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Présidence de la Banque Africaine de développement (BAD): le conseil opté pour le vote manuel

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Lors de l’élection à la présidence de la Banque Africaine de Développement, le Conseil des gouverneurs a décidé d’opter pour le vote manuel.

Cette décision fait suite aux préoccupations soulevées par les grands électeurs concernant la transparence et la sécurité du processus électoral. Afin de rassurer toutes les parties prenantes et d’éviter les tensions suscitées par l’introduction du vote électronique, le Conseil a choisi de revenir à un système classique.

En écartant le vote numérique, jugé moins sûr, le Conseil a voulu garantir l’intégrité et la crédibilité des opérations électorales. Le vote manuel, qui est traditionnellement perçu comme un moyen plus sécurisé et dont l’efficacité a souvent été mise en avant, sera donc proposé.

Cette approche traditionnelle va au-delà de la simple préservation d’un système, elle vise à raviver des valeurs d’authenticité et de responsabilité au sein de l’institution.

En instaurer un climat de confiance parmi les membres du Conseil, où chaque voix compte véritablement, représente un véritable enjeu démocratique.

En effet, des recherches ont montré que l’adhésion à des méthodes éprouvées peut renforcer la participation des électeurs, surtout dans des institutions aussi cruciales que la BAD, qui joue un rôle fondamental dans le développement économique du continent africain.

Cette orientation vers un processus électoral transparent est également une réponse aux attentes croissantes de gouvernance et de responsabilité de la part des parties prenantes et des communautés locales.

Notons que l’élection du successeur d’Akinwumi Adesina, président de la BAD depuis 2015, se déroulera le 29 mai 2025, lors de l’Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs, qui aura lieu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 26 au 30 mai 2025.

Daouda Bakary KONÉ

Mali: les douanes annoncent une saisie historique (en euros) d’environ 381 millions de FCFA

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Mali, les douanes annoncent une saisie historique a eu lieu à l’aéroport international de Bamako, où les douaniers ont intercepté la somme impressionnante de 580 150 euros en espèces, soir environ (381 millions de FCFA) soigneusement cachées dans la valise d’un passager.

Cette opération ciblée, fruit d’une collaboration exemplaire entre la Douane et la Direction Régionale des Lutte contre la Fraude (DRLF), a non seulement réussi à contrer une tentative de fraude visant la sous-région, mais elle révèle également les enjeux cruciaux de la lutte contre les flux financiers illicites qui menacent la stabilité économique et sociale de plusieurs pays. La saisie illustre la vigilance accrue des agents douaniers dans un contexte où les techniques de dissimulation deviennent de plus en plus sophistiquées.

Malgré l’absence du Directeur général des Douanes, actuellement en mission à Kinshasa, qui aurait certainement renforcé la dynamique de l’opération, les équipes ont fait preuve d’une remarquable efficacité et d’un professionnalisme exemplaire, montrant que la lutte contre le blanchiment d’argent ne repose pas uniquement sur l’autorité centrale, mais aussi sur l’engagement des agents en première ligne.

Les agents des douanes, équipés de formations avancées et d’outils technologiques modernes, se sont avérés être des acteurs clés dans cette lutte contre la criminalité transnationale. Ce type d’opération illustre l’évolution des méthodes d’intervention, où le renseignement stratégique joue un rôle prépondérant dans l’identification et l’interception des flux suspects.

De plus, cette saisie de fonds témoigne d’un phénomène inquiétant : l’augmentation des tentatives de blanchiment d’argent à une échelle alarmante au sein de la région. Pour contrer cela, il devient impératif d’explorer des partenariats internationaux qui permettraient un échange d’informations et de pratiques exemplaires entre différents pays.

Ce succès met en avant l’importance stratégique du renseignement douanier, qui non seulement aide à démanteler des réseaux criminels, mais contribue également à la préservation de l’intégrité des marchés financiers. La question se pose désormais : est-il nécessaire d’intensifier les sanctions pour ces trafics ? Dans un monde où les montants en jeu sont colossaux et où les pertes fiscales sont considérables, la réponse pourrait bien être affirmative.

Notons que les sanctions strictes pourraient dissuader davantage les criminels de s’immiscer dans des activités illicites, tout en envoyant un message fort sur la tolérance zéro face à ces pratiques néfastes. Ainsi, la pression sur les législateurs pour renforcer les lois en matière de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent pourrait également s’accentuer, reflétant le besoin d’un cadre légal adaptatif face aux défis financiers actuels.

Korotoumou Sylla

Mali: les ministres des Finances de l’AES reçoivent « des orientations claires et le soutien » du Président Assimi GOÏTA

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Mali, les Ministres des Finances de l’Alliance des États du Sahel ont fait preuve d’écoute envers le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, qu’ils ont rencontré le vendredi 23 mai 2025. Lors de cet échange, ils ont discuté des mécanismes en place pour promouvoir le développement au sein des pays de la confédération.

À Bamako, les Ministres des Finances des trois États membres ont également eu l’honneur d’être reçus en audience par le Président de la Confédération, Chef de l’État du Mali, dans le cadre d’une réunion de haut niveau avec des experts financiers. À l’issue de cette rencontre, le Premier Ministre et Ministre de l’Économie et des Finances du Niger, Ali Mahaman Lamine ZEINE, s’est exprimé au nom de ses collègues du Mali et du Burkina Faso.

Il a souligné qu’ils étaient présents pour rendre compte des progrès réalisés par les experts sur la création d’un instrument capable de maximiser le potentiel économique des pays de l’AES, en l’occurrence la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement, qui sera dotée d’un capital de cinq cents milliards (500 milliards de FCFA). Les discussions ont également porté sur l’Autorité du Liptako-Gourma, un autre point essentiel de l’ordre du jour de cette réunion à Bamako.

« Nous avons reçu des orientations claires et le soutien du Président Assimi GOÏTA en tant que Président de la Confédération des États du Sahel », a déclaré le Ministre des Finances nigérien. La rencontre des Ministres des Finances, se tenant à Bamako, témoigne de la volonté des trois pays de l’AES de concrétiser leurs ambitions au bénéfice de leurs populations. Les discussions approfondies ont notamment mis en lumière l’importance de l’unité régionale dans la lutte contre les défis économiques communs, tels que le chômage croissant et l’insécurité alimentaire.

Chaque ministre a partagé des exemples concrets de programmes innovants déjà en cours dans leurs pays respectifs, visant à intégrer des technologies durables et à renforcer les infrastructures pénuriques. Par exemple, le projet d’initiative agricole au Burkina Faso qui pourrait servir de modèle pour inhiber la migration des jeunes vers les centres urbains, témoignant d’une approche proactive face à un problème éruptif.

En outre, Ali Mahaman Lamine ZEINE a insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources additionnelles, en se tournant vers des partenariats internationaux et des organismes de financement, afin d’assurer un cadre propice pour le développement économique. C’était un moment crucial pour les États de la région, comme ce type de dialogue pourrait ouvrir la voie à un avenir plus stable, où la coopération pourrait devenir le véritable moteur de prospérité collective. Généré par Eskritor

Moussa KONÉ

CEMAC: la BEAC réalise une opération d’injection de liquidité d’environ 540,9 milliards de FCFA

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(CROISSANCE AFRIQUE)- La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a réalisé une opération d’injection de liquidité dans le circuit bancaire des six pays de la Cemac : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA.

Cette opération a révélé un besoin total de liquidité s’élevant à 540,9 milliards de FCFA, alors que la BEAC avait limité son offre à seulement 320 milliards de FCFA, correspondant au montant effectivement servi.

Cette situation témoigne d’une forte demande des banques commerciales pour la liquidité, qui se manifeste à peine deux mois après une réduction de son principal taux directeur. En effet, pour stimuler le refinancement des banques commerciales en quête de liquidités, la BEAC a abaissé, pour la première fois depuis fin 2021, le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) le 24 mars 2025.

Cette décision faisait suite à une série d’augmentations visant à rendre l’accès aux financements plus difficile, un contexte qui a exacerbé les tensions sur les marchés financiers. Grâce à cette baisse, le taux d’intérêt auquel les banques commerciales se refinancent auprès de la banque centrale a été réduit de 5 % à 4,5 %.

Ce changement vise non seulement à faciliter l’accès des banques à la liquidité de la BEAC, mais également à encourager une diminution des taux d’intérêt appliqués par les institutions financières sur les prêts accordés aux agents économiques.

Cette dynamique est particulièrement cruciale dans un environnement où les petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent le moteur de l’économie dans la région, peinent souvent à accéder aux financements nécessaires pour soutenir leur croissance. Les répercussions de cette injection de liquidité pourrait également contribuer à stabiliser les marchés et à renforcer la confiance des investisseurs, qui avaient été échaudés par les tensions économiques récentes.

En permettant aux banques de mieux répondre à leurs besoins de liquidité, la BEAC crée un espace favorable non seulement pour les établissements financiers, mais également pour l’ensemble des acteurs économiques, qui bénéficient indirectement de conditions de crédit plus avantageuses.

Notons que Cmcette initiative pourrait ainsi être perçue comme un coup d’envoi vers une reprise économique durable, propice au développement régional, mais elle soulève aussi des interrogations sur les futures orientations de la politique monétaire face à des instabilités économiques toujours présentes.

Abdoulaye KONE

UEMOA: la BCEAO table sur une croissance économique de 7,3% au semestre 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)- La BCEAO anticipe une croissance économique de 7,3% d’ici fin juin 2025 au sein de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA). Les projections indiquent des perspectives réjouissantes pour les économies de l’Afrique de l’Ouest à cette même date.

Selon la note de conjoncture économique d’avril 2025, l’activité devrait progresser de 7,3% au deuxième trimestre de l’année, après une estimation de 7,1% au premier trimestre. Bien que les perspectives économiques demeurent positives, elles sont néanmoins sensibles aux fluctuations de la conjoncture internationale, à la situation socio-politique et sécuritaire interne, ainsi qu’aux aléas climatiques.

D’après la BCEAO, la solidité des services et de l’industrie manufacturière devrait soutenir les performances économiques de l’UEMOA. Dans les mois à venir, l’activité économique au sein de l’Union est prévue de se consolider, principalement grâce à une augmentation de la demande intérieure et à des améliorations continues dans des secteurs clés tels que l’agriculture vivrière, les activités extractives, le commerce, les services, le transport et le secteur des BTP.

Les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de l’enquête de conjoncture de la BCEAO s’attendent à des performances améliorées. La demande intérieure vigoureuse est également prévue pour renforcer la croissance dans les pays de l’UEMOA.

Concernant l’inflation, le taux d’inflation annuel dans l’Union devrait atteindre 2,0% en avril et en mai 2025, selon la note de la BCEAO. Cette baisse est largement due à la diminution des prix des denrées alimentaires sur le marché mondial, avec une chute de -10,6% en mars 2025, en particulier pour le blé, le sucre et le lait, conjuguée à un approvisionnement accru en produits céréaliers issus de la campagne agricole 2024/2025.

De plus, la décélération prévue de l’inflation est liée à une réduction des tarifs dans le secteur des transports, suite à la décision des autorités ivoiriennes de baisser les prix de l’essence et du gasoil de 2,3% et 2,1% respectivement, prise le 1er avril 2025.

Toutefois, la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’Union et les récentes modifications tarifaires sur les échanges commerciaux entre l’Union et les États-Unis pourraient représenter des risques limitant les effets modérateurs sur la hausse des prix dans la zone UEMOA, comme le rapporte la note de conjoncture économique de la BCEAO.

MARIAM KONE

Guinée : 40 millions USD obtenus auprès de la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC)

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En Guinée, le mercredi 21 mai, le ministère du Plan et de la Coopération Internationale a signé un accord de financement significatif d’un montant de 40 millions de dollars avec la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC).

Cette signature a eu lieu lors des assemblées annuelles de la Banque Islamique de Développement (BID), tenues du 19 au 22 mai à Alger. Cet accord a pour objectif d’améliorer les capacités commerciales de la Guinée en encourageant les échanges commerciaux et en simplifiant l’accès aux ressources essentielles pour soutenir la croissance économique du pays.

Grâce à ce financement, la Guinée espère dynamiser son secteur commercial, augmentant ainsi ses perspectives de développement et d’intégration régionale.

Barrick s’oppose à la tentative du Gouvernement du Mali de prendre en charge les opérations quotidiennes à Loulo-Gounkoto, et continue de soutenir les effectifs sur site

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Toronto, mai 26, 2025-Barrick Mining Corporation (NYSE:B) (TSX:ABX) – La décision du Président du Tribunal de commerce de Bamako, suite au dépôt le 22 mai par les mines de Loulo et Gounkoto de Barrick de conclusions en opposition à la demande de mise sous administration provisoire du complexe minier par l’État malien, est attendue pour le 2 juin.

Le 8 mai, le Gouvernement a officiellement présenté sa requête au tribunal en vue d’imposer une administration provisoire sur le site. Barrick estime qu’il n’y a aucune base ni en droit ni en fait – pour que la gestion quotidienne des opérations à Loulo-Gounkoto soient confiées à un administrateur provisoire nommé par un tribunal. Cette démarche fait suite à l’audience préliminaire du 15 mai, au cours de laquelle les mines ont eu l’occasion de répondre formellement à la demande de l’État.

Cette dernière escalade de la part du Gouvernement du Mali fait suite au maintien en détention de plusieurs employés de Barrick détenus illégalement depuis plus de cinq mois et au blocage des exportations d’or du complexe.

Malgré les mesures prises par le Gouvernement, notamment le blocage des exportations d’or et la saisie des stocks, Barrick a maintenu son soutien à ses employés et à ses sous-traitants. Depuis la suspension contrainte des opérations, l’entreprise a continué à payer les salaires et soutenir les opérations sur une base mensuelle continue.

La tentative d’interférer avec les opérations de Loulo-Gounkoto est sans précédent ni justification légale. Elle ne tient pas compte des droits de Barrick en vertu de la législation malienne et des accords contraignants, et est incompatible avec les principes de régularité de la procédure et de respect mutuel qui devraient sous-tendre les partenariats entre les gouvernements et les investisseurs de long terme.

Pas plus tard que la semaine dernière, Barrick a écrit au Ministre malien de l’Économie et des Finances pour réitérer sa disponibilité à reprendre les discussions sur les termes d’un accord satisfaisant permettant la libération de ses employés détenus et la reprise des activités dans l’intérêt des employés, du pays et de toutes les parties prenantes.

Barrick opère au Mali depuis près de trois décennies, construisant certaines des exploitations minières les plus prospères du pays et contribuant de manière significative à son économie et à son développement social. Elle continue de rechercher une solution équitable et durable au litige existant et a déjà entamé une procédure d’arbitrage international conformément au mécanisme de règlement des différends convenu dans les Conventions minières. La société reste déterminée à obtenir justice pour ses employés injustement détenus et à défendre l’intégrité de son investissement contre les actions qui risquent de compromettre la viabilité à long terme des exploitations, la valeur pour les parties prenantes. ou le cadre juridique qui sous-tend sa présence dans le pays.

LA BAD FACE À SON DÉFI EXISTENTIEL : UN NOUVEAU PRÉSIDENT POUR QUOI FAIRE ?

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Par Magaye GAYE
Économiste international
Ancien Cadre de la BOAD

Le 29 mai prochain, la Banque Africaine de Développement (BAD) se dotera d’un nouveau président. Une échéance importante, abondamment commentée dans les médias. Mais derrière les spéculations sur les candidats se cache une question bien plus fondamentale : la BAD a-t-elle vraiment rempli sa mission depuis sa création en 1964?

Créée pour financer le développement du continent africain, soutenir les infrastructures, accompagner l’industrialisation et contribuer à l’émergence de chaînes de valeur transnationales solides, la BAD devait être un levier de transformation économique. Mais où en est l’Afrique aujourd’hui ?

Force est de constater que les résultats sont décevants :

  1. La pauvreté reste endémique, malgré des taux de croissance parfois flatteurs.
  2. L’Afrique ne représente que 3 % du commerce mondial, signe d’un manque d’intégration dans les chaînes de valeur internationales.
  3. Les matières premières sont encore majoritairement exportées à l’état brut, sans réelle transformation locale.
  4. Entre 50 et 100 milliards de dollars par an fuient illégalement le continent, et certains financements sont détournés ou inefficacement utilisés.
  5. L’endettement des États africains est devenu abyssal, sans que cela se traduise par des projets viables ou des gains de productivité durables.

Il est donc légitime de s’interroger :
La BAD est-elle à la hauteur des enjeux du continent ? A-t-elle su évoluer pour répondre à un monde devenu plus agressif, plus concurrentiel, plus instable ?

Choisir un président est une chose. Mais le véritable enjeu, c’est de repenser le rôle de cette institution, d’interroger sa gouvernance, son efficacité, et surtout, son alignement avec les priorités réelles des peuples africains.

Le moment est venu de recalibrer la BAD, pour qu’elle cesse d’être un simple bailleur technique, et devienne enfin un véritable moteur stratégique du développement africain.

Burkina Faso: le Réseau des caisses populaires a mobilisé 202,171 milliards de FCFA en 2024

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a annoncé avoir mobilisé plus de 202 milliards F CFA en 2024, représentant une augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente. 

Selon les résultats présentés lors de la 12e Assemblée générale ordinaire, tenue le jeudi 22 mai 2025 à Ouagadougou par Mahamadi Souaré, directeur financier et comptable de la Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB), les ressources mobilisées se chiffrent à 202,171 milliards FCFA. Cela démontre une réalisation de 95,96 % de l’objectif annuel établi.

Concernant l’effectif des membres, le RCPB a enregistré une croissance de 6 %, portant le nombre total à 859 525 membres au 31 décembre 2024, comparé à 807 635 en 2023, avec un taux d’atteinte de 89,81 % par rapport aux prévisions. En ce qui concerne les crédits octroyés aux membres, une progression annuelle de 2 % a été notée, avec un montant de 131,959 milliards 959 millions F CFA, atteignant un niveau de réalisation de 83,67 % de l’objectif fixé. Cependant, les crédits en souffrance ont connu une augmentation de 13 % à la fin de l’année 2024, totalisant 7,170 milliards 170 millions F CFA, ce qui représente un taux d’atteinte de 133,73 % par rapport à l’objectif annuel.

Le ministre chargé de l’Économie, Aboubakar Nacanabo, a souligné la résilience du RCPB en déclarant : « Là où les banques ferment leurs portes, les caisses populaires s’ouvrent à la population. Là où le marché exclut, la solidarité inclut. » La directrice exécutive de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Burkina Faso (AP/SFD-BF), Perpétue Coulibaly, a salué ces résultats, en précisant que, bien que tous les ratios prudentiels aient été respectés au sein de la FCPB, certaines mesures n’ont pas été atteintes au niveau du RCPB. Elle a souligné que cette situation s’explique par le contexte économique difficile, mais a salué la capacité du RCPB à maintenir ses services.

Saïbou Nassouri, président du conseil d’administration de la FCPB, a également exprimé sa satisfaction quant aux progrès réalisés en 2024, tout en notant que certains défis demeurent, tels que la stabilisation du nouveau logiciel SIG, SELATIS, et l’amélioration de la qualité du portefeuille de crédit. Il a encouragé les présidents de conseils de surveillance et les directeurs de caisses à intensifier leurs efforts en matière de gestion, un élément clé pour assurer la pérennité des caisses populaires.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a ajouté que le rôle des membres de la FCPB au sein de l’écosystème financier national est crucial et transformateur. Il a affirmé : « Votre action s’inscrit dans la vision d’un Burkina Faso résilient, solidaire et équitable. Un Burkina où chaque citoyen, quelle que soit sa condition sociale ou sa localisation géographique, peut accéder à des services financiers de qualité. ».

Notons qu’il a donc appelé la FCPB à poursuivre sa mission avec détermination, en renforçant la gouvernance, la transparence et l’impact de ses actions.

 Mariam KONE 

SIBY ABDOURAHAMANE, CHERCHEUR  POLITIQUE PROPOSE UN MÉMORANDUM POUR UNE SORTIE DE CRISE AU MALI

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Introduction

La nation malienne traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire moderne, confrontée à une crise multidimensionnelle marquée par des bouleversements dans la ligne politique de l’État.

L’impact de la crise sécuritaire au Nord et au Centre du pays, la crise énergétique dans la capitale et certaines régions, ainsi que la rupture avec des organisations occidentales ont profondément affecté le quotidien de la population.

Par ailleurs, la rareté de la levée de fonds sur le marché régional, le retard dans le paiement de la dette intérieure, notamment envers les acteurs de l’éducation, de la santé et du commerce, ainsi que les poursuites judiciaires contre les magnats de l’économie ont eu des répercussions négatives sur l’économie locale. L’augmentation des droits de douane, l’intensification de la pression exercée par les agents des services publics sur les entreprises créatrices d’emplois et le manque d’intervention de l’État pour soutenir ces entreprises ont aggravé la gestion des flux financiers et de la liquidité.

Sur le plan social, le climat reste tendu, notamment dans les secteurs bancaire, éducatif et alimentaire, malgré la signature de plusieurs accords entre le gouvernement et les syndicats. Cette situation préoccupante appelle à des mesures urgentes et concertées.

Puisque la politique est l’art du possible, nous nous permettons de proposer quelques pistes de solutions, en espérant qu’elles contribueront à une sortie de crise.

1. MESURES ÉCONOMIQUES

1.1. Stabilisation de l’environnement économique

   •       Suspendre les poursuites judiciaires au niveau du pôle économique jusqu’après l’élection présidentielle.

   •       Ajuster le prix du kilowatt pour permettre à EDM de produire sans pertes, tout en confiant progressivement la gestion de l’énergie à des entités privées ou étrangères, avec l’objectif de démocratiser la distribution d’énergie à moyen et long terme.

   •       Annoncer des mesures d’accompagnement pour les PME et les ouvriers touchés par la crise, notamment des exonérations fiscales et la mise en place d’un fonds d’investissement dédié à la relance du secteur.

  • Supprimer   le taxe sur lecrédit téléphonique et mobile money . 

1.2. Autosuffisance alimentaire et industrialisation

   •       Mettre en place une politique d’autosuffisance alimentaire, en encourageant les commerçants et hommes d’affaires importateurs de produits alimentaires à investir dans le secteur agricole, notamment dans la zone de l’Office du Niger, en leur proposant des terres arables dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).

   •       Faciliter la transformation et l’industrialisation des entreprises locales en leur octroyant des avantages fiscaux exceptionnels.

1.3. Assainissement des finances publiques

   •       Payer immédiatement une partie de la dette publique intérieure pour restaurer la confiance économique.

   •       Augmenter les recettes de l’État en taxant les services premium et les produits nuisibles à la santé (billets d’avion, paris sportifs, tabac, boissons énergétiques).

   •       Réduire le train de vie de l’État en supprimant certaines institutions non essentielles durant la transition, telles que le Conseil économique et social, et en supprimant les avantages financiers excessifs des hauts fonctionnaires, membres du CNT, ministres et autres cadres de l’administration.

   •       réduire  la masse salariale de la fonction publique en ajustant le nombre de fonctionnaires selon les besoins réels de chaque département ministériel et service public. Il est inacceptable que près de deux tiers  du budget soit consacré au fonctionnement de l’État sans retour proportionnel en recettes.

2. MESURES POLITIQUES

2.1. Rétablissement du processus démocratique

   •       Fixer une date ferme pour les élections présidentielle et législatives dans les six prochains mois.

   •       Accorder une amnistie aux personnalités politiques en exil ou emprisonnées, à l’exception de celles poursuivies pour corruption ou crimes pénaux.

   •       Réformer le système électoral et actualiser le fichier électoral pour garantir des élections transparentes et inclusives.

3. MESURES DE SÉCURITÉ

3.1. Gestion des conflits et réintégration des combattants

   •       Annoncer un nouveau plan de réintégration pour les combattants terroristes souhaitant déposer les armes, sous la supervision d’une personnalité consensuelle.

   •       Renforcer le soutien humanitaire aux populations des zones de guerre et aux sinistrés.

   •       Lancer un fonds de soutien international pour la reconstruction des régions du Nord et du Centre, en partenariat avec des bailleurs de fonds et des organismes internationaux.

4. MESURES DIPLOMATIQUES

4.1. Réouverture du dialogue avec les partenaires internationaux

   •       Redynamiser les canaux de communication avec les pays voisins, notamment la Côte d’Ivoire, afin de rétablir une coopération bilatérale, à l’image de la reprise récente des relations avec l’Algérie.

   •       Relancer la campagne pour la réintégration du Mali à l’Union africaine, en mettant en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transition démocratique.

4.2. Développement des partenariats stratégiques

   •       Nommer un envoyé spécial en Asie du Sud et auprès des BRICS+ pour renforcer les collaborations dans les domaines suivants :

        •  Approvisionnement en matériel stratégique (infrastructures, énergie, défense)

        •  Transfert de technologie et innovation

        •  Financement des projets de développement

   •       Créer une académie diplomatique au sein du ministère des Affaires étrangères, afin d’assurer une formation continue aux cadres de la diplomatie malienne et d’améliorer la qualité des négociations internationales.

Conclusion

Ce mémorandum propose des pistes de solutions concrètes et applicables pour faire face aux défis multidimensionnels que traverse le Mali.

Nous espérons que ces recommandations seront prises en compte dans les décisions futures afin de stabiliser le pays et d’assurer un développement économique et social durable.

Nous restons à l’écoute des critiques et suggestions pour enrichir cette réflexion collective.

Avril 2025

SIBY Abdourahamane