autres postes, notamment ceux de Chef économiste de Barclays Capital France et de Directrice générale des Études économiques européennes à Bank of America Merrill Lynch.
De 2014 à 2016, Mme Boone a été Conseillère spéciale pour les affaires économiques et financières multilatérales et européennes et Sherpa du G20 auprès de la Présidence de la République française, chargée à ce titre des négociations avec le G20 au nom du Chef de l’État français et des relations avec les institutions de l’Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et les États membres.
Pathe TOURE
Mail: croissanceafrik@gmail.com

Notation financière : WARA rehausse la note de CBI de BBB à BBB+ avec une perspective stable

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West Africa Rating Agency (WARA) annonce la publication de la notation de CBI, suite à sa cinquième revue. Sur l’échelle régionale de WARA, la notation de long terme de CBI est rehaussée de « BBB » à « BBB+ », en grade d’investissement, et sa notation de court terme passe de « w-4 » à « w-3 », a appris le journal de l’économie malienne auprès des dirigeants de la compagnie.
Cette note reflète la croissance rapide de CBI qui a su se positionner comme une banque majeure du Burkina Faso. La perspective attachée à ces notations est stable. Simultanément, sur son échelle internationale, WARA , l’Agence ouest africaine de notation basée à Abidjan, rehausse la notation de CBI à iB+/Stable/iw-5. Les notations de CBI restent tributaires de la stabilité de l’environnement macro-économique du Burkina Faso. WARA justifie les notations de CBI et la perspective qui leur est attachée par le fait que la banque a su se créer une place importante sur le marché bancaire burkinabè.
En effet, le rehaussement de la note de CBI trouve son origine dans la gouvernance qui s’est beaucoup améliorée suite à la séparation des pouvoirs du PCA de ceux du Directeur Général, avec la nomination d’un nouveau Directeur Général en mai 2017. En effet, cela a eu pour conséquence une meilleure maitrise des spécificités du secteur bancaire et une volonté affichée en ce qui concerne le respect de la réglementation bancaire. A cela s’ajoute le fait que CBI a su consolider ses parts de marché et ainsi mieux assoir sa position de leader dans le secteur bancaire burkinabé. La croissance de la banque se poursuit, et son caractère innovant, combiné à une excellente gestion des risques, lui permet de se différencier de la concurrence. WARA estime que la solidité de la banque caractérisée par une forte capitalisation et une bonne rentabilité est un facteur positif de sa notation. « La notation de contrepartie de Coris Bank International ne bénéficie d’aucun facteur de support externe» précise Oumar Ndiaye, l’analyste principal en charge, pour WARA, de la notation de CBI.
Née en 2008 de la transformation de « La Financière du Burkina », qui était à l’origine un établissement financier en difficulté, CBI a connu une croissance rapide sur la période 2008-2013. Elle affiche, à fin 2017, un total bilan de 1133,4 milliards de FCFA qui la place première sur treize banques au Burkina Faso. Détenue majoritairement par la holding du Groupe, Coris Holding, CBI fait officiellement son entrée en bourse à la fin de l’année 2016, devenant ainsi la troisième société de droit burkinabè cotée à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). La banque possède une quarantaine d’agences en ville et en campagne. « La gouvernance et la vision du développement de la banque dans un environnement changeant sont des facteurs déterminants dans la notation de CBI; les décisions sont prises efficacement et permettent à CBI d’envisager la construction d’un véritable groupe bancaire sous-régional » ajoute Oumar Ndiaye.
Une amélioration de la notation de CBI dépendra : d’une amélioration de la notation du Burkina Faso, ce qui parait peu probable à court terme ; du gain significatif et durable de parts de marché au Burkina Faso et dans la sous-région, permettant ainsi à CBI d’asseoir son importance systémique sur le long terme ; de la poursuite et de la montée en puissance de la diversification géographique de CBI, entamée dans l’UEMOA avec des filiales bancaires déjà implantées en Côte d’Ivoire au Mali et au Togo, et des succursales au Bénin et au Sénégal , permettant ainsi à CBI d’être moins dépendante de son marché domestique à moyen terme ; et de sa capacité à relever les défis réglementaires qui se présentent à elle en arrivant sans encombre à se conformer aux nouvelles normes que sont Bâle II/III et le Plan comptable bancaire révisé indique WARA.
Une détérioration de la notation de CBI serait la conséquence : d’une détérioration des résultats de CBI par une augmentation des défaillances de son portefeuille de clients et/ou par un manque de maîtrise des charges d’exploitation qui devront augmenter du fait de la croissance de l’activité; d’une matérialisation importante du risque social ou politique au Burkina Faso qui pourrait avoir un impact significatif sur l’économie ; de la perte de parts de marché sur son marché local ; ou de difficultés de CBI à se conformer aux nouvelles normes que sont Bâle II/III et le Plan comptable bancaire révisé , ajoute l’agence de notation.
A titre de référence, WARA estime que la probabilité d’occurrence des scénarios favorables est égale à celle des scénarios défavorables à moyen terme, ce qui signifie en d’autres termes que la notation actuelle de CBI contient autant de possibilités de rehaussement que de risques d’abaissement. Toutefois, le rehaussement de la notation actuelle de CBI reste tributaire de la hausse de celle du plafond national que WARA fixe à BBB+ au Burkina Faso.
Amadou Idrissa Dia

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Afrique: Maria Rebollo Polo, Chef d’équipe du Projet ESPEN – « Le continent africain a encore besoin de plus de partenaires pour faire face aux MTN »

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La lutte contre les Maladies Tropicales Négligées (MTN) constitue la troisième grande révolution en santé publique en Afrique. Beaucoup d’initiatives dont l’atteinte des objectifs fixés et qui aura des conséquences inestimables sur le développement du continent africain, sont en cours. C’est à l’image du Projet spécial élargi pour l’Élimination des Maladies tropicales négligées (ESPEN). Le chef d’équipe, Dr. Maria Rebollo Polo, revient de fond en comble dans cette interview, sur ce projet qui, à terme espère à transformer les MTN en Maladies Tropicales Éliminées voire Éradiquées (MTE).
Bonjour Dr. Maria Rebollo Polo. Vous êtes la Coordonnatrice du Projet ESPEN. Est-ce que vous pouvez nous parler des grandes lignes de ce projet mis en place pour lutter contre les Maladies Tropicales Négligées au sein de l’Organisation mondiale de la santé ?
Le Projet spécial élargi pour l’Élimination des Maladies tropicales négligées (ESPEN) est un projet quinquennal lancé en mai 2016 par le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique (OMS/AFRO). Nous avons pour objectif d’accélérer le contrôle et l’élimination des cinq maladies tropicales négligées pouvant faire l’objet d’une chimiothérapie préventive sur le continent africain (PC-MTN), à savoir l’onchocercose, la filariose lymphatique, la schistosomiase, les vers intestinaux et le trachome.
Les Maladies tropicales négligées (MTN) sont des pathologies qui touchent plus de 1,4 milliard personnes et sont à l’origine de plus de 534 000 décès par an à travers le monde. Très répandues dans les régions tropicales, avec notamment 39% des cas en Afrique, les MTN ont un impact énorme sur l’espérance de vie, l’éducation et les opportunités économiques des individus affectés et de leurs communautés.
Ainsi, nous fournissons aux Programmes nationaux de lutte contre les MTN à travers l’Afrique, un appui technique et financier. Nous nous assurons qu’ils disposent des données, de l’expertise et des ressources financières dont ils ont besoin pour accélérer la lutte contre ces maladies en coordonnant les partenaires et en fournissant une assistance technique.
Pour pouvoir atteindre les objectifs de notre feuille de route au niveau de l’OMS, ESPEN s’est fixé quatre priorités stratégiques.
La première c’est de pouvoir atteindre une couverture géographique de 100%. Faire de sorte qu’à travers le continent africain, 100% des populations qui en ont besoin ait accès au traitement contre les Maladies Tropicales Négligées. Ce qui nous a permis de faire une certaine analyse au niveau des pays pour la mise à l’échelle des interventions.
La deuxième priorité d’ESPEN, c’est de pouvoir aider les pays à atteindre l’élimination de ces cinq maladies, notamment à travers la mise en place d’un système de surveillance performant et l’obtention de la validation de l’OMS à chacune des étapes clés.
La troisième c’est d’améliorer la qualité des données au niveau des pays pour leur permettre de prendre des décisions éclairées basées sur des données fiables.
La quatrième priorité stratégique c’est d’aider les pays à faire une distribution effective des médicaments qui sont donnés par des firmes pharmaceutiques. ESPEN veut renforcer les chaines d’approvisionnement pour que les malades puissent avoir accès à tous les médicaments possibles.
ESPEN est caractérisé par un partenariat public-privé, comment appréciez-vous l’apport du secteur privé dans la réalisation des objectifs d’élimination d’ici 2030 ?
Ces dernières années, notre lutte longue et difficile contre les MTN a pris un tournant important. En 2012, une coalition d’organisations philanthropiques comme la Fondation Bill & Melinda Gates, de pays donateurs comme les États-Unis et le Royaume Uni, de gouvernements de pays endémiques et de laboratoires pharmaceutiques a signé la Déclaration de Londres, s’engageant à contrôler, éliminer ou éradiquer 10 MTN d’ici janvier 2020. Simultanément, les plus grandes compagnies pharmaceutiques, y compris GlaxoSmithKline, Merck KGaA, Merck & Co, Eisai, Pfizer et Johnson & Johnson se sont engagées à donner tous les médicaments nécessaires pour atteindre ces objectifs audacieux, pour une somme d’environ 17,8 milliards de dollars américains.
La création d’ESPEN fait suite à cet engouement au niveau international. L’OMS a jugé nécessaire de mettre sur pied ce partenariat public-privé pour assurer la coordination des efforts.
La chimiothérapie préventive est un traitement révolutionnaire qui consiste à atteindre chaque année des communautés entières avec des médicaments sûrs et efficaces pour prévenir les MTN. Le contrôle et l’élimination des PC-MTN coûtent moins de 0,50 dollars américains par personne et par an, tout en offrant un énorme retour sur investissement tant pour les gouvernements des pays affectés que pour les partenaires techniques et financiers.
En marge de la dernière Assemblée générale de la santé célébrée à Genève il y a quelques semaines, le président de Merck, Dr. Frank Stangenberg-Haverkamp a organisé un évènement pour célébrer le 350 anniversaire du Groupe Merck et notre progrès collectif contre la schistosomiase. En 2012, Merck s’est engagé à faire don de 25 à 250 millions de comprimés de Praziquantel à l’OMS chaque année jusqu’à l’élimination de la schistosomiase.
Avec ce type de leadership de la part de Merck et des autres leaders pharmaceutiques qui ont participé à la Déclaration de Londres, nous avons l’opportunité de progresser vers l’élimination des MTN.
L’action d’ESPEN s’inscrit donc à part entière dans ce partenariat public-privé. Les dons de médicaments sont une grande victoire, mais il est essentiel de s’assurer que ces médicaments atteignent ceux qui en ont le plus besoin, même dans les zones difficiles d’accès.
Ce projet va boucler ses deux ans d’exercice. Est-ce que vous pouvez nous faire un bilan à mi-parcours ? Et nous dire si vous êtes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs fixés au départ ?
Grâce à un partenariat dynamique, nous avons pu accomplir de nombreux progrès dans la lutte contre les 5 maladies citées plus haut.
Rien qu’en 2017, ESPEN a fourni un appui opérationnel et technique à 32 pays à travers le continent. Nous avons pu atteindre et administrer des traitements préventifs à 30 millions de personnes supplémentaires. Grâce à une analyse de la chaîne d’approvisionnement dans sept pays dont le Nigéria, l’Éthiopie et l’Ouganda, 132 millions de comprimés ont été récupérés.
Sachant l’importance de la maitrise des données dans notre contexte de contrôle et d’élimination des MTN, ESPEN a complété un exercice sans précédent, qui a consisté à cartographier la répartition des maladies à travers les pays, y compris au niveau sous-national. Nous avons ainsi mis en ligne un portail ( http://espen.afro.who.int ) reprenant toutes les données collectées afin de donner aux Ministères de la santé et aux autres partenaires, les informations nécessaires pour une prise de décision découlant à des investissements intelligents pour le contrôle et l’élimination des MTN.
Aucune de ces réalisations n’aurait été possible sans le soutien actif, l’engagement et la participation de tous les membres de notre partenariat : les ministères de la santé, les bailleurs, les partenaires d’exécution, les institutions académiques et la coalition pour la recherche opérationnelle sur les MTN (COR-MTN).
Grâce à une analyse de la chaîne d’approvisionnement dans sept pays dont le Nigéria, l’Éthiopie et l’Ouganda, 132 millions de comprimés ont été récupérés.
Mais nous travaillons à trouver des moyens pour l’élimination des Maladies Tropicales Négligées. Le continent africain a encore besoin de plus de partenaires. Pour vraiment atteindre les objectifs fixés, il faut s’assurer à avoir plus de partenaires pour trouver d’autres opportunités. Qu’ils s’agissent des partenaires du Moyen Orient ou du continent asiatique qui veulent appuyer ESPEN à accélérer l’élimination de ces MTN.
L’une des réalisations clés de ces deux dernières années, c’est qu’ESPEN est parvenu à asseoir une appropriation au niveau des pays. Le programme a aidé les gouvernements à développer des plans nationaux stratégiques. Il les accompagne pour avoir une vision claire devant leur permettre d’avancer vers l’élimination de ces maladies.
L’une des grandes réalisations a été de s’assurer à ce qu’ESPEN puisse aider les pays africains à atteindre 100% de couverture en termes de prévention. C’est le volet stratégique du projet. Il y a des zones qui ne bénéficient pas de traitement et de prévention donc il faut faire de sorte que les pays puissent mobiliser les ressources nécessaires pour assure une bonne couverture. C’est grâce à cela que nous avons pu atteindre trente millions de personnes supplémentaires qui n’auraient pas été touchées par ces interventions de traitement et de prévention sans l’appui d’ESPEN.
Quels sont les éventuels défis auxquels le projet ESPEN et les pays africains sont confrontés dans la lutte contre les Maladies Tropicales Négligées ?
Outre les questions de logistique et de coordination des efforts, je dirais que notre défi majeur consiste à faire prendre conscience de l’importance d’arriver à une élimination totale de ces maladies.
Nous ne pouvons aspirer à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) sans avoir mis un terme à ce fléau humain et économique que représentent les MTN.
Ces maladies portent le nom de « négligées » pour une bonne raison. Elles ne tuent pas autant que d’autres pathologies et par conséquent, dans notre contexte de raréfaction des ressources, elles sont mises de côté.
Pourtant, l’élimination des MTN fait partie intégrante de notre lutte pour une Afrique saine et prospère. Nous estimons que si nous suivons la feuille de route de l’OMS, nous arriverons à notre objectif et protègeront les 600 millions de personnes qui sont exposées à ces maladies en Afrique.
Pour accélérer l’élimination des maladies tropicales négligées, les gouvernements africains doivent s’approprier cette lutte. Afin d’arriver à des programmes de lutte contre les MTN efficients et durables, il nous faudra, entre autres,relever le défi de mobilisation des ressources financières au niveau national et international.
Parallèlement aux activités d’ESPEN, comment évaluez-vous le dispositif de lutte contre MTN actuellement en place en Afrique, précisément contre les cinq MTN qui sont les plus fréquentes dans le continent ?
Nous observons un accroissement considérable de l’intérêt porté aux MTN, qui se matérialise par une mobilisation des États endémiques pour le contrôle et l’élimination de ces maladies tropicales négligées.
Cette mobilisation des États se traduit par l’inscription de la lutte contre les MTN dans les agendas de rencontres internationales à l’instar de la conférence des ministres de la santé de l’Union Africaine tenue à Addis Abeba en avril 2013 ou encore la mention des MTN comme étant une priorité dans le cadre du Plan Stratégique 2014-2020 de l’Organisation Ouest Africaine pour la santé. En janvier 2018, un indicateur sur l’indice de couverture relatif au traitement de masse contre les MTN a été intégré à la feuille de suivi de ALMA (l’Alliance des Chefs d’États Africains contre le Paludisme) et présenté lors du dernier Sommet de l’Union Africaine.
Au niveau des pays, des dispositions ont été prises à plusieurs niveaux. Il s’agit de l’érection de programmes nationaux de lutte contre les MTN, la mise en œuvre des interventions ciblant l’élimination des PC-MTN telles que les campagnes de distribution de médicaments de masse aux populations exposées.
A cela s’ajoutent l’élaboration des plans stratégiques de lutte contre ces maladies et l’orientation vers une approche multisectorielle de la réponse aux MTN.
Cette tendance d’harmonisation du dispositif de réponse aux PC-MTN des pays endémiques est un gage de réussite et d’atteinte de l’objectif d’éradication de ces maladies.
Estimez-vous que nous sommes assez outillés pour atteindre l’élimination de ces maladies sur le continent africain ?
Des exemples comme le Togo qui est le premier pays en Afrique sub-saharienne à éliminer la filariose lymphatique comme problème de santé publique ou encore le Ghana, qui est sur le point d’éliminer le trachome, nous montrent que nous en sommes capables. A travers le continent, des pays comme le Sénégal, ont atteint les niveaux de contrôle nécessaires pour arrêter les traitements de masse.
Par ailleurs, il faut souligner que les PC-MTN sont aussi celles qui infligent le plus lourd fardeau à nos pays. Nous avons une réelle opportunité de mettre un terme à ces 5 maladies car les traitements sont disponibles et gratuits. Il nous faut à présent nous assurer que nous faisons le nécessaire pour que les populations aient effectivement accès à ces traitements et que nous mettions enfin un terme à la transmission. A cet effet, d’avantage de ressources financières seront nécessaires tout comme la conduite de recherche opérationnelle pour l’élaboration de formules pédiatriques ou encore de stratégies efficaces pour éliminer l’onchocercose notamment.
Si vous aviez un message à lancer à toutes ces populations vivant dans des zones à risque, quel serait-il ?
L’élimination des maladies tropicales négligées est à notre portée, mais elle ne sera possible que grâce à l’implication de communautés informées et autonomes. Les médicaments contre ces cinq maladies sont disponibles et sont distribuées gratuitement par des membres de nos communautés à travers tout le continent. Nous sommes à la croisée des chemins et il important que nous investissions dans l’éducation de nos communautés afin qu’elles s’approprient cette lutte. Les MTN peuvent être évitées à condition que les communautés aient accès aux bonnes informations et aux moyens de prévention tels que les moustiquaires imprégnées. Les familles sont des acteurs clés lorsqu’il s’agit de passer le message à travers les communautés et pour mettre un terme aux MTN pour notre génération tout comme pour les générations futures.

Allafrica.com
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Bons du trésor : Le Burkina Faso sollicite 25 milliards sur le marché financier

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La Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique du Burkina Faso lance sur le marché de l’Union monétaire Ouest Africain(UMOA), une émission par adjudication de bons du trésor pour un montant total de 25 milliards et portant sur une durée de trois mois, a annoncé l’Agence régionale ouest africaine de planification de la dette UMOA-Titres dans un communiqué.
La date de dépôt des soumissions est fixée au mercredi 13 juin 2018. La valeur nominale unitaire est de un million et le taux d’intérêt est multiple.
Les intérêts sont payables d’avance et précomptés sur la valeur nominale des bons. Les titres émis sont remboursables le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au mercredi 1é septembre 2018.
Les revenus perçus sur les Bons du Trésor sont exonérés d’impôts pour les investisseurs résidant au Burkina. Les nonrésidents sont soumis à la fiscalité applicable sur le territoire du pays de résidence.
La présente émission de Bons Assimilables du Trésor dans tous les pays membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) vise à mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales en vue d’assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat du Burkina.
Pour rappel, 25% du montant mis en adjudication est offert sous forme d’Offres Non Compétitives(ONC) et réservé aux spécialistes en valeur du trésor, habilités de l’Etat du Burkina Faso.
Oumar Nourou
Lejecom
Mail: croissanceafrik@gmail.com

Les investissements étrangers directs vers l’Afrique ont baissé de 21% en 2017

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Les flux d’investissements étrangers directs (IED) vers l’Afrique ont chuté à 42 milliards de dollars en 2017, soit une baisse de 21% par rapport à 2016, selon un Rapport de la CNUCED sur l’investissement dans le monde 2018.
Pour la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement, la faiblesse des prix du pétrole et les conséquences négatives de la récession du secteur des matières premières sur le plan macroéconomique ont contribué á la contraction des flux dans les principales économies africaines.
« Les effets persistants de la récession du secteur de matières premières ont pesé sur les IED en Afrique subsaharienne, les entrées ayant diminué de 28% pour atteindre 28,5 milliards de dollars », note le document publié ce mercredi à Genève. Selon James Zhan, directeur de la Division de l’investissement et des entreprises de la CNUCED, « Les débuts d’un rétablissement des prix des produits de base, ainsi que les progrès en matière de coopération interrégionale consécutifs à la signature de l’accord de libre-échange continental africain pourraient favoriser des flux d’IED plus importants vers l’Afrique en 2018, pour autant que le contexte mondial reste favorable ».
« La faiblesse des prix du pétrole et les conséquences négatives de la récession du secteur des matières premières sur le plan macroéconomique ont contribué á la contraction des flux dans les principales économies africaines »
Cette baisse diffère selon les régions et elle reste plus marquée en Afrique australe où les IED ont diminué de 66% pour atteindre 3,8 milliards de dollars. Une situation qui n’est pas étrangères à la diminution de de 41% des flux vers l’Afrique du Sud pour atteindre 1,3 milliard de dollars, en raison des difficultés du secteur des produits de base et des incertitudes politiques. Les flux d’IED en Angola sont redevenus négatifs (passant de 4,1 milliards dollars en 2016 à -2,3 milliards dollars), les filiales étrangères du pays ayant transféré des fonds à l’étranger par le biais de prêts intragroupes. En revanche, les IED en Zambie ont augmenté, soutenus par davantage d’investissements dans le cuivre.
En outre, les flux d’IED vers l’Afrique centrale ont diminué de 22% et s’élevaient á 5,7 milliards de dollars. Les IED vers l’Afrique de l’Ouest ont reculé de 11% à 11,3 milliards de dollars, notamment car l’économie nigériane restait en déprimée. Les IED vers le Nigéria a diminué de 21% pour atteindre 3,5 milliards de dollars.
En Afrique de l’Est, l’Ethiopie absorbe la moitié des IED dans cette région dynamique du continent
Dans la région la plus dynamique du continent, l’Afrique de l’Est, avec 7,6 milliards de dollars d’IED en 2017, c’est une baisse de 3% par rapport à 2016. L’Éthiopie a absorbé près de la moitié de ce montant, soit 3,6 milliards de dollars (en baisse de 10%). Le pays est aujourd’hui le deuxième bénéficiaire des IED en Afrique. Les IED au Kenya s’élevaient à 672 millions de dollars, en hausse de 71%, du fait de la forte demande intérieure et d’investissements dans les secteurs des technologies de l’information et de la communication.
Selon la CNUCED, les flux d’IED vers l’Afrique du Nord ont diminué de 4% pour atteindre 13 milliards de dollars. Malgré une baisse des investissements, l’Égypte est restée le principal bénéficiaire des IED en Afrique alors que ceux du Maroc ont augmenté de 23% pour atteindre 2,7 milliards de dollars, grâce notamment à des investissements importants dans le secteur automobile.
« Pour 2018, les flux d’IED vers l’Afrique devraient augmenter d’environ 20% pour atteindre 50 milliards de dollars »
Le marché des investissements en Afrique reste toujours dominé par les firmes multinationales (FMN) d’économies développées (telles que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) qui détiennent toujours les stocks d’IED les plus importants en Afrique. Cependant, le rapport montre aussi que les investisseurs d’économies en développement, notamment de Chine et d’Afrique du Sud, suivis par ceux de Singapour, d’Inde et de Hong Kong (Chine), figurent parmi les 10 premiers investisseurs en Afrique.
Par ailleurs, les sorties d’IED en provenance de l’Afrique ont augmenté de 8% pour atteindre 12,1 milliards de dollars, reflétant une augmentation significative des IED sortants des entreprises sud-africaines (+ 64% à 7,4 milliards) et marocaines (+66% à 960 millions).
Pour 2018, les flux d’IED vers l’Afrique devraient augmenter d’environ 20% pour atteindre 50 milliards de dollars, en raison notamment des prévisions d’une reprise modeste des prix des produits de base et d’une coopération économique interrégionale renforcée. Cependant, la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des produits de base fera que les IED resteront cycliques.
Les économies développées également touchées par la baisse des investissements étrangers directs
Les flux des investissements étrangers directs (IED) vers les économies développées ont diminué de 37% pour atteindre 712 milliards de dollars en 2017.
Le Rapport sur l’investissement dans le monde 2018 de la CNUCED révèle que la croissance des IED de 2015-2016, quand les flux annuels vers les économies développées dépassaient 1 milliard de dollars, a pris fin brutalement en 2017.
Les réductions importantes de flux d’IED au Royaume-Uni, faisant suite à la valeur exceptionnellement élevée des fusions-acquisitions en 2016, et aux États-Unis d’Amérique, où les autorités ont resserré la vis aux « inversions fiscales », en ont été les principales raisons.
Les entrées d’IED en France et en Allemagne ont rebondi en 2017, mais dans l’ensemble, les flux vers les pays européens ont diminué en raison d’une normalisation des IED vers le Royaume-Uni. En Amérique du Nord, les entrées d’IED ont diminué en raison de la réduction des prêts intra-groupes et des désinvestissements.
Si en Europe, les sorties combinées ont diminué de 21% pour atteindre 418 milliards de dollars, les flux en provenance d’Amérique du Nord ont augmenté de 18%.
« Lorsque la perspective d’une réforme fiscale s’est faite plus certaine vers la fin de 2017, les sociétés multinationales des États-Unis ont reporté le rapatriement des bénéfices réalisés à l’étranger, ajoutant ainsi au réinvestissement », fait remarquer la CNUCED.
Dans la région Asie-Pacifique, les entrées d’IED se sont maintenues dans les économies développées de cette région, en contraste d’avec la tendance mondiale. En outre, les sorties de capitaux provenant du Japon ont continué de progresser pour atteindre 160 milliards de dollars.
Dans ces prévisions pour 2018, la CNUCED souligne que les IED vers les économies développées devraient augmenter modérément en 2018. Cependant, cette agence onusienne basée à Genève rappelle que les tensions liées aux politiques commerciales dans le monde continuent de générer des incertitudes. « Le rapatriement des bénéfices accumulés par les multinationales des États-Unis à la suite de la réforme fiscale risque de réduire les sorties d’IED de ce pays – ce qui aura des effets miroir partout ailleurs », observe la CNUCED. « Dans les économies développées, les tensions commerciales affectent de manière significative les perspectives d’IED pour 2018 », conclut James Zhan, directeur de la Division de l’investissement de la CNUCED.
Un.org
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Daouda Bakary KONE

Autonomisation de la femme rurale : Le PNUD finance une centrale solaire à 150 millions Fcfa

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Cette information a été lors de la cérémonie d’inauguration de cet ouvrage, présidée par le ministre de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhousseini, c’était le jeudi dernier à Haoussa-Foulane dans la commune rurale de Gabero, Région de Gao.
Il ressort que cet ouvrage a coûté 150 millions de Fcfa. Il a une capacité de 40,5 kwc (kilowatts crêtes) pour une production annuelle de 61.453 kwh et de l’énergie distribuée estimée à 58.380 kwh. Le réseau électrique de la centrale est de 2 km avec 50 lampadaires pour 83 abonnés (structures publiques, communautaires, boutiques, ateliers de soudures et familles).
Le projet intitulé «Promotion des énergies nouvelles et renouvelables pour l’avancement des femmes (PENRAF)» a été exécuté par l’Agence des énergies renouvelables (AER-Mali) à travers son département de tutelle.
Le représentant des bénéficiaires, Abdoul Aziz Bachour Diallo, a précisé que la centrale solaire de Haoussa Foulane est une première sur l’ensemble de la Région de Gao. Il a noté que la date du 31 mai 2018 restera gravée dans les mémoires des habitants de la commune rurale de Gabero.
Le premier adjoint au maire de la commune rurale de Gabero, Youssouf Hamadou Maïga, a souligné que c’est une première fois qu’un ministre vient dans la commune de Haoussa Foulane.
Le représentant du PNUD, Alou Traoré, a réitéré la disponibilité du Programme à accompagner l’Etat malien dans les énergies renouvelables.
Le ministre de l’Energie et de l’Eau a introduit que le PENRAF a été initié conjointement par le PNUD et l’Etat. Il vise à améliorer les conditions de vie des populations en milieu rural, notamment les femmes, à travers une stratégie de promotion des énergies renouvelables.
Selon le ministre, la centrale solaire va permettre aux communes et aux villages de se doter des énergies renouvelables afin de créer une masse critique d’équipements attractifs pour les intervenants privés, notamment les femmes, de satisfaire les besoins de base en énergie d’une commune, d’intégrer les associations féminines dans le processus.
Il vise également à favoriser les femmes en matière de promotion des énergies renouvelables, d’augmenter leurs revenus productifs, de renforcer les capacités locales en matière de bonne gouvernance et de consolider la décentralisation.
Mahamane Maïga
Mail: croissanceafrik@gmail.com