Au Nigeria, les autorités envisagent de bloquer les appareils non enregistrés sur ses réseaux

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, la Commission nigériane des communications (NCC) a pris une initiative significative en annonçant, le mercredi 9 septembre, le déploiement d’un système innovant destiné à identifier les appareils utilisant une carte SIM, y compris les smartphones et les tablettes, avant leur mise sur le marché. 

Ce dispositif ambitieux a pour objectif de renforcer la sécurité des réseaux de télécommunications du pays en empêchant les terminaux non enregistrés de fonctionner sur ces réseaux, garantissant ainsi une meilleure protection contre les fraudes et les abus.

La NCC a fixé une échéance précise au 6 octobre 2026 pour l’enregistrement des appareils déjà en stock, une décision qui fait suite à un délai supplémentaire accordé aux fabricants, importateurs et distributeurs pour se conformer à cette nouvelle réglementation. Cette mesure vise particulièrement les équipements qui ne respectent pas les normes en vigueur, ceux qui ont été importés illégalement ou qui sont déclarés volés, contribuant ainsi à un environnement commercial plus sûr et plus transparent.

Le dispositif repose sur un système de gestion des appareils mobiles (DMS), qui est étroitement lié à un Central Equipment Identity Register (CEIR). Ce registre joue un rôle crucial en centralisant les numéros IMEI des équipements mobiles, permettant ainsi une identification rapide et efficace des appareils sur le réseau. La NCC a précisé que tous les appareils importés devront être dûment enregistrés avant leur vente, et que ceux qui ne respecteront pas cette obligation ne pourront pas fonctionner sur les réseaux nigérians, ce qui pourrait avoir des implications importantes pour les consommateurs et les entreprises. Cette initiative marque une étape importante dans la régulation du secteur des télécommunications au Nigeria, visant à améliorer la sécurité et la conformité des appareils utilisés dans le pays.

Le dispositif doit également permettre de lutter contre le marché parallèle, un défi majeur dans le secteur des technologies de communication. La première phase de cette initiative prévoit un processus rigoureux d’enregistrement des appareils déjà présents dans les stocks, ainsi que l’enregistrement et l’authentification des nouveaux équipements importés. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, la Commission nationale des communications (NCC) collabore étroitement avec les douanes nigérianes, les fabricants, les importateurs et les associations professionnelles, créant ainsi un réseau de coopération qui vise à renforcer la transparence et la traçabilité des appareils. De plus, les équipements déclarés volés pourront par ailleurs être bloqués sur les réseaux mobiles nationaux, une mesure qui vise à dissuader le vol et à protéger les consommateurs.

Cette évolution s’inscrit dans un chantier engagé en 2024, une année charnière pour la réglementation des télécommunications au Nigeria. Les règles commerciales d’homologation publiées cette année-là ont fourni le cadre réglementaire nécessaire pour la création du Registre central des équipements (CEIR), un outil essentiel pour la gestion des appareils mobiles. La NCC a ensuite conduit des consultations approfondies et des études de marché avant le déploiement du système, s’assurant ainsi que les besoins des utilisateurs et des acteurs du marché soient pris en compte.

Un marché de l’occasion à mieux contrôler représente un enjeu particulièrement important dans un pays où le marché des appareils d’occasion est développé. Selon la GSMA, 18 % des personnes interrogées au Nigeria avaient acheté leur téléphone auprès de revendeurs ou de particuliers, soulignant l’importance d’un cadre réglementaire solide pour garantir la qualité et la légitimité des appareils en circulation. En renforçant les mesures de contrôle et d’authentification, la NCC espère non seulement protéger les consommateurs, mais aussi favoriser un environnement commercial plus équitable et transparent, réduisant ainsi l’impact du marché parallèle sur l’économie nigériane.

Le Nigeria n’est pas le premier pays africain à adopter l’IMEI comme un outil essentiel pour le contrôle et la gestion du parc d’équipements mobiles. En Tanzanie, par exemple, la législation en vigueur depuis plusieurs années a établi un système de Registre Central des Équipements de Communication (CEIR), qui comprend des mécanismes tels qu’une liste blanche, une liste noire et une liste grise. Ce système exige que les opérateurs de télécommunications transmettent au registre des informations cruciales, associant chaque numéro d’abonné à son IMEI respectif. Ainsi, les téléphones déclarés perdus ou volés peuvent être rapidement identifiés et placés sur la liste noire, empêchant leur utilisation sur les réseaux de téléphonie mobile.

De manière similaire, le Ghana a également entrepris une initiative visant à renforcer la sécurité des appareils mobiles. Son régulateur des télécommunications a prévu l’implémentation d’un CEIR qui permettra non seulement de bloquer les téléphones volés, mais aussi de détecter les appareils contrefaits ou introduits illégalement sur le marché. Ce dispositif est conçu pour identifier les équipements qui pourraient être liés à des activités frauduleuses, contribuant ainsi à la lutte contre la criminalité dans le secteur des télécommunications. 

Notons que cette initiative sera intégrée au nouveau système d’enregistrement des cartes SIM, garantissant que chaque appareil mobile soit dûment enregistré et suivi, renforçant ainsi la sécurité et la transparence dans l’utilisation des services de communication au Ghana.

Korotoumou Sylla 

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