(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique, l’investisseur Developing World Markets (DWM) a fait une annonce significative à la fin du mois d’août, révélant la mise en place d’une facilité de crédit senior garantie d’un montant impressionnant de 80 millions de rands, ce qui équivaut à environ 5 millions de dollars américains.
Ce financement est destiné à Spark Energy Services, une plateforme de financement innovante gérée par Camco, qui se concentre sur la promotion de solutions énergétiques durables. Les fonds alloués à ce projet sont spécifiquement conçus pour soutenir des initiatives de projets solaires d’autoproduction, visant à répondre aux besoins énergétiques des entreprises commerciales et industrielles à travers le continent africain.
Ce prêt, bien que libellé en rands, est particulièrement intéressant car il provient d’un investisseur international et ne nécessite pas de couverture de change. DWM a précisé que cette structure de financement a été soigneusement élaborée pour s’aligner sur le profil de revenus d’un projet majeur de Spark en Afrique du Sud. Cela signifie que la dette contractée sera remboursée dans la même monnaie que celle générée par l’actif, ce qui réduit les risques financiers associés aux fluctuations des taux de change.
Cette initiative de DWM arrive à un moment crucial, alors que l’accès au financement local demeure un défi majeur pour de nombreux projets solaires décentralisés sur le continent africain. Dans son rapport intitulé « Financing Electricity Access in Africa », l’Agence internationale de l’énergie a souligné les obstacles persistants auxquels font face les projets d’énergie renouvelable, notamment le manque de ressources financières adéquates et les complexités réglementaires. En facilitant l’accès à des financements adaptés, DWM et Spark Energy Services ouvrent la voie à une transition énergétique plus durable et accessible, contribuant ainsi à l’essor des énergies renouvelables en Afrique.
Les financements concessionnels internationaux offrent généralement de meilleures conditions, mais l’AIE souligne qu’ils sont presque toujours libellés en dollars ou en euros. Lorsque les revenus du projet sont encaissés en monnaie locale, le risque de change est alors transféré au développeur. Le rapport note que les instruments de couverture peuvent le réduire, mais leur coût et leur complexité restent importants, notamment pour les petites entreprises locales.
Le financement accordé à Spark essaye donc de faire face à ces deux contraintes. Il mobilise du capital international tout en maintenant la dette dans la monnaie des revenus du projet. Son taux d’intérêt et sa maturité n’ont toutefois pas été communiqués, ce qui ne permet pas d’évaluer son coût par rapport aux financements locaux.
À fin 2025, Spark gérait 28 millions USD d’actifs, avait soutenu 27 entreprises C&I et travaillait avec 15 partenaires développeurs. Son portefeuille comptait 8,4 MWp de capacités renouvelables opérationnelles ou en construction, tandis que la plateforme peut financer jusqu’à 100 % du coût initial des installations développées avec ses partenaires locaux

