Accueil Blog Page 2101

Banques : BOA Benin réalise un résultat net de 3,2 Milliards de FCFA au 1er trimestre 2018

0

La filiale béninoise du groupe bancaire BOA a présenté ses résultats du premier trimestre 2018, a appris le journal de l’économie malienne(LEJECOM). Elle réalise un résultat net de 3,2 milliards de FCFA au 31 Mars 2018, en hausse de 10,3% par au premier trimestre 2017
Il en ressort que la banque a réalisé un Produit Net Bancaire de 9,91 milliards FCFA, en hausse de 10,3% par rapport au premier trimestre 2017. Ces performances ont été réalisées dans un contexte où la banque a enregistré une croissance plus rapide de son encours nets de crédits à la clientèle (+21%) relativement aux dépôts clientèle (+4%) par rapport la même période en 2017.
Adou Faye
Lejecom

Mail: croissanceafrik@gmail.com

Mali : Présentation de la programmation budgétaire et économique pluriannuelle sur la période 2019-2021

0

Cette information a été donnée lors du dernier Conseil des ministres, tenu le mercredi 06 2018 à Bamako. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication relative au document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle sur la période 2019-2021.
Il ressort que le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle évalue le niveau global des recettes attendues de l’Etat par grandes catégories d’impôts et de taxes et les dépenses budgétaires par grandes catégories de dépenses.
Il indique également l’évolution de la dette du secteur public et fixe les objectifs d’équilibre budgétaire et financier sur le moyen terme.
Aussi, le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle informe sur les objectifs de la politique budgétaire sur la période de cadrage, tout en précisant les mesures de soutenabilité des finances publiques et d’accompagnement de la croissance économique.
Il permet au Gouvernement d’informer les députés sur l’évolution des finances publiques et de partager avec eux sa vision de la politique budgétaire à moyen terme ainsi que les contraintes budgétaires.
« Le présent document s’inscrit dans la consolidation des actions entamées dans le Cadre Stratégique pour la Relance économique et le Développement durable au Mali.Il est établi sur la base d’une prévision de croissance réelle de 4,7% en moyenne et un taux de pression fiscale de 16,9% en moyenne sur la période 2019-2021 », indique le communiqué.
Sur cette période, la politique budgétaire sera soumise à des contraintes diverses et variées liées notamment au respect des critères de convergence communautaire de l’UEMOA et de la CEDEAO, à la mise en œuvre des engagements avec le FMI dans le cadre du Programme économique et financier et au service de la dette intérieure.
Le document préconise la mobilisation soutenue des ressources internes et la maîtrise des dépenses courantes.
L’on précise que les dépenses seront orientées vers la prise en charge des engagements du Gouvernement parmi lesquels la priorité sera accordée en termes d’allocations budgétaires, notamment : à la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, de la Loi d’Orientation et de Programmation Militaire et de la Loi d’Orientation et de Programmation relative à la Sécurité Intérieure ; à l’allocation de 15% du budget au secteur de l’Agriculture.
Les autres besoins sont relatifs au financement des investissements structurants dans les secteurs productifs ; à la consolidation des acquis dans les secteurs sociaux ; au renforcement des allocations pour la décentralisation budgétaire en vue de l’atteinte de 30% des recettes budgétaires transférées aux collectivités territoriales.
Mahamane Maïga
Mail: croissanceafrik@gmail.com

Développement industriel au Mali : l’Etat transfère ses compétences aux Collectivités territoriales

0

C’est une des principales décisions prises lors du dernier Conseil des ministres, tenu le mercredi 06 2018 à Bamako. Sur le rapport du ministre du Développement industriel, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant le détail des compétences transférées de l’Etat aux Collectivités territoriales dans le domaine de l’industrie.
Il faut noter que la Loi n°2017-051 du 02 octobre 2017 portant Code des collectivités territoriales en République du Mali autorise les organes délibérants des collectivités territoriales à régler par délibérations les affaires de leur ressort territorial dans le domaine de l’industrie.
Le présent projet de décret fixe le détail des compétences de la Commune, du Cercle, de la Région et du District de Bamako dans le domaine de l’industrie.
Il précise l’appui-conseil que les services centraux et déconcentrés du Ministère du Développement industriel doivent apporter aux collectivités territoriales dans ce cadre.
L’adoption du présent projet de décret permettra aux collectivités territoriales de mener à bien les actions de développement dans le domaine de l’industrie.
Par ailleurs, il faut rappeler l’engagement des autorités à travers le président de la République qui souhaite la décentralisation de l’industrie.
Selon les statistiques plus de 68% des unités industrielles sont installés à Bamako. « Dans chaque région, selon ses filières stratégiques hautement importantes, nous allons procéder à la transformation sur place. Et nous pensons que Mopti en a pour assez. Je cite l’exemple de l’abattoir. Nous sommes premiers de notre espace communautaire UEMOA par notre cheptel et Mopti est la 1ère région du Mali dans ce secteur, donc c’est une filière porteuse notamment avec la transformation des produits animaux », a expliqué le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim, lors de sa visite sur le site de la zone industrielle de Mopti.
Selon lui, les investissements publics viennent toujours en soutien à l’industrie, tels que les aménagements agro-agricoles et la réalisation des routes.
Mahamane Maïga
Mail: croissanceafrik@gmail.com

Filière gomme arabique au Mali : L’envahissement du marché par les Indiens

0

La gomme arabique fait partie des filières porteuses du Mali qui ont requis l’attention du gouvernement malien pour son développement. C’est pourquoi, le département du Commerce et de la Concurrence à travers l’UMOCI, a initié un projet soutenu par le fonds d’affectation du Cadre Intégré pour sa mise en œuvre. Au delà de cet accompagnement, les acteurs de la filière restent confrontés des contraintes dans la collecte, la transformation et l’exportation de la gomme arabique.
Il faut noter que la gomme arabique est une résine naturelle et végétale provenant de l’acacia. Elle est prisée pour ses vertus reconnues depuis des millénaires. Au Mali, elle constitue une filière d’exportation à fort potentiel et compétitive sur les marchés africains, européens et américains avec 3 catégories de variétés exportées. Les principaux bassins de production sont concentrés dans les régions de Kayes, Sikasso, Koulikoro et le District de Bamako.
Pour créer la plus-value, ministère du Commerce et de la Concurrence a initié un projet de renforcement des capacités productives et commerciales de la filière gomme arabique au Mali. Une initiative qui vise à contribuer à l’amélioration des revenus des acteurs directs de la filière notamment, les producteurs, les collecteurs et les exportateurs. Ce qui réduira considérablement la pauvreté dans les zones gommifères.
S’exprimant sur la promotion de la gomme arabique, le président de l’interprofession, Cheick Oumar Gueye, a insisté sur l’accompagnement du Département du Commerce et de la Concurrence pour avoir fait de cette filière une priorité. La mise en place et l’équipement de l’interprofession de la filière gomme arabique au Mali en est une illustration parmi tant d’autres, a-t-il argué.
Selon lui, cette filière a une riche contribution à l’économie nationale car le peuplement naturel de gommiers au Mali est estimé à environ 13 000 ha à l’Ouest et s’étale sur près de 60450 km² du Centre au Nord du pays.
Par ailleurs, il a déploré le phénomène de l’envahissement du marché malien de la gomme arabique par les Indiens. Un phénomène qui se traduit par leur main mise sur le marché.
Mahamane Maïga
Mail: croissanceafrik@gmail.com

Mali : l’armée affirme avoir « tué 13 terroristes » à Boni, dans le centre

0

Ce samedi, tôt le matin, des hommes armés ont attaqué une position de l’armée à l’entrée de Boni, dans le centre du Mali.

Il s’agirait d’une « attaque terroriste » et les « FAMA ont tué treize terroristes », selon l’armée qui indique également la saisie « d’armes et des munitions. »

« Au cours de l’opération, trois militaires ont trouvé la mort et trois autres ont été blessés », annonce le ministère malien de la défense dans un communiqué.

Source croissanceafrique.com

Daouda Bakary KONE

Mali: Au delà de son parcours universitaire voici les trophées et prix obtenus par le défunt PR OGOBARA DOUMBO

0

Pendant plus d’une semaine des rumeurs persistantes ont circulé sur les réseaux sociaux annonçant la mort de l’éminent chercheur malien Ogobara Doumbo. Des proches joints par croissanceafrique.com ont toujours catégoriquement démenti son décès. Ce samedi matin le chercheur malien Ogobara Doumbo est décédé à Marseille où il était hospitalisé.

Ogobara Doumbo est un scientifique malien spécialiste du paludisme. Né en 1956 ou 1958 dans le cercle de Koro, village dogon, Ogobara Doumbo a présenté deux thèses de médecine, une au Mali et une en France. Il a présidé pendant dix ans le département d’épidémiologie de la Faculté de Médecine de Bamako.

Il préside le Centre de recherche et de formation sur le paludisme, un centre qui a entrepris en 2003 des essais cliniques d’un vaccin contre le paludisme.

Professeur de parasitologie-mycologie et chercheur à l’Université des Sciences, techniques et de technologie de Bamako, il était connu dans sa lutte acharnée contre le paludisme. Les résultats obtenus au sein du « Malaria research and training center » et des programmes antipaludiques lui ont valu une reconnaissance nationale et une notoriété internationale.

Les prix reçus pour ses recherches sur le paludisme et les maladies tropicales sont amplement méritées, notamment le prix Christophe Mérieux (France) en 2007, le prix du Prince des Asturies (Espagne) en 2008, le prix de l’Alpha Omega Alpha Honor Medical Society (Etats-Unis) en 2008 et le prix international Inserm (France) en 2013.

Depuis 2016, il est International Fellow de l’American Society of Tropical Medicine & Hygiene, membre de l’Académie Africaine des Sciences et médaillé de la Société de Pathologie Exotique de France.

Comme les prix, les louanges qui ont accueilli sa riche production ne sont pas que dithyrambes, elles sonnaient justes, elles sonnaient vraies, elles sanctionnaient le mérite. En effet, Pr. Ogobara Doumbo est co-auteur de trois livres et de plus de 600 publications internationales.

Profondément attaché à son pays, il a choisi d’y rester et d’y mener ses recherches. Pr. Ogobara Doumbo présidait le Conseil d’Université de Ségou, le Conseil d’Administration du Centre d’Infectiologie Charles Mérieux de Bamako.

Daouda Bakary KONE

source : croissanceafrique.com

Urgent/Mali : Nécrologie, le Professeur Ogobara Doumbo est décédé ce samedi à Marseille ((France))

0

Pendant plus d’une semaine des rumeurs persistantes ont circulé sur les réseaux sociaux annonçant la mort de l’éminent chercheur malien Ogobara Doumbo. Des proches joints par croissanceafrique.com ont toujours catégoriquement démenti son décès. Ce samedi matin le chercheur malien Ogobara Doumbo est décédé à Marseille où il était hospitalisé.

Ogobara Doumbo est un scientifique malien spécialiste du paludisme. Né en 1956 ou 1958 dans le cercle de Koro, village dogon, Ogobara Doumbo a présenté deux thèses de médecine, une au Mali et une en France. Il a présidé pendant dix ans le département d’épidémiologie de la Faculté de Médecine de Bamako.

Il préside le Centre de recherche et de formation sur le paludisme, un centre qui a entrepris en 2003 des essais cliniques d’un vaccin contre le paludisme.

Professeur de parasitologie-mycologie et chercheur à l’Université des Sciences, techniques et de technologie de Bamako, il était connu dans sa lutte acharnée contre le paludisme. Les résultats obtenus au sein du « Malaria research and training center » et des programmes antipaludiques lui ont valu une reconnaissance nationale et une notoriété internationale.

Les prix reçus pour ses recherches sur le paludisme et les maladies tropicales sont amplement méritées, notamment le prix Christophe Mérieux (France) en 2007, le prix du Prince des Asturies (Espagne) en 2008, le prix de l’Alpha Omega Alpha Honor Medical Society (Etats-Unis) en 2008 et le prix international Inserm (France) en 2013.

Depuis 2016, il est International Fellow de l’American Society of Tropical Medicine & Hygiene, membre de l’Académie Africaine des Sciences et médaillé de la Société de Pathologie Exotique de France.

Comme les prix, les louanges qui ont accueilli sa riche production ne sont pas que dithyrambes, elles sonnaient justes, elles sonnaient vraies, elles sanctionnaient le mérite. En effet, Pr. Ogobara Doumbo est co-auteur de trois livres et de plus de 600 publications internationales.

Profondément attaché à son pays, il a choisi d’y rester et d’y mener ses recherches. Pr. Ogobara Doumbo présidait le Conseil d’Université de Ségou, le Conseil d’Administration du Centre d’Infectiologie Charles Mérieux de Bamako.

Daouda Bakary KONE

Qui est Pr Alhousseïni Bretaudeau, l’agronome malien qui a réussi deux mandats à la tête du CILSS?

0

MAMADOU TOGOLA JSTM.Org

Depuis la fin de sa mission, en 2010, comme Secrétaire Exécutif du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), le Prof Alhousseïni Bretaudeau ne s’est jamais vu confier un poste de responsabilité au Mali. Une grande perte pour un pays dit à vocation agropastorale. Car, pendant ce temps l’expert est convoité par toutes les écoles de sa spécialité dont le Collège Impérial de Londres. JSTM vous offre un aperçu du riche parcours de l’agronome.

Né à Ménaka en 1954, le Professeur Alhousseïni Bretaudeau est titulaire d’un doctorat de troisième cycle en sciences agronomiques, option phytotechnie de l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc (USTL) à Montpellier. A son retour au Mali, en 1984, il devient professeur titulaire d’agronomie-phytotechnie, de génétique et d’amélioration des plantes à l’Institut Polytechnique Rurale de Katibougou (IPR). En décembre 2000 à Lomé, il est médaillé de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) pour la meilleure invention en agriculture/machinisme agricole pour avoir intenté une variété améliorée de sorgho qui résiste à la sécheresse.

Lire aussi – Pr Alhousseïni Bretaudeau: «le principal handicap de l’Agriculture au Mali, c’est la gouvernance !»

Membre du Comité des experts de l’Agence universitaire de la Francophonie en 2005, il est fondateur et responsable du laboratoire d’agro-physio-génétique et de biotechnologies végétales de l’IPR/IFRA de Katibougou. En 2007, puis en 2010, il est nommé Secrétaire Exécutif du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS). Aujourd’hui, le Professeur Bretaudeau est formateur pour le compte de l’IRD (l’Institut de Recherche pour le Développement) de doctorants en matière d’élaboration de projets de recherche. Il est aussi consultant pour plusieurs organisations notamment la FAO, le Collège Impérial de Londres, l’Agence pour l’Environnement et le Développement Durable (AEDD), la Fondation Konrad Adenauer.

Grand Officier de l’Ordre National du Mali, le Pr Alhousseïni Bretaudeau a collaboré dans la rédaction de nombreuses publications scientifiques. On peut citer: «Faster breeding of Bambara Groundnut: Mutational cum-invitro Approaches; In “Breeding of Neglected and Under-utilized Crops, Spices and Herbs” ou encore “Variabilité génétique des sorghos de décrue au Mali; In: La culture du sorgho de décrue en Afrique de l’Ouest et du Centre», Situation actuelle et définition d’un Plan d’Action Régional’’.

@mamadou_togola
Source : JSTM. ORG

Coris Bank International (CBI) “prudente” sur les acquisitions

0

Idrissa Nassa, Président du conseil d’administration de Coris Bank International, semble être adepte de la croissance organique.

Pressentie pour la reprise d’Oragroup et de la BCB, Coris Bank International (CBI) semble jouer “la prudence et travailler sur d’autres priorités” selon un avocat d’affaires qui s’exprimait sous le sceau de l’anonymat.

«La Banque Commerciale du Burkina (BCB) n’apporte aucune plus value à Coris Bank qui a plutôt intérêt à étoffer son réseau régional». Quant à Oragroup (12 filiales, forte marge de progression en 2017), il y aurait eu “des discussions mais non exclusives”, poursuit notre source, qui suit de prêt la géographie africaine des fusions et acquisitions.

Filiale du groupe Emerging Capital Partners (ECP), Oragroup (la marque commerciale est “Orabank”) est engagée actuellement dans une démarche d’ouverture prochaine en Bourse et de cession partielle d’une partie de son capital.

En plus de CBI, Oragroup est ciblée par plusieurs acteurs dont, notamment, l’égyptien Beltone Finance, un fonds d’asset management qui signerait ainsi sa grande première en Afrique de l’Ouest.

Source Finacialafrik.com

Pouvoir politique en Afrique : A quand la fin des coups d’Etat et des insurrections populaires ?

0

Depuis les indépendances, le continent africain a enregistré près d’une centaine de coups d’état, et insurrections populaires. La dernière en date, est celui qui est intervenu au Zimbabwe dans la nuit du 14 au 15 novembre 2017. Pour la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, en son article 23, sont sources de rupture avec la vie constitutionnelle normale :

Tout putsch ou coup d’Etat contre un gouvernement démocratiquement élu.
Toute intervention de mercenaires pour renverser un gouvernement démocratiquement élu.
Toute intervention de groupes dissidents armés ou de mouvements rebelles pour renverser un gouvernement démocratiquement élu.
Tout refus par un gouvernement en place de remettre le pouvoir au parti ou au candidat vainqueur à l’issue d’élections libres, justes et régulières.
Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique. »
Dans les mêmes visées, le Protocole de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en son article 1er dispose que: « tout changement anticonstitutionnel est interdit, de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir ». Il convient donc de remarquer que sur le plan juridique, tous les textes législatifs et conventionnels s’accordent à interdire les ruptures constitutionnelles brutales.

Dès lors, on se pose la question de savoir pourquoi autant de coups d’Etat en Afrique, et les insurrections populaires ?

Parmi les causes profondes, on en détermine deux, les causes exogènes et les causes endogènes.

Les causes exogènes des coups d’Etat en Afrique
Jusqu’aux années 1989, l’année de la chute du mur de Berlin et la cessation de la guerre froide, les coups d’Etat en Afrique se sont longtemps justifiés, par une volonté manipulatrice des puissances extérieures, pour étendre leur zone d’influence dans le monde et particulièrement en Afrique.

La bipolarisation du monde entre l’Est et l’Ouest, définissait ainsi le cadre de la géopolitique africaine. C’est donc par les jeux d’influences des puissances occidentales que certains Etats faisaient et défaisaient des régimes en Afrique. A titre d’illustrations, le coup d’Etat au Congo perpétré par Mobutu ayant conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba ; les coups d’Etat dans les années 80 et 90 dans les pays francophones orchestrés par le fameux réseau Foccart (notamment au Mali, au Gabon, en Guinée Conakry etc.).

Enfin, la conjoncture économique internationale, est perçue également comme un facteur explicatif de bon nombre de coups d’Etat en Afrique. Ainsi le nouveau cadre macroéconomique ultralibéral marqué par les privatisations sauvages, les programmes d’ajustement structurel incohérents et drastiques, les plans sociaux déguisés, l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre, les prix dérisoires des matières premières et fraudes, les mesures commerciales désavantageuses pour la plupart des pays du tiers-monde sont autant de réalités ayant conduit à un renversement anticonstitutionnel des gouvernements en Afrique.

Les causes endogènes des coups d’Etat en Afrique.
Sur le plan interne, les coups d’Etat et insurrections populaires en Afrique, font suite à des grognes sociales, encouragées par la cherté de la vie, les crises sociales, le chômage, la corruption, l’opacité du système politique et économique etc. L’expérience des pays du Maghreb, phénomène qu’on a appelé « le printemps arabe», qui est parti d’une simple contestation générale à un renversement totale du régime Tunisien.

A ces éléments relevant de la mauvaise gouvernance économique, il faut ajouter d’une part, la faiblesse des institutions, l’absence d’une démocratie réelle répondant aux aspirations des populations et d’autre part, l’implication de l’armée dans les affaires politiques.

Les élections comme sources d’insurrections populaires en Afrique.
Les élections, préconisées comme mode d’accession légitime au pouvoir, sont pourtant également sources de violences voire de conflits, comme cela a été observé à Madagascar en 2001, en Côte d’Ivoire en 2002 et 2011, au Kenya 2007 et 2008 et au Burundi en 2015.

La crainte des violences électorales est désormais prise en compte dans les systèmes d’alerte sur l’Afrique, dont celui de l’UA. En 2009 déjà, le Groupe des Sages de l’UA dans son rapport sur le renforcement du rôle de l’UA dans la prévention, la gestion et le règlement des différents conflits violents liés aux élections en Afrique, a mis l’accent sur les faiblesses dans la gestion des élections et les règles devant permettre une compétition politique ordonnée. Ce Conseil avait également noté que les soulèvements en Afrique du Nord, sont liés à une insatisfaction généralisée des populations, vis-à-vis de gouvernements autoritaires.

Dans son rapport du 24 juillet 2015, intitulé : « les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durable en Afrique », le Secrétaire général de l’ONU souligne que des progrès restent à faire dans la prévention et l’atténuation des violences liées aux élections, lesquelles résultent souvent, entre autres facteurs, d’un manque de confiance à l’égard du processus électoral, de l’administration des élections, de l’absence d’un régime politique véritablement participatif, d’une dynamique électorale de « tout au vainqueur » et de système inopérant de gestion des conflits.

Conséquences économiques :
La dynamique économique d’un pays est inextricablement liée à sa stabilité politique, elle a horreur du vide et de l’incertitude. Quand le politique est en crise, l’économique ne saurait faire exception. En cas d’un coup d’Etat, les premières victimes sont les commerçants qui très vite vont constater un net ralentissement de leurs activités, une baisse du solde commercial, du PIB et donc de la croissance économique. Cette baisse de croissance a pour corollaire, la baisse de la richesse donc de l’investissement public et de l’emploi national. D’autres secteurs, comme le tourisme seront aussi impactés. Des conséquences immédiates de la crise sur le secteur des petites entreprises sont constatées qui, faute d’activité, se découvre face à un défaut de paiement à l’égard des institutions financières, banques et micro-crédit. L’investissement direct étranger est aussi influencé à cause de l’instabilité interne.

Pour asseoir une stabilité politique et institutionnelle durable en Afrique, endiguer les phénomènes de coups d’Etat et insurrections populaires répétitifs, il urge de revoir notre modèle de démocratie et faire en sorte que notre démocratie soit représentative de nos réalités locales, participative pour les citoyens, où « le pouvoir du peuple » prend tout son sens. La clé reste et demeure la bonne gouvernance et le respect des engagements vis-à-vis du peuple.

Etienne Fakaba SISSOKO, Economiste, Professeur d’Université

Khalid DEMBELE, Economiste, Chercheur au CRAPES.

Source : croissanceafrik@gmail.com