(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali , la salle de conférence de l’hôtel de l’amitié a été le théâtre d’un événement marquant, accueillant la double célébration du 50ème anniversaire de l’Institut du Sahel (INSAH) et de la 41ème journée du Comité permanent Inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le samedi 12 septembre 2026.
Cet événement prestigieux s’est déroulé sous le thème évocateur : « Contribution du CILSS à la mise en œuvre des réglementations régionales sur les intrants agricoles et la santé des plantes au Sahel et en Afrique de l’Ouest ». La cérémonie, empreinte de solennité et d’espoir, a été présidée par Dr Ibrahima Samaké, le Ministre de l’agriculture, qui a su rassembler autour de lui des figures éminentes du secteur agricole et des représentants de divers pays de la région. À ses côtés, Dr Abdoulaye Mohamadou, Secrétaire exécutif du CILSS, et le Directeur Général de l’INSAH, Dr Hubert N’djafa Ouaga, ont également pris part à cette célébration, témoignant de l’importance cruciale de la coopération régionale dans la lutte contre la sécheresse et la promotion de la sécurité alimentaire.
Dans son discours, le secrétaire exécutif a exprimé sa profonde gratitude envers les plus hautes Autorités du Mali, le Gouvernement et le peuple malien pour leur hospitalité renouvelée, soulignant que chaque anniversaire représente une occasion précieuse de se souvenir des luttes passées, de rendre hommage aux réalisations, de faire un bilan des progrès réalisés et de se projeter avec détermination vers l’avenir. Il a évoqué les défis persistants auxquels le Sahel est confronté, tout en mettant en lumière les avancées significatives réalisées grâce aux efforts conjoints des États membres et des partenaires internationaux. La célébration a été ponctuée de moments forts, de témoignages inspirants et de réflexions sur les stratégies à adopter pour renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique, tout en garantissant une agriculture durable et une gestion efficace des ressources naturelles.

Il a tenu à rendre hommage aux pères fondateurs du CILSS, ces visionnaires dont l’engagement et l’innovation ont été les pierres angulaires d’un instrument de coopération technique et scientifique qui a su s’adapter aux défis contemporains. Leur vision pionnière a permis à la région de bénéficier d’outils essentiels pour faire face aux crises qui menacent la sécurité alimentaire et la durabilité environnementale. À l’heure où le dérèglement climatique planétaire s’intensifie et où les enjeux alimentaires deviennent de plus en plus pressants, la pertinence du mandat du CILSS demeure d’une grande actualité.
Cette 41ème journée du CILSS, dit-il, nous offre l’opportunité de rappeler quelques services majeurs rendus par l’institution à ses États membres. Dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, notre région ne peut plus être surprise par la sécheresse et les inondations, grâce notamment à des dispositifs régionaux tels que le dispositif régional de prévention des crises alimentaires (PREGEC) et le réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA). Ces initiatives, accompagnées de prévisions saisonnières précises et d’un cadre harmonisé, permettent une anticipation et une gestion proactive des crises.
Dans le domaine du dérèglement climatique et de la dégradation de l’environnement, une infrastructure informationnelle de pointe installée au centre régional AGRHYMET de Niamey joue un rôle crucial. Ce centre, véritable carrefour de données et d’analyses, permet de collecter, traiter et diffuser des informations vitales pour les États membres, renforçant ainsi leur capacité à répondre aux défis environnementaux croissants. Les efforts déployés par le CILSS, à travers ces initiatives, témoignent d’un engagement indéfectible envers le développement durable et la résilience des communautés face aux aléas climatiques.
Dans le domaine de la gestion de l’eau, un suivi minutieux des bassins de la région est réalisé, permettant d’évaluer l’état des ressources hydriques et d’optimiser leur utilisation. Une stratégie Sahel de l’Irrigation a été élaborée dans le cadre du forum régional, visant à répondre aux défis de l’irrigation dans un contexte climatique de plus en plus incertain. Cette initiative est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire et la durabilité des pratiques agricoles dans cette région vulnérable.
Dans le domaine du pastoralisme, en plus du suivi des ressources pastorales et des feux de brousse, un observatoire régional des élevages mobiles en Afrique de l’Ouest a été mis en place. Cet observatoire joue un rôle crucial en permettant à l’ensemble des acteurs, qu’ils soient éleveurs, chercheurs ou décideurs, de fédérer leurs actions et de partager des informations vitales pour la gestion des ressources. Cela favorise une meilleure coordination et une réponse collective face aux défis que rencontrent les éleveurs dans un environnement souvent hostile.
Dans le domaine du commerce régional, un observatoire des marchés agro-pastoraux a été instauré pour surveiller les tendances et les fluctuations des prix, garantissant ainsi une transparence et une équité dans les échanges. La première conférence sur les marchés régionaux s’est tenue ici même à Bamako en 2024, rassemblant des acteurs clés du secteur pour discuter des opportunités et des défis à venir, tout en renforçant les liens entre les différents pays de la région.
Dans le domaine de la réglementation sur les intrants agricoles, le Centre sahélien des pesticides constitue une référence incontournable, jouant un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire et la protection de l’environnement. Ce centre s’inscrit dans l’identité de l’Institut du Sahel, dont nous célébrons aujourd’hui le cinquantenaire. Cet anniversaire est l’occasion de mettre en lumière les avancées réalisées au fil des ans et de réaffirmer notre engagement envers des pratiques agricoles durables et responsables. L’ensemble de ces dispositifs, selon lui, et d’autres outils coordonnés par le CILSS, confèrent à notre institution un leadership technique régional incontesté et en font un acteur clé dans la promotion du développement durable et de la résilience face aux défis environnementaux et socio-économiques de la région.
Le Directeur Général de l’INSAH, avec une vision claire et déterminée, a récemment exprimé son engagement, ainsi que celui du secrétaire exécutif, à entreprendre une réflexion stratégique approfondie visant à repositionner l’institut dans le paysage régional de la recherche agricole. Cette initiative de réorganisation de l’Institut est cruciale, car elle vise à renforcer les liens avec les Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA) des États membres du CILSS, qui sont considérés comme de véritables partenaires stratégiques, nos « poutres grecques » sur lesquelles repose notre avenir commun. Dans ce contexte, il a été souligné l’importance de conclure un nouvel Accord-cadre de coopération scientifique et technique entre l’INSAH et les SNRA, parmi d’autres initiatives, afin de favoriser un échange de connaissances et de ressources qui pourrait transformer la recherche agricole dans la région.
En outre, le Directeur Général a saisi cette occasion pour lancer un appel pressant à nos pays, les incitant à prendre en main la question cruciale de la gestion des pesticides, qui impacte non seulement la santé de nos populations, mais également l’environnement dans lequel nous vivons. Il a insisté sur le fait que les Comités Nationaux de Gestion des Pesticides et les SP/CONACILSS doivent être pleinement mobilisés et interpellés pour jouer leur rôle essentiel dans cette lutte. En s’appuyant sur les acquis du Comité Sahélien des Pesticides (CSP), il a été mentionné que la mise en œuvre de l’Accord de coopération dans le domaine des Pesticides (COAHP) a été confiée à des entités spécifiques, soulignant ainsi l’importance d’une approche coordonnée et collaborative pour faire face à ces défis environnementaux et sanitaires.
Cette dynamique de coopération et de responsabilité collective est essentielle pour assurer un avenir durable et sain pour nos populations et nos écosystèmes. En effet, la collaboration entre les différents acteurs, qu’ils soient gouvernementaux, non gouvernementaux ou issus de la société civile, permet de créer des synergies qui renforcent les capacités d’adaptation face aux défis environnementaux croissants. Cela implique non seulement une prise de conscience des enjeux écologiques, mais également un engagement actif à mettre en œuvre des solutions innovantes et durables.
Par exemple, des initiatives locales peuvent être mises en place pour promouvoir la gestion durable des ressources naturelles, tout en intégrant les savoirs traditionnels et les pratiques culturelles des communautés. Cette approche holistique favorise un développement inclusif, où chaque individu se sent responsable et impliqué dans la préservation de son environnement.
À noter que L’INSAH, l’Institut du Sahel, a été créé le 11 décembre 1976, lors de la 6e Session ordinaire du Conseil des Ministres des Etats membres du CILSS, qui s’est tenue à N’Djamena en République du Tchad. Cette création a été officialisée par la Résolution N° 03/6/CM/76, soulignant l’importance de la coopération régionale pour faire face aux défis communs. L’INSAH a son siège permanent à Bamako, en République du Mali, comme stipulé dans la résolution N°03/CM/76.
Pour rappel, cet institut joue un rôle crucial dans la recherche et le développement de stratégies adaptées aux spécificités du Sahel, en mettant l’accent sur la sécurité alimentaire, la gestion des ressources en eau et la lutte contre la désertification. Grâce à ses actions, L’INSAH contribue à la mise en place d’un cadre de coopération solide entre les pays de la région, favorisant ainsi un avenir plus résilient pour les populations et les écosystèmes du Sahel.
Kadidia Doumbia

