Au Cameroun, les sociétés de télécoms sont encouragés à continuer l’expansion du réseau

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, les opérateurs télécoms ont été appelés par le régulateur à poursuivre leurs efforts en faveur de l’extension de la couverture réseau vers les zones encore mal desservies, une démarche cruciale dans un pays où l’accès à la technologie et à la communication est fondamental pour le développement socio-économique. 

Cette initiative vise à réduire la fracture numérique qui persiste entre les zones urbaines et rurales, garantissant ainsi à chaque citoyen, où qu’il se trouve sur le territoire, un accès équitable aux services de communications électroniques. L’objectif est de s’assurer que même les populations vivant dans des régions éloignées et souvent négligées puissent bénéficier des avantages de la connectivité, favorisant ainsi l’inclusion numérique et l’égalité des chances.

Le sujet de l’extension de la couverture réseau était l’une des problématiques majeures à l’ordre du jour lors d’une séance de travail qui s’est tenue le jeudi 10 septembre. Cette réunion a rassemblé des acteurs clés du secteur, notamment l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), en présence des directeurs généraux de deux des plus grands opérateurs du pays, MTN Cameroon, représenté par Wanda Matandela, et Orange Cameroun, dirigé par Patrick Benon. La réunion a été présidée par Philémon Zoo Zame, le directeur général du régulateur, qui a souligné l’importance de cette initiative pour le développement économique et social du pays. 

Malgré les progrès réalisés, la couverture réseau demeure encore inégale, avec certaines régions qui continuent de souffrir d’un manque d’infrastructure adéquate. Cela soulève des questions sur l’équité d’accès aux services numériques, qui sont devenus essentiels dans le monde moderne, tant pour les affaires que pour l’éducation et la santé. Les discussions lors de cette séance de travail ont donc porté sur les stratégies à adopter pour surmonter ces défis, en mettant l’accent sur l’importance d’un partenariat entre le régulateur et les opérateurs afin de garantir que tous les Camerounais puissent bénéficier des avancées technologiques.

La couverture du réseau télécoms représente un enjeu crucial et stratégique pour les autorités camerounaises, qui ont placé ce projet parmi leurs priorités dans le secteur des communications électroniques. En effet, selon les données récentes de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), il est alarmant de constater qu’environ 12,2 % de la population camerounaise, qui s’élève à environ 29,9 millions d’habitants, n’était toujours pas couverte par le réseau 2G en 2025. Cette situation est encore plus préoccupante pour les technologies plus avancées, telles que la 4G et la 5G, où la proportion de la population non desservie atteint un impressionnant 25 %. À ce jour, la 5G n’a pas encore été déployée commercialement dans le pays, ce qui souligne l’urgence d’agir pour réduire cette fracture numérique.

Pour étendre la couverture réseau, les opérateurs télécoms doivent entreprendre des travaux d’envergure, notamment l’installation de nouveaux sites télécoms dans les zones encore non couvertes. Ce processus complexe commence par l’identification minutieuse des emplacements appropriés, qui doivent être stratégiquement choisis pour maximiser la portée et l’efficacité du réseau. Une fois ces emplacements déterminés, les opérateurs procèdent à l’installation de pylônes ou de mâts, éléments essentiels pour la diffusion des signaux radio. Ensuite, la mise en place des équipements radio, qui jouent un rôle fondamental dans la transmission des données, s’avère indispensable.

Après l’installation, les opérateurs doivent raccorder ces nouveaux sites à leur réseau existant. Ce raccordement se fait généralement par le biais de la fibre optique, qui offre une bande passante élevée et une transmission rapide des données, ou par faisceau hertzien, une solution souvent utilisée dans les zones où l’installation de câbles est difficile. Dans certaines régions plus isolées, la liaison satellitaire peut également être envisagée pour garantir une connectivité. Ces infrastructures complexes nécessitent également une alimentation électrique fiable, des équipements de transmission adaptés, ainsi que des systèmes de supervision et de maintenance pour assurer un fonctionnement optimal et continu. L’ensemble de ce processus est non seulement vital pour améliorer l’accès aux services de communication, mais il est également essentiel pour le développement économique et social du Cameroun, permettant ainsi à chaque citoyen de bénéficier des avancées technologiques de notre époque.

La qualité de service, un autre enjeu majeur, représente un défi crucial pour les opérateurs de télécommunications, surtout dans un contexte où l’extension du réseau est en pleine expansion. Au-delà de la simple couverture géographique, il est impératif que ces opérateurs se concentrent sur l’amélioration de la qualité des services fournis dans les nouvelles zones couvertes. Cette préoccupation est d’autant plus pressante qu’elle constitue l’une des principales inquiétudes du secteur au Cameroun, tant pour les consommateurs que pour les autorités réglementaires. 

Les consommateurs camerounais expriment souvent leur mécontentement face aux interruptions fréquentes des services, qui perturbent leur quotidien, ainsi qu’aux difficultés rencontrées pour émettre des appels. De plus, l’instabilité de la connexion Internet et la baisse des débits sont des problèmes récurrents qui nuisent à l’expérience utilisateur. Ces frustrations soulignent l’importance d’une infrastructure fiable et d’un service client réactif, capable de répondre aux attentes croissantes des usagers.

La qualité de service et l’expérience client sont des éléments déterminants qui influencent non seulement l’adoption des services télécoms, mais aussi leur utilisation régulière lorsque le réseau est effectivement disponible. En effet, même si un réseau est étendu, la satisfaction des utilisateurs dépendra de la fiabilité et de la performance des services offerts. Par ailleurs, d’autres facteurs entrent en jeu dans les décisions des consommateurs, tels que le prix des smartphones et des appareils compatibles, le coût des communications, ou encore les forfaits Internet. L’adéquation des offres aux besoins spécifiques et aux revenus des populations locales est également cruciale. Ces éléments, combinés à la nécessité d’une qualité de service irréprochable, façonnent le paysage des télécommunications au Cameroun et déterminent la confiance des utilisateurs envers les opérateurs.

Pour rappel, les données fournies par DataReportal révèlent une réalité numérique en pleine évolution au Cameroun, où, à la fin de l’année 2025, on estime que 12,6 millions de personnes auront accès à Internet. Ce chiffre impressionnant représente un taux de pénétration de 41,9 %, ce qui témoigne d’une adoption croissante des technologies numériques dans le pays. En parallèle, le secteur de la téléphonie mobile connaît également une expansion remarquable, avec 29 millions d’abonnements mobiles recensés, ce qui correspond à un taux de pénétration de 96,4 %. Cependant, il est crucial de noter que ce chiffre, bien que révélateur de l’ampleur des abonnements, ne permet pas de déterminer avec précision le nombre d’individus réellement utilisateurs des services mobiles. En effet, une même personne peut posséder plusieurs cartes SIM enregistrées à son nom, ce qui complique l’évaluation de l’utilisation effective des services. 

Notons que cette dynamique soulève des questions importantes sur la manière dont les Camerounais interagissent avec la technologie et sur les implications de cette multiplicité d’abonnements dans le paysage numérique du pays.

Zangouna KONÉ 

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