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CEMAC: vers l’asphyxie du secteur bancaire grâce à l’accumulation de la dette, selon les estimations de la COBAC

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique Centrale, le secteur bancaire de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) présente un niveau d’exposition souveraine sans précédent, atteignant un montant astronomique de 7 642 milliards FCFA, ce qui représente un impressionnant 405% des fonds propres nets des établissements financiers, alors que la limite réglementaire fixée par la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) est strictement établie à 25%. 

Cette situation préoccupante découle d’un recours croissant des États à des financements bancaires, qui se manifeste particulièrement par l’émission de Bons de Trésor Assimilables (BTA), d’Obligations de Trésorerie à Année (OTA), ainsi que par des crédits directs accordés aux gouvernements. Au fil des dernières années, cette tendance s’est accentuée de manière significative, incitant les banques à concentrer une part majeure de leurs actifs sur des titres publics, ce qui met en danger l’équilibre prudentiel déjà fragile du système financier régional, risquant ainsi de compromettre sa stabilité.

Entre 2011 et 2024, comme l’indique le rapport détaillé de la COBAC, ces financements bancaires ont été multipliés par plus de dix, passant d’une somme modeste de 509 milliards FCFA à un impressionnant 5 752 milliards FCFA. Cette progression spectaculaire s’explique par la nécessité impérieuse pour les États de couvrir leurs déficits budgétaires, tout en veillant à assurer leurs programmes d’investissement dans un environnement économique souvent précaire et instable, marqué par des fluctuations imprévisibles. Pour les établissements bancaires, ces titres publics sont perçus comme une opportunité d’investissement essentiel, malgré les risques encourus, car ils leur permettent de générer des rendements tout en soutenant la trésorerie des États.

La COBAC, dans son analyse approfondie, insiste également sur le fait que l’exposition aux États ne met pas immédiatement en danger la solvabilité des institutions bancaires, mais qu’elle accroît indéniablement leur sensibilité aux éventuels chocs budgétaires. En effet, dans des scénarios de tensions sur la dette publique, la valeur des titres détenus par les banques pourrait connaître une diminution significative, ce qui pèserait lourdement sur les bilans bancaires, potentiellement entraînant des répercussions néfastes sur l’ensemble du système financier.

La région est encore vulnérable face à des fluctuations extérieures qui peuvent survenir de manière imprévisible, notamment la volatilité des prix des matières premières qui peuvent affecter les économies locales, ainsi que la contraction des recettes fiscales qui résulte souvent d’une économie mondiale instable. Dans ce contexte délicat, la robustesse du secteur bancaire dépendra en grande partie de la capacité des États à non seulement stabiliser leurs finances publiques, mais aussi à mettre en œuvre des politiques économiques efficaces pour rassurer les marchés.

Face à cette situation complexe et préoccupante, les autorités régionales encouragent avec insistance les banques à renforcer leurs analyses internes afin de mieux appréhender les risques potentiels et à diversifier judicieusement leur exposition pour minimiser les impacts indésirables. Le cadre prudentiel existant, qui a été conçu pour favoriser une gestion saine et rigoureuse des risques, offre effectivement des outils de suivi qui sont précieux, mais leur mise en œuvre devra être plus systématique et rigoureuse pour être réellement efficace. 

Notons qu’une meilleure segmentation des risques au sein des portefeuilles bancaires permettrait ainsi de limiter considérablement les effets de contagion en cas d’incident souverain ou de crise économique, protégeant ainsi non seulement les banques elles-mêmes, mais également l’ensemble de l’économie régionale.

Moussa KONÉ 

Gabon : l’exécutif espère générer des recettes avoisinant les 2,8 milliards de F CFA avec l’instauration d’une nouvelle taxe

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Gabon, le gouvernement a récemment pris une décision importante lors du Conseil des ministres qui s’est tenu le 4 décembre dernier, en validant l’instauration d’une nouvelle taxe forfaitaire sur l’habitation, une mesure qui sera appliquée à partir de l’année 2026. 

Cette taxe concernera non seulement les logements résidentiels, mais également ceux à vocation professionnelle, conformément à une classification méthodique par zones qui permettra de faire en sorte que la contribution fiscale soit proportionnelle au niveau de vie et au standing des différents quartiers de la nation. 

Dans une première phase d’application, les zones rurales bénéficieront d’une exemption, probablement pour tenir compte de leurs conditions économiques souvent plus précaires. L’exécutif gabonais espère générer des recettes avoisinant les 2,8 milliards de francs CFA grâce à cette initiative, un rendement qui, bien qu’il soit considéré comme modeste à l’échelle du budget national, est pourtant jugé nécessaire dans le cadre d’un effort plus vaste visant à élargir l’assiette fiscale, dans le contexte plus global du pacte fiscal républicain qui cherche à instaurer une plus grande équité dans la contribution financière des citoyens.

Cependant, cette mesure a déjà suscité des réactions mitigées au sein de la population gabonaise, particulièrement dans un contexte marqué par une inflation persistante et des pressions financières croissantes sur les ménages locaux. Le choix d’associer cette nouvelle taxe à la facture mensuelle d’électricité, avec la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) désignée comme opérateur de collecte, renforce le sentiment parmi les citoyens que ce prélèvement sera automatique et difficile, voire impossible, à contester. Cette approche soulève des inquiétudes sur la manière dont cela pourrait affecter les ménages déjà en difficulté financière, les plaçant ainsi dans la situation délicate de devoir faire face à un paiement obligatoire qui pourrait aggraver leur fardeau économique.

Au-delà du coût supplémentaire significatif que nécessite cette initiative, la question de la transparence dans l’utilisation des fonds alloués revient également avec une insistance persistante dans un contexte où les recettes générées par les secteurs pétrolier, minier ou fiscal continuent de souffrir d’une exécution jugée comme étant insuffisamment lisible et accessible aux citoyens. Cela suscite des interrogations profondes sur la capacité de l’État à fournir des garanties concrètes que les montants collectés seront réellement affectés à l’amélioration des services de proximité, tels que le transport public, l’éducation et la santé, ainsi qu’à la revalorisation de l’environnement urbain, comme le stipule la justification officielle fournie aux parties prenantes. 

Pour l’administration fiscale, l’objectif principal demeure le renforcement de l’équité dans le domaine de la contribution financière, afin de s’assurer que chacun participe de manière juste et proportionnée aux efforts collectifs. Dans cette optique, les zones les plus aisées de la société supporteront la plus grande part de la taxe imposée, tandis que les quartiers populaires devraient, idéalement, rester peu impactés, afin de ne pas aggraver davantage les inégalités existantes. 

Cette approche, expliquent en détail les services concernés et les experts en fiscalité, vise à mobiliser un plus grand nombre de contribuables ayant un pouvoir d’achat plus solide, dans le but de financer des services publics essentiels dont l’ensemble de la population doit pouvoir bénéficier et profiter pleinement. Toutefois, l’absence de détails sur la manière dont cet argent sera géré et distribué reste un point d’interrogation majeur qui doit être abordé avec rigueur et sérieux pour rassurer les citoyens sur l’utilisation effective de leurs contributions.

L’entrée en vigueur de cette réforme prévue pour 2026 interviendra à un moment crucial où les autorités, face à des défis économiques majeurs, s’efforcent de rééquilibrer les finances publiques tout en cherchant à réduire leur dépendance excessive aux revenus générés par les ressources extractives, qui ont souvent été instables et imprévisibles. 

Dans ce contexte, il est essentiel de souligner que la réussite de cette réforme sera fortement conditionnée par la capacité du gouvernement à persuader les citoyens et les parties prenantes que l’instauration de cette taxe supplémentaire apportera des résultats tangibles et positifs, susceptibles de bénéficier à l’ensemble de la société. À cet égard, la manière dont le gouvernement communiquera sur les affectations budgétaires, ainsi que l’établissement de mécanismes de suivi clairement visibles et transparents, jouera un rôle déterminant pour apaiser les inquiétudes légitimes des contribuables et instaurer un climat de confiance autour de cette nouvelle contribution fiscale. 

Notons qu’il est également important de rappeler que cette nouvelle taxe survient à peine quelques mois après la réception mitigée de la Contribution Foncière Unique (CFU), ce qui ajoute une couche d’appréhension vis-à-vis de l’acceptabilité de nouvelles charges fiscales par la population.

Abdoulaye KONÉ 

Au Nigeria, les réserves extérieures progressent de 45,04 milliards de dollars en décembre 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, les réserves extérieures du pays ont atteint un montant impressionnant de 45,04 milliards de dollars le 4 décembre 2025, un niveau totalement inédit depuis le mois de juillet 2019, illustrant ainsi la résilience et la détermination de l’économie nigériane face à divers défis. 

Ainsi, ce montant substantiel permet à la première économie africaine, souvent décrite comme une locomotive du développement du continent, de couvrir plus de dix mois d’importations de biens et services, un indicateur clé de la santé économique, selon les données compilées par la Banque centrale du Nigeria. Cette progression notable témoigne d’une amélioration substantielle de la situation financière globale du pays, qui a su accumuler près de 5 milliards de dollars en l’espace de quelques mois seulement, un exploit qui souligne la capacité du Nigeria à naviguer dans les eaux tumultueuses des marchés mondiaux.

L’accumulation rapide de devises étrangères résulte d’une combinaison favorable de facteurs qui ont contribué à dynamiser l’économie nigériane. Les revenus pétroliers, traditionnellement considérés comme la principale source de devises du pays, ont connu une amélioration sensible ces derniers mois, atténuant ainsi certaines des pressions économiques auxquelles le pays a été confronté. 

En outre, la diversification économique orchestrée par le gouvernement commence enfin à produire des résultats tangibles, avec une hausse significative des exportations non pétrolières et une augmentation des transferts de la diaspora, qui sont désormais estimés à un montant impressionnant de 23 milliards de dollars annuellement, renforçant ainsi la stabilité économique et ouvrant des perspectives prometteuses pour l’avenir du Nigeria. Cette dynamique de croissance suggère que l’économie nigériane est non seulement en phase de redressement, mais également en voie de transformation vers une indépendance économique plus grande et une prospérité durable.

 Les réformes monétaires et de change mises en place par les autorités nigérianes ont également joué un rôle significatif dans l’attraction des investisseurs étrangers, qui commencent à retrouver progressivement leur confiance dans les marchés nigérians des titres à revenu fixe ainsi que dans le secteur des actions. Cette évolution est particulièrement encourageante dans un environnement économique mondial où l’incertitude et la volatilité règnent en maîtres, rendant la prise de décisions d’investissement plus compliquée. 

Cette reconstitution des réserves s’opère dans un contexte plus large où de nombreux pays émergents rencontrent d’importantes difficultés pour maintenir des tampons de change adéquats, en raison des turbulences économiques qui affectent les marchés globaux. Dans ce cadre, le Nigeria démontre non seulement sa résilience face aux défis économiques, mais aussi sa capacité exemplaire à stabiliser sa situation extérieure. 

Notons  q’au-delà de la simple couverture des importations, ces réserves financières renforcées offrent à la Banque centrale du Nigeria les moyens nécessaires pour intervenir efficacement sur le marché des changes si la situation l’exige. Cela permet également de soutenir la stabilité du naira, la monnaie nationale, et de rassurer les investisseurs internationaux quant à la solidité et la viabilité des fondamentaux économiques du pays, établissant ainsi une base plus robuste pour la croissance économique future.

Mariam KONE 

En RDC, l’investissement dans le corridor minier avoisine une enveloppe symbolique de 600 millions de dollars

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(CROISSANCE AFRIQUE)- En République Démocratique du Congo, une nation regorgeant de ressources naturelles, l’État se prépare à accueillir l’un des projets logistiques les plus ambitieux et d’envergure de toute la région subsaharienne

Dans ce cadre, un consortium composé de plusieurs sociétés de capital-investissement et d’institutions financières réputées sud-africaines vient de confirmer un investissement impressionnant de 600 millions de dollars. Cet investissement est destiné à la construction d’un port sec moderne, un projet stratégique visant à désengorger l’un des corridors miniers les plus cruciaux et dynamiques d’Afrique australe. 

Les enjeux de ce projet sont d’une importance capitale, car le cuivre et le cobalt congolais, deux minerais stratégiques et essentiels au cœur de la transition énergétique mondiale, circulent actuellement à travers un réseau de transport saturé. Cette surcharge logistique nuit à la compétitivité non seulement du Congo, mais également de ses pays voisins qui dépendent de ces ressources.

À la manœuvre, le groupe sud-africain Yellowstone, qui possède une concession de 20 ans pour concevoir, construire et exploiter cette infrastructure vitale, jouera un rôle central dans cette initiative. Par ailleurs, il mobilisera un financement hybride soigneusement structuré, combinant à la fois des fonds empruntés et des capitaux propres, provenant de grands acteurs financiers bien établis en Afrique du Sud. Parmi les partenaires financiers figurent des institutions de renom telles que Standard Bank Group, Nedbank Group, le gestionnaire d’actifs Ninety One, ainsi que Africa Export Import Bank, toutes unies dans un objectif commun : transformer l’avenir économique du pays en facilitant l’acheminement plus fluide de ses précieuses ressources.

Le modèle économique retenu repose sur un mécanisme de paiement par l’utilisateur, une approche qui vise à créer une durabilité financière solide pour le projet en question. Les recettes générées par le trafic, qui sont le reflet des activités commerciales de la région, devront non seulement assurer le remboursement de la dette contractée pour le développement des infrastructures, mais aussi garantir une rémunération satisfaisante pour les investisseurs qui ont fait confiance à ce projet ambitieux. 

Par ailleurs, une redevance indexée sur les revenus, comprise entre 7 et 15%, sera reversée à l’État congolais, contribuant ainsi aux finances publiques et au développement socio-économique du pays. Ce schéma économique illustre une tendance croissante sur le continent africain, où de nombreux pays cherchent à maximiser les bénéfices des projets d’infrastructure tout en servant les intérêts de l’État. Face aux tensions commerciales internationales persistantes et à l’impératif urgent d’améliorer les chaînes d’approvisionnement africaines, de plus en plus d’institutions financières locales, conscientes des opportunités offertes par le développement d’infrastructures stratégiques, s’engagent activement dans de tels projets.

L’ambition du projet est, sans aucun doute, considérable et témoigne d’une vision à long terme pour le développement de la région. Ce port sec devra absorber quotidiennement le passage de 1 500 camions chargés de précieuses matières premières telles que le cuivre et le cobalt, qui transitent par la Zambie vers les installations portuaires sud-africaines situées à Durban ou celles de Maputo, au Mozambique.

 L’objectif est de réduire drastiquement les délais de dédouanement au poste frontalier de Kasumbalesa, où les files d’attente peuvent être considérablement longues et problématiques, entraînant des pertes financières importantes pour les entreprises et ralentissant le commerce régional. Ce projet vise également à alléger ce type de congestion, favorisant ainsi une fluidité nécessaire pour stimuler l’économie et rendre la région plus compétitive sur le marché international.

Ce projet intervient alors que les puissances étrangères intensifient leurs investissements dans les routes minières congolaises, un pays riche en ressources naturelles qui suscite un intérêt croissant au niveau mondial. Les États-Unis, dans un esprit de collaboration internationale et de soutien au développement régional, soutiennent désormais la mise en place du corridor de Lobito.

 Ce corridor stratégique établit un lien essentiel entre les zones d’extraction démocratiquement régionales et l’océan Atlantique, et son infrastructure repose sur une ligne ferroviaire de 1 300 kilomètres qui mène directement jusqu’au port angolais de Lobito, facilitant ainsi l’exportation de richesses minérales essentielles. Dans le même temps, la Chine, déjà dominante dans le raffinage mondial du cuivre et du cobalt, intensifie ses efforts en développant ses propres axes logistiques, notamment par le biais de l’océan Indien. Elle investit massivement dans le financement de ports secs ainsi que dans l’amélioration des infrastructures routières et ferroviaires, consolidant ainsi sa position sur le marché.

L’initiative portée par les acteurs sud-africains s’inscrit donc dans ce contexte très compétitif et stratégique, marquant une étape décisive pour repositionner la région dans la compétition internationale autour des minerais stratégiques. Cela représente une dynamique innovante qui pourrait surtout transformer l’un des corridors les plus congestionnés d’Afrique en un levier majeur d’intégration économique régionale, favorisant ainsi une collaboration accrue entre les nations et ouvrant la voie à des échanges commerciaux plus fluides et bénéfiques pour tous. 

Notons que cette évolution est également cruciale pour le développement durable et durable de la région, qui peut ainsi espérer capitaliser sur ses atouts miniers tout en répondant aux exigences du marché mondial.

Daouda Bakary KONÉ 

Sécurisation de l’approvisionnement en Hydrocarbure: le Togo et le Bénin visent un accord stratégique 

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Afrique de l’ouest, les représentants de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Bénin se sont réunis à Abidjan, sous l’égide du Groupe de la Banque mondiale, pour participer à un sommet régional d’une grande importance, centré sur le développement du gaz naturel dans la région, le dimanche 7 Décembre 2025.

 Au cours de cette rencontre stratégique, ces pays ont engagé des négociations visant à unir leurs efforts dans le but de sécuriser un approvisionnement en gaz naturel qui soit à la fois fiable et compétitif, un impératif qui est essentiel pour soutenir leurs ambitions collectives en matière d’accès à l’électricité pour leurs populations. 

Dans un contexte où la majorité des systèmes électriques dans cette partie du monde dépendent encore fortement des centrales thermiques, la question de l’approvisionnement en gaz naturel a émergé comme une contrainte significative. Cette problématique fragilise non seulement la viabilité des investissements, mais elle limite également la capacité des États à répondre à une demande énergétique croissante, et ce, dans une région où la nécessité d’une transition énergétique vers des sources moins polluantes et plus durables devient de plus en plus pressante.

Hôte du sommet, Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle moteur et déterminant au sein de la région ouest-africaine. Forte de récentes découvertes portant ses ressources gazières à une estimation comprise entre 8 et 10 trillions de pieds cubes (Tcf), la Côte d’Ivoire dispose désormais d’une base solide et prometteuse pour alimenter non seulement sa propre production domestique en énergie, mais aussi celle de ses voisins immédiats qui pourraient bénéficier de ces ressources stratégiques. 

« L’utilisation de ces ressources pour satisfaire nos besoins énergétiques et pour ceux de la sous-région est une priorité absolue pour le Président de la République, » a insisté Mamadou Sangafowa Coulibaly, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, soulignant ainsi l’engagement de son gouvernement envers une politique énergétique inclusive et collaborative. Le pays, pionnier de l’utilisation du gaz naturel pour produire de l’électricité dès le milieu des années 1990, possède une expérience précieuse qui peut le positionner comme un acteur clef et un partenaire incontournable dans le cadre d’une alliance stratégique avec les deux États voisins. 

Pour le Groupe de la Banque mondiale, par la voix de son Vice-Président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, il est essentiel de reconnaître que le gaz reste un levier central dans le développement énergétique de la région : étant moins coûteux que d’autres sources d’énergie traditionnelles comme le pétrole ou le charbon, il est néanmoins encore sous-exploité de manière coordonnée, ce qui représente une opportunité considérable pour une meilleure intégration régionale. L’institution encourage explicitement les nations voisines à travailler ensemble pour tirer le meilleur parti de ces ressources, afin de promouvoir une croissance durable et de soutenir les initiatives de développement socio-économique dans toute l’Afrique de l’Ouest.

L’engagement affiché par les partenaires, qui s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’initiative M300 visant à fournir un accès fiable à l’énergie à 300 millions d’Africains d’ici l’horizon 2030, revêt une nature multiforme et dynamique. Cet engagement se manifeste non seulement par une assistance technique indispensable, mais aussi par un soutien financier significatif destiné à développer les infrastructures logistiques essentielles qui faciliteront cet objectif ambitieux. 

De plus, des garanties de risques sont mises en place pour attirer les investisseurs privés, un élément clé pour mobiliser des ressources supplémentaires. Parallèlement, un appui aux réformes nécessaires dans le secteur énergétique est également envisagé, afin d’assurer une transformation durable et efficace des systèmes en place. « Nous sommes prêts à mettre à profit notre force de frappe, en mobilisant toutes nos branches, pour vous accompagner efficacement dans cette dynamique de coopération », a-t-il assuré, soulignant ainsi la détermination des parties prenantes à collaborer pour atteindre cet objectif crucial.

En outre, au terme de ces assises, les trois pays participant à cette initiative ont convenu de « mutualiser leurs efforts » afin d’importer du gaz et de produire de l’électricité dans un cadre partagé et intégré. Un groupe de travail technique a été constitué, réunissant les experts des trois États, ainsi que ceux de la Banque mondiale, et ce groupe devra approfondir les réflexions sur cette question cruciale « dans un délai d’un mois ».

 « L’objectif est de saisir pleinement l’opportunité offerte par le Groupe de la Banque mondiale, non seulement sur le plan technique, mais également sur le plan financier ; le but étant de garantir une synergie efficace entre les ressources mobilisées et les besoins énergétiques croissants de la population », a-t-il conclu, soulignant l’importance d’une approche collaborative pour garantir le succès de ces efforts ambitieux.

La concrétisation de cette coopération, qui symbolise un engagement fort en faveur du développement énergétique, va sans aucun doute contribuer à accélérer l’accès à l’électricité dans les trois pays concernés, tout en s’inscrivant dans un cadre mutuellement avantageux qui privilégie les intérêts de chaque partie impliquée. Une telle avancée est d’autant plus significative qu’elle offre l’opportunité de transformer la vie de milliers de citoyens qui, jusqu’à présent, ont été privés d’une source d’énergie essentielle pour leur quotidien. 

Notons que cette dynamique positive pourrait donc également stimuler une perspective encourageante qui devrait inciter à davantage de collaboration entre les pays de la région, renforçant ainsi les liens économiques, sociaux et culturels, et contribuant à une intégration régionale plus profonde et durable.

Yaya KONE 

Au Tchad,  la dette publique a atteint 3 448,2 milliards de FCFA au premier semestre de l’année 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Tchad, le ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale a été noté avec une attention particulière que le stock total de la dette publique a atteint un impressionnant montant de 3 448,2 milliards FCFA à la fin du premier semestre de l’année en cours. Cette information émane des statistiques axées sur la dette publique du pays, publiées le 3 décembre 2025 à Ndjamena.

Ainsi, ce chiffre est en nette augmentation par rapport à celui constaté un an plus tôt, qui s’élevait à 3 278,8 milliards FCFA, soulignant ainsi une tendance à la hausse significative qui pourrait avoir des implications profondes sur la gestion économique du pays et sur les décisions de politique financière à venir.

Les autorités concernées, conscientes des implications de cette évolution sur l’économie nationale, ont indiqué que cette augmentation de 5,2 % est principalement attribuée aux « nouveaux tirages », un terme qui fait référence aux nouveaux décaissements qui ont été réalisés sur les emprunts déjà contractés auparavant, révélant ainsi une stratégie financière qui pourrait viser à soutenir des projets de développement ou à répondre à des besoins urgents. 

De plus, le ministère des Finances a pris soin de clarifier que le ratio d’endettement public est désormais établi de manière à assurer une transparence accrue dans la gestion de la dette nationale, reflétant ainsi une volonté d’améliorer la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux. Cette approche proactive pourrait permettre non seulement de gérer efficacement l’endettement, mais également d’encourager des réformes destinées à stimuler la croissance économique et à garantir une stabilité à long terme pour la nation.

La dette intérieure du pays constitue une part substantielle de l’ensemble de la dette, représentant ainsi 55,6 % du total, ce qui s’élève à un montant impressionnant de 1 915,8 milliards FCFA. En parallèle, la dette extérieure, qui est également d’une importance significative dans le paysage économique national, atteint 1 532,4 milliards FCFA, ce qui correspond à 44,4 % de l’encours total de la dette. En examinant de plus près la composition de ce portefeuille de dette, il est intéressant de noter que la majorité, soit 55,6 %, est libellée en francs CFA, la monnaie locale, tandis que d’autres devises telles que le dollar américain contribuent à hauteur de 28,6 %, l’euro représente 8,3 %, le renminbi s’évalue à 4,5 %, et enfin, diverses autres devises totalisent 3,1 %.

En outre, le document que nous examinons s’attache également à décomposer les éléments constitutifs de la dette extérieure à une date donnée, à savoir celle de fin juin. À cette période, la dette extérieure se répartit en plusieurs catégories distinctes : un montant de 616,8 milliards de FCFA est associé à la dette multilatérale, qui est souvent contractée auprès d’institutions financières internationales reconnues pour leur rôle dans le développement économique et la stabilité financière des pays. De plus, on trouve une somme significative de 847,5 milliards FCFA qui représente la dette bilatérale, ce qui signifie qu’elle a été contractée spécifiquement auprès d’autres États, souvent dans un cadre d’accords d’entraide économique. Enfin, le document mentionne également une somme de 68 milliards FCFA, représentant la dette commerciale, qui provient essentiellement d’emprunts contractés auprès de banques ou de marchés financiers, constituant ainsi un enjeu crucial pour la gestion financière et les relations économiques du pays sur la scène internationale.

Au cours du premier semestre de cette année, le Tchad a réussi à honorer un service de sa dette totale s’élevant à 193,4 milliards de FCFA, un effort considérable qui témoigne de la volonté du pays de maintenir sa réputation financière. Parmi ce montant, 166,8 milliards de FCFA ont été destinés au remboursement du principal, tandis que 26,6 milliards de FCFA ont été affectés au paiement des intérêts, soulignant ainsi l’importance d’une gestion rigoureuse des finances publiques. En ce qui concerne la seule dette extérieure, le service réglé durant le deuxième trimestre a atteint un montant significatif de 102,8 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux 63,7 milliards de FCFA réglés sur la même période l’année précédente en 2024. Ce montant comprend 93,7 milliards de FCFA alloués au remboursement du principal et 9,1 milliards de FCFA pour le paiement des intérêts, ce qui démontre un engagement soutenu à faire face aux obligations financières extérieures et à préserver la stabilité économique du pays.

Par ailleurs, la dette intérieure du Tchad, qui constitue la part la plus prépondérante du portefeuille d’endettement du pays, présente également un profil détaillé dans les rapports financiers. Avec un encours impressionnant de 1 915,8 milliards de FCFA, elle se compose de 56,8 % de titres publics, 31,1 % de dette conventionnée, 9 % de dette envers la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), et 3,2 % de dette non conventionnée. Cette diversification des instruments de dette illustre la stratégie adoptée par le Tchad pour équilibrer ses sources de financement et répondre à ses besoins de développement tout en minimisant les risques associés à une trop grande dépendance vis-à-vis d’une seule catégorie de créanciers.

En examinant les données financières et en les analysant de manière plus approfondie, on note qu’en montant total, cela correspond à une somme impressionnante de 1 077,9 milliards FCFA en titres, représentant ainsi une part significative des engagements financiers. De plus, on observe qu’il existe un total de 589,3 milliards en dette conventionnée, ce qui souligne la structure de financement sous des termes contractuels définis. Par ailleurs, on doit prendre en compte une dette envers la CEMAC s’élevant à 187,5 milliards, indiquant ainsi l’interaction économique au sein de cette communauté d’États. 

Notons qu’il est important de noter qu’une somme de 61,1 milliards de dette non conventionnée vient s’ajouter, soulignant ainsi la diversité des modalités de financement en jeu. En ce qui concerne le service de la dette intérieure, celui-ci atteint un total considérable de 90,5 milliards de FCFA au cours du premier semestre de l’année, dont 73,2 milliards sont attribués spécifiquement aux remboursements, tandis que 17,3 milliards se rapportent aux intérêts, ajoutant une couche supplémentaire de complexité aux enjeux financiers auxquels le pays est confronté.

Zangouna KONÉ 

Angola: les autorités annoncent la création d’un Fonds souverain de 500 millions USD pour soutenir les infrastructures 

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(CROISSANCE AFRIQUE)- En Angola, le nouveau fonds souverain joue un rôle clé en renforçant son positionnement stratégique à l’échelle continentale, agissant comme un moteur de développement économique dans la région. En s’associant avec la société de gestion Gemcorp Capital, dont le siège est établi à Londres et qui est reconnue pour son expertise dans les marchés émergents, le Fundo Soberano de Angola (FSDEA) se prépare à lancer un fonds panafricain d’infrastructures ambitieux, visant une capacité cible impressionnante de 500 millions de dollars. 

Cette initiative a pour objectif de mobiliser des capitaux privés supplémentaires dans des secteurs jugés stratégiques pour le continent, notamment la transition énergétique, l’exploitation de minéraux critiques, ainsi que l’eau et la sécurité alimentaire, garantissant ainsi un développement durable et inclusif pour l’Afrique.

Selon le communiqué conjoint qui a été publié mardi dernier, le FSDEA prévoit d’apporter un investissement initial substantiel de 50 millions de dollars, une somme qui pourrait être portée à hauteur de 200 millions de dollars en fonction des projets sélectionnés et des opportunités de croissance identifiées. De son côté, Gemcorp s’engage à contribuer jusqu’à 50 millions supplémentaires à cette initiative prometteuse.

 Pour compléter ce financement, le reste du montant nécessaire sera recherché auprès d’investisseurs internationaux, qui cherchent à diversifier leurs portefeuilles au-delà des marchés américains et européens, souvent considérés comme saturés, en se tournant vers de nouvelles opportunités d’investissement en Afrique, un continent riche en potentialités économiques et en ressources naturelles. Pour Armando Manuel, qui occupe le poste de président du FSDEA, l’ambition est non seulement manifeste, mais également d’une grande portée. Il a déclaré à Reuters que ‘’nous investissons des capitaux dans cette initiative afin d’attirer d’autres investisseurs, notamment les acteurs du Golfe, vers les vastes opportunités que nous avons sur le continent » 

Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de développement économique et de partenariat international, où Armando Manuel voit un potentiel immense pour le continent africain. Gemcorp, qui a su établir une présence significative en Angola depuis dix ans, prévoit de tirer parti de son réseau bien établi et de ses équipes expérimentées déjà en place sur le continent pour structurer et superviser les projets envisagés. Le groupe a souligné qu’il observe un intérêt croissant de la part des fonds de pension nordiques, des investisseurs institutionnels du Golfe, des capitaux internationaux ainsi que des family offices qui cherchent à diversifier leurs investissements et à explorer de nouvelles avenues en Afrique.

De plus, le nouveau fonds, qui sera domicilié à Abou Dhabi, représente un choix stratégique tout à fait conscient, visant à capter l’augmentation des flux financiers en provenance de la région dynamique du Golfe vers l’Afrique. Cette décision est ancrée dans le contexte actuel, où les fonds souverains du Golfe se sont révélés être des acteurs majeurs et incontournables du financement des infrastructures africaines, en se concentrant particulièrement sur des secteurs clés tels que l’énergie, l’agro-industrie et l’industrie extractive, qui sont essentiels pour le développement et la croissance durable du continent.

Selon les données détaillées fournies par GlobalSWF, le Fonds Souverain d’Exploitation et de Développement d’Angola (FSDEA) gère aujourd’hui un portefeuille d’actifs qui s’élève à près de 4 milliards de dollars, une somme considérable qui témoigne d’une certaine stabilité financière malgré un passé tumultueux. Créé en 2011 avec une dotation initiale de 5 milliards de dollars, le fonds a longtemps lutté pour établir sa crédibilité en raison de décisions d’investissement jugées hasardeuses, qui ont semé le doute sur sa capacité à opérer efficacement. 

En outre, des accusations de mauvaise gouvernance ont également terni son image, notamment vis-à-vis de ses anciens dirigeants qui ont été impliqués dans des scandales. À cet égard, l’ancien dirigeant du FSDEA, José Filomeno dos Santos, a été condamné en 2020 à une peine de cinq ans de prison pour des actes frauduleux et des détournements de fonds, ce qui a jeté une ombre sur l’intégrité et l’avenir du fonds.

Cependant, Armando Manuel, l’actuel directeur, insiste fermement sur la transformation significative en cours au sein de cette institution financière. En effet, la transparence, la bonne gouvernance, et la diversification du portefeuille sont désormais des éléments centraux de la stratégie adoptée pour redorer le blason du fonds souverain. Il est donc impératif de noter que les investissements du FSDEA sont actuellement très concentrés dans des instruments financiers tels que des titres, des obligations, des actions, et divers produits dérivés, qui sont majoritairement exposés aux dynamiques des marchés occidentaux et asiatiques.

 Néanmoins, la vision actuelle de la direction, et notamment l’ambition affichée par Manuel, est désormais d’ancrer plus fermement les investissements du fonds dans des projets structurants qui répondent aux besoins spécifiques et urgents du continent africain, contribuant ainsi à son développement durable et à sa croissance économique.

Korotoumou Sylla 

Au Nigeria, la Banque Centrale octroie l’agrément de 82 bureaux de change visant la régulation du secteur monétique du pays

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, la Banque centrale du Nigéria (CBN) a franchi une étape majeure et significative dans la réforme tant attendue de son marché des devises, en accordant des licences définitives à un total de 82 bureaux de change (BDC).

 Cette décision a été annoncée le lundi 8 décembre 2025, et elle ne se limite pas simplement à un chiffre impressionnant ; elle symbolise également une volonté claire et déterminée de structurer et de sécuriser un secteur qui a longtemps été assombri par l’opacité et les pratiques informelles. Cette avancée constitue une réponse à la nécessité croissante d’un cadre réglementaire solide qui puisse non seulement encourager la transparence, mais aussi protéger les consommateurs et les investisseurs contre les risques associés à des opérations non régulées.

Dans le cadre des pouvoirs conférés par le Bank and Other Financial Institutions Act (BOFIA) de 2020, et conformément aux nouvelles directives relatives aux BDCs qui ont été publiées en 2024, la CBN a mis en place un système de régulation renforcé et rigoureux. Grâce à cette évolution, seuls les bureaux de change qui figurent sur le site officiel de la banque centrale auront désormais l’autorisation d’exercer légalement leurs activités. 

Cette mesure vise à établir des normes strictes de conformité et à garantir que toutes les transactions effectuées dans le secteur des devises respectent les réglementations en vigueur. De plus, toute activité non licenciée sera considérée comme une infraction grave, passible de sanctions sévères, ce qui souligne l’engagement définitif de la CBN à lutter contre les pratiques illicites et à renforcer la confiance du public dans le marché des devises nigérian.

Parmi les 82 opérateurs agréés que l’on retrouve sur le marché, deux ont réussi à se démarquer suffisamment pour être classés comme Tier 1, tandis que 80 autres sont regroupés en Tier 2, une distinction qu’on accorde en fonction de leur niveau de capitalisation financière. Cette catégorisation n’est pas à prendre à la légère : elle a pour but de s’assurer que la taille des bureaux de change, ainsi que leur capacité financière, soient en adéquation avec les exigences strictes de supervision et de conformité réglementaire, ce qui a pour effet de réduire considérablement les risques associés aux pratiques non réglementées qui peuvent nuire à la stabilité du marché.

Derrière cette réforme se dessine un enjeu économique de grande envergure. En effet, depuis plusieurs années, la monnaie nationale, le naira, fait face à une pression grandissante, alimentée non seulement par une demande accrue de devises étrangères, mais également par la prolifération inquiétante d’opérateurs informels qui opèrent en dehors des cadres réglementaires. 

Dans ce contexte, la régulation des bureaux de change (BDC) s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus globale visant à assainir le marché des changes, à protéger les consommateurs laissant de plus en plus leurs finances à la merci de fluctuations incontrôlées, et à restaurer la confiance des investisseurs qui, souvent, rechignent à s’engager dans un environnement financièrement instable. En limitant le rôle du marché parallèle, la Banque centrale du Nigeria (CBN) espère ainsi stabiliser la monnaie nationale, tout en améliorant la fluidité des flux de devises, ce qui est crucial pour la santé économique du pays à long terme.

Pour les opérateurs agréés, cette licence représente non seulement une reconnaissance officielle de leur compétence et de leur conformité aux normes établies, mais elle ouvre également la voie à une activité pleinement encadrée, où les réglementations et les contrôles stricts garantissent un environnement de travail juste et réglementé.

 Pour les consommateurs, cette licence constitue une garantie de sécurité, leur offrant l’assurance que les services auxquels ils ont accès répondent à des critères rigoureux de qualité et de transparence, ce qui instille un sentiment de confiance dans leurs transactions. Et pour l’économie dans son ensemble, elle symbolise un pas concret vers un système financier plus robuste, moderne et résilient face aux défis mondiaux, signalant un engagement envers l’innovation et l’intégrité.

Au-delà des frontières nigérianes, cette initiative ambitieuse s’inscrit dans une tendance africaine plus large, illustrant un mouvement collectif vers des pratiques financières plus responsables : plusieurs banques centrales du continent renforcent leur contrôle sur les marchés de change afin de lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux, tout en favorisant l’intégration financière régionale qui est essentielle pour la croissance collective.

 En tant que première économie d’Afrique, le Nigéria entend non seulement montrer la voie en matière de réglementation, mais également démontrer que régulation et transparence peuvent aller de pair avec un dynamisme économique vital, créant ainsi des opportunités tant pour les investisseurs nationaux qu’internationaux, tout en consolidant sa position dans l’économie mondiale.

En agréant un total impressionnant de 82 bureaux de change tout en instaurant des niveaux de capitalisation rigoureux, la Banque Centrale du Nigéria (CBN) ne se limite pas simplement à mettre de l’ordre dans son marché des devises, mais elle élabore également une feuille de route ambitieuse qui vise à transformer son secteur financier en un modèle modernisé. Dans cette vision, la confiance et la sécurité, qui sont des éléments essentiels du bon fonctionnement d’un système économique, redeviennent les maîtres-mots supposés garantir non seulement la stabilité économique, mais aussi l’intégration harmonieuse des acteurs financiers. 

Pour les observateurs et analystes africains, cette initiative constitue un signal fort et révélateur, indiquant que le Nigéria s’engage résolument sur la voie des meilleures pratiques internationales. Cela témoigne de la détermination du pays à prendre des mesures concrètes et pragmatiques pour stabiliser sa monnaie, tout en renforçant la résilience et l’efficacité de son système financier, créant ainsi un environnement propice à l’investissement et à la croissance économique durable.

Moussa KONÉ 

L’UEMOA CELEBRE LA JOURNEE REGIONALE DE LA STATISTIQUE

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) organise la Journée Régionale de la Statistique de l’UEMOA (JRS), le 10 décembre 2025 à partir de 9h à l’hôtel Lancaster Ouaga 2000 de Ouagadougou.

L’objectif global de cette Journée est de contribuer à la promotion de la culture statistique et à la visibilité des productions statistiques de la Commission de l’UEMOA et de ses partenaires.

Le programme de cette célébration prévoit une conférence-débat sur le thème : « Tirer parti des innovations en matière de données et de statistiques pour promouvoir une société juste, pacifique, inclusive et prospère pour les Africains ».

Une présentation des plateformes de diffusion des données statistiques de la Commission de l’UEMOA et des Instituts Nationaux de la Statistique des Etats membres est également prévue.

Des responsables des Organes et Institutions de l’Union, des représentants des Organisations internationales et des Instituts Nationaux de la Statistique des Etats membres de l’UEMOA ainsi que des Partenaires Techniques et Financiers participent à cette deuxième Journée Régionale de la Statistique.

Ouagadougou, le 08 décembre 2025

La Direction de la Communication 

Au Bénin, la tentative de Coup d’État secoue les marchés internationaux : l’eurobonds reçoit des contrastes négatifs

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Bénin, la tentative de coup d’État déjouée ce dimanche, un événement qui a secoué le paysage politique du pays, n’a pas tardé à susciter une réaction immédiate sur les marchés internationaux, marquant une dynamique d’incertitude et de réaction rapide des investisseurs. 

Ainsi, ces derniers, habituellement très sensibles aux risques politiques qui peuvent émerger en Afrique de l’Ouest, ont rapidement sanctionné les eurobonds du pays dès l’ouverture des échanges ce lundi matin, témoignant ainsi de leur préoccupation face à la stabilité politique de la région. Toutefois, au fil de la journée, une certaine correction des prix a pu être observée, permettant aux marchés de se stabiliser quelque peu malgré l’inquiétude ambiante.

Selon les données pertinentes fournies par Tradeweb, les eurobonds béninois arrivant à échéance en 2052 ont connu une chute notable, reculant jusqu’à 1,8 centime pour tomber à 88,04 centimes d’euro, ce qui souligne l’impact direct de la crise sur la perception des investisseurs. De même, les titres libellés en dollars ont suivi une tendance similaire, enregistrant une perte d’environ 1,5 centime face au dollar, ce qui illustre la réaction des marchés envers la situation politique du pays. 

Cependant, il est important de noter que les maturités les plus longues ont montré une certaine résilience en réduisant leurs pertes tout au long de la séance, ce qui témoigne du fait que les investisseurs ont rapidement intégré la fin de la menace de coup d’État. En conséquence, les obligations arrivant à échéance en 2038 et au-delà n’ont finalement cédé qu’un peu plus d’un centime chacune, suggérant ainsi un regain de confiance à mesure que la situation évolue et que la stabilité politique semble se retrouver sur le chemin de la normalité.

Pour BMI, la filiale de Fitch Solutions, qui a été citée par l’agence de presse Reuters dans ses analyses récentes sur la situation politique au Bénin, cet épisode tumultueux pourrait néanmoins avoir des conséquences néfastes sur l’image de stabilité qui distinguait traditionnellement le pays dans une région tournée vers l’incertitude et secouée par des coups d’État fréquents. Cette situation, selon les experts de BMI, pourrait risquer de ternir la réputation de stabilité relative du pays, ce qui est particulièrement préoccupant dans un contexte où la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux est d’une importance capitale.

 La firme a exprimé ses inquiétudes dans une note adressée à ses clients, soulignant que la perception de sécurité et de gouvernance est essentielle à la prospérité économique. Le président Patrice Talon a confirmé que l’armée avait effectivement mis en échec une opération surprise menée par un groupe de soldats, ce qui souligne les tensions internes qui peuvent émerger malgré une façade de calme.

 Malgré ce coup de semonce qui pourrait faire trembler les fondations de la confiance publique, BMI estime que les prochaines échéances démocratiques, y compris les législatives prévues pour janvier et la présidentielle pour avril, devraient se tenir comme initialement prévu. Dans cette dernière course politique cruciale, le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, est toujours considéré comme le grand favori, bénéficiant de l’appui de plusieurs factions politiques et économiques, ce qui préfigure une compétition intense dans le paysage politique du Bénin.

La tentative avortée de coup d’État au Bénin survient dans un contexte régional très préoccupant, marqué par une succession alarmante de ruptures de l’ordre constitutionnel dans plusieurs pays voisins tels que le Niger, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée, et plus récemment, la Guinée-Bissau. Ces événements soulignent une instabilité croissante en Afrique de l’Ouest, où la démocratie est mise à l’épreuve.

 En revanche, le Bénin se distingue par le fait qu’il n’a pas connu de coup d’État réussi depuis 1972, ce qui représente plus d’un demi-siècle de stabilité institutionnelle et de résilience politique, témoignant ainsi d’une volonté collective de maintenir l’ordre et la paix au sein des enjeux locaux. Malgré le choc initial provoqué par cette tentative de renversement du régime, certains experts et observateurs notent que la réaction rapide et déterminée des autorités béninoises, accompagnée du soutien de leurs partenaires régionaux, a joué un rôle crucial pour rassurer les marchés financiers et préserver la confiance des investisseurs. 

Jamie Fallon, analyste chez Tellimer, interrogé par l’agence de presse britannique, met en lumière que ce dénouement illustre « une stabilité remarquable de 53 ans dans une Afrique de l’Ouest sujette aux tentatives de coup d’État ». Il exprime également des éloges concernant le « fort engagement international en faveur de la défense de l’ordre constitutionnel », soulignant ainsi l’importance des alliances et du soutien extérieur dans la préservation de la démocratie au Bénin. Notamment, le Nigeria a agi de manière proactive en déployant des avions de chasse pour soutenir le gouvernement béninois, tandis que la CEDEAO, consciente des enjeux régionaux, a ordonné l’envoi immédiat de troupes composées de soldats du Nigeria, de la Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire, avec l’objectif de rétablir et de maintenir l’ordre dans le pays.

Si l’épisode d’instabilité a mis en lumière la vulnérabilité politique de la région, il est intéressant de noter que la réaction modérée mais immédiate des marchés financiers souligne de manière significative l’importance cruciale de la stabilité institutionnelle pour la solidité et la renommée de l’économie béninoise. En effet, le rétablissement rapide des prix obligataires témoigne vivement de la confiance persistante des investisseurs, qui continuent de considérer le Bénin comme l’une des économies les plus résilientes et prometteuses d’Afrique de l’Ouest, malgré les défis actuels. Cette résilience pourrait être interprétée comme un signe encourageant pour les acteurs économiques. 

Notons que dans les mois qui précèdent les échéances électorales, le gouvernement devra redoubler d’efforts pour non seulement préserver, mais aussi renforcer cette crédibilité, car un tel maintien est essentiel dans un contexte où les marchés internationaux scrutent de près chaque signe potentiel de fragilité politique ou d’incertitude qui pourrait apparaître. La vigilance et la prudence seront donc des alliées indéfectibles pour naviguer dans cette période délicate.

Abdoulaye KONÉ