(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Zimbabwe, le groupe minier Tharisa a annoncé avec enthousiasme, le vendredi 11 septembre, la réussite d’un placement d’une obligation senior garantie, un événement marquant qui vise à mobiliser un financement considérable de 300 millions USD.
Ces fonds, d’une importance cruciale, sont destinés principalement à soutenir la construction de la future mine de métaux de groupe platine (MGP) Karo, un projet ambitieux que Tharisa développe avec détermination dans ce pays riche en ressources naturelles.
Le projet Karo est porté par Karo Mining Holdings, qui détient une part majoritaire de 85 % dans l’entreprise, tandis que Tharisa, en tant que principal actionnaire, possède une participation significative de 78,81 %. Cette collaboration stratégique entre les deux entités souligne l’engagement de Tharisa envers le développement minier durable et l’exploitation responsable des ressources. La mise en production de la mine est prévue pour le quatrième trimestre de 2027, avec une capacité de production impressionnante, atteignant à terme 226 000 onces de MGP par an, ce qui pourrait avoir un impact significatif sur l’économie locale et nationale.
Lors de la signature, en août, du bail minier conclu entre le projet et l’État zimbabwéen, il avait été souligné que Karo avait déjà bénéficié d’investissements substantiels à hauteur de 240 millions USD. Cette nouvelle opération menée par Tharisa s’inscrit donc dans une dynamique de financement continue, visant à garantir la poursuite des travaux nécessaires à la réalisation de ce projet d’envergure. L’aboutissement de cette initiative pourrait non seulement renforcer la position de Tharisa sur le marché mondial des métaux précieux, mais également contribuer au développement économique du Zimbabwe, en créant des emplois et en stimulant les infrastructures locales.
La société fait état d’une opération ayant suscité l’intérêt d’une large base d’investisseurs répartis en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, témoignant ainsi de l’attractivité croissante de ses projets. Cette opération, qui s’inscrit dans une stratégie de financement ambitieuse, est particulièrement significative dans le contexte actuel des marchés financiers. Le règlement de l’obligation est attendu le 24 septembre, sous réserve de la satisfaction des conditions suspensives, ce qui souligne l’importance d’une gestion rigoureuse des délais et des engagements. Dans l’intervalle, le montant mobilisé, qui représente une somme considérable, sera placé sous séquestre, garantissant ainsi la sécurité des fonds avant d’être versé au groupe une fois les conditions de libération remplies.
Pour Tharisa, cette opération doit contribuer à réduire les risques associés au développement de Karo, un projet stratégique qui vise à exploiter les ressources minérales de manière durable et efficace. Ce projet est d’une importance capitale pour l’avenir de l’entreprise, tout en ouvrant une nouvelle phase de croissance pour le groupe, dont les activités s’étendent aussi à l’Afrique du Sud, un marché riche en opportunités.
« En fixant les conditions de notre première émission obligataire de 300 millions de dollars américains, nous avons non seulement réduit les risques associés au projet Karo Platinum, mais nous avons également ouvert la dynamique de croissance de Tharisa à une nouvelle base d’investisseurs internationaux avertis. Ces capitaux nous permettent d’aborder la phase de construction avec une confiance renouvelée, en renforçant notre position sur le marché et en soutenant nos ambitions d’expansion. Cette démarche stratégique illustre notre engagement envers l’innovation et la durabilité, tout en répondant aux attentes croissantes des investisseurs pour des projets responsables et rentables. »
Au-delà des ambitions de son promoteur, le développement de Karo doit également permettre d’ajouter de nouvelles capacités de production à une filière minière stratégique pour le Zimbabwe, un pays riche en ressources naturelles. En effet, les métaux du groupe du platine, qui incluent des éléments essentiels tels que le palladium et le rhodium, figurent aux côtés de l’or, du lithium et du chrome parmi les principaux produits miniers exportés par le pays. Ces ressources sont non seulement vitales pour l’économie zimbabwéenne, mais elles jouent également un rôle crucial dans le marché mondial, où la demande pour ces métaux ne cesse d’augmenter, notamment en raison de leur utilisation dans les technologies de pointe et les véhicules électriques. Harare, la capitale, doit également bénéficier de la concrétisation du projet grâce à sa participation gratuite de 15 %, ce qui représente une opportunité significative pour le développement économique local et l’amélioration des infrastructures.
Notons que Karo est par ailleurs appelé à générer plus de 3 000 emplois, offrant ainsi des perspectives d’emploi pour de nombreuses familles et contribuant à la réduction du taux de chômage dans la région. Ce projet pourrait transformer non seulement le paysage économique du Zimbabwe, mais aussi améliorer la qualité de vie de ses citoyens en stimulant des initiatives locales et en favorisant un développement durable.
Korotoumou Sylla

