(CROISSANCE AFRIQUE)-La Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI) de référence au Sénégal et dans l’UEMOA, CGF Bourse, a organisé un événement marquant ce jeudi 10 septembre, dans le cadre prestigieux de La Résidence, située à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Cette rencontre a rassemblé des investisseurs institutionnels ivoiriens autour d’une initiative cruciale : le financement de 60 milliards de FCFA d’obligations durables, dont l’émission est prévue pour s’ouvrir le 7 octobre. Ce projet ambitieux s’accompagne d’un label durable, un aspect essentiel qui nécessite encore une large acceptation parmi les acteurs du marché.
En tant qu’arrangeur principal et chef de file de cette opération, CGF Bourse a orchestré avec soin cette étape abidjanaise du roadshow pour promouvoir l’emprunt obligataire durable de Shelter Afrique Development Bank (ShafDB). Ce roadshow, qui s’est déroulé sous la forme d’un afterwork de trois heures, sur invitation, a été spécifiquement conçu pour attirer un public ciblé, comprenant des gérants d’OPCVM, des assureurs et des trésoriers institutionnels de la place ivoirienne. Ce choix stratégique n’est pas anodin, car il reflète la volonté de CGF Bourse de s’adresser à des investisseurs qui, bien que souvent perçus comme un canal d’appoint, jouent un rôle crucial dans le financement de projets durables et dans la transformation du paysage économique en Côte d’Ivoire.
L’événement a permis de mettre en lumière les enjeux liés à la durabilité et à l’impact social des investissements, tout en offrant une plateforme d’échange et de dialogue entre les différents acteurs du secteur financier. Les participants ont pu discuter des opportunités offertes par les obligations durables, ainsi que des défis à relever pour assurer leur succès sur le marché. Ainsi, CGF Bourse s’affirme comme un acteur clé dans la promotion de l’investissement responsable, tout en contribuant à la croissance économique de la région UEMOA. Kalidou Diallo, le directeur général de CGF Bourse, reconnu pour son leadership exceptionnel qui a valu à son entreprise le titre de meilleure Société de Gestion d’Investissement (SGI) de l’UEMOA en 2025 et 2026, ouvre la soirée avec une approche directe et sans embellissements. Dans un discours empreint de gratitude, il commence par exprimer ses remerciements sincères à ses partenaires du syndicat de placement, soulignant l’importance cruciale de la collaboration dans le domaine financier. Il établit alors le cadre de la discussion, affirmant avec conviction que sur des opérations d’une telle envergure, il est impossible de réussir en solitaire. « Une seule SGI comme CGF Bourse ne peut pas réussir », déclare-t-il avec fermeté. « Nous sommes tous solidaires », insiste-t-il, mettant en lumière l’esprit d’équipe et la nécessité d’une synergie entre les acteurs du marché.
Le choix d’Abidjan comme lieu de cette rencontre n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt une décision stratégique. « Abidjan, c’est une place financière », affirme-t-il avec assurance. « On ne peut pas le définir autrement. C’est là que se trouve le régulateur, la commission bancaire, la bourse, le dépositaire central. » Il souligne également le dynamisme économique ivoirien, qui contribue à faire d’Abidjan un carrefour incontournable pour les affaires et les investissements en Afrique de l’Ouest.
Pour illustrer son propos, il partage une anecdote révélatrice qui témoigne de l’impact significatif des sociétés de gestion dans la mobilisation des ressources. Une expérience récente a démontré à CGF Bourse combien ces entités peuvent jouer un rôle déterminant dans le paysage financier. Cet épisode a laissé une leçon précieuse : les gérants d’OPCVM ne sont plus seulement des interlocuteurs parmi d’autres, mais des partenaires essentiels dans la dynamique de financement et d’investissement. Cette transformation souligne l’évolution du secteur, où la collaboration et l’engagement collectif sont désormais plus que jamais nécessaires pour naviguer dans un environnement financier complexe et en constante évolution.
Vient le tour de l’émetteur, et l’attente dans la salle est palpable. Shelter Afrique n’est pas un inconnu de l’UEMOA : l’institution a déjà émis cinq fois sur ce marché, la première remontant à 2014 avec, déjà, CGF Bourse comme arrangeur. Cette expérience passée lui confère une certaine légitimité, mais ce soir, l’atmosphère est différente, chargée d’anticipation et d’espoir.
Mais la banque qui s’est présentée ce soir-là n’est plus tout à fait la même. Créée il y a plus de quatre décennies, elle est désormais détenue par 44 États africains, aux côtés de la Banque Africaine de Développement (BAD) et d’Africa Re, témoignant d’une solidarité continentale sans précédent. En juin dernier, à Rabat, elle a achevé une transformation majeure en se métamorphosant en banque de développement, un changement de nom qui symbolise bien plus qu’une simple évolution de façade. Une transformation que son directeur général, Thierno-Habib Hann, décrivait cet été dans les colonnes de Forbes Afrique comme tout sauf cosmétique : élargissement du mandat, refonte de la relation actionnariale, gouvernance renforcée, autant d’éléments qui témoignent d’une volonté de s’inscrire durablement dans le paysage économique africain.
À Abidjan, la délégation a repris les mêmes marqueurs, dont une augmentation de capital destinée à tripler les fonds propres sur un horizon de trois à cinq ans. Cette stratégie audacieuse vise à renforcer la capacité d’intervention de Shelter Afrique, lui permettant ainsi de financer des projets d’infrastructure essentiels à la croissance des pays membres. Le message adressé aux investisseurs tient en une phrase : nous ne sommes pas là pour une opération ponctuelle, mais pour bâtir un avenir solide et durable. Les regards se croisent, les murmures s’intensifient, et l’engagement de Shelter Afrique à jouer un rôle clé dans le développement économique de la région résonne comme un écho d’espoir dans cette salle, marquant le début d’une nouvelle ère pour l’institution.
Côté financement, la banque souligne avec une certaine assurance qu’elle pourrait envisager de se tourner vers ses partenaires multilatéraux habituels, des institutions qui ont fait leurs preuves dans le soutien financier à des projets de grande envergure. En effet, si elle choisit de faire son apparition sur le marché régional, c’est également dans le but de lever des fonds en monnaie locale, répondant ainsi aux besoins spécifiques des promoteurs et des institutions financières qu’elle finance. Cette approche vise à minimiser le risque de change pour ses clients, leur offrant ainsi une plus grande sécurité dans un environnement économique souvent volatile.
En ce qui concerne la structure de l’opération, celle-ci a été soigneusement élaborée et présentée par l’équipe de banque d’affaires de CGF Bourse, qui joue un rôle crucial dans le paysage financier de la région. Cette institution, la SGI dakaroise, a été un acteur clé sur le marché de l’UEMOA depuis la première émission de l’institution en 2014, apportant son expertise et sa connaissance approfondie des dynamiques de marché. Le montant recherché pour cette opération s’élève à 60 milliards de FCFA, répartis en deux tranches distinctes. La première tranche, d’une durée de 5 ans, est assortie d’un coupon annuel de 6,10 %, tandis que la seconde, d’une durée de 7 ans, propose un taux légèrement supérieur de 6,30 %. Chacune de ces tranches est dotée d’un différé de deux ans concernant le remboursement du capital, offrant ainsi une flexibilité appréciable aux investisseurs. La valeur nominale de chaque titre est fixée à 10 000 FCFA, ce qui permet d’attirer un large éventail d’investisseurs.
De plus, le papier émis est estampillé comme étant durable, ce qui témoigne de l’engagement de la banque envers des pratiques financières responsables et respectueuses de l’environnement.
Notons que les intervenants insistent sur le sérieux et la rigueur du montage financier, affirmant qu’il est en conformité avec le référentiel de l’AMF-UMOA sur les obligations. Cette conformité est essentielle pour garantir la transparence et la fiabilité de l’opération, rassurant ainsi les investisseurs potentiels sur la solidité de l’initiative et son alignement avec les normes régionales.
Moussa KONÉ

