(CROISSANCE AFRIQUE)-Alors que le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) célèbre 50 ans d’engagement sans relâche pour la résilience de la région, l’Institut du Sahel (INSAH) s’impose plus que jamais comme la cheville ouvrière scientifique de cette ambition commune.
À l’occasion de ce jubilé d’or, nous avons rencontré le Directeur Général de l’INSAH pour faire le bilan des décennies écoulées, mais surtout pour dresser les perspectives d’un avenir où la souveraineté alimentaire, l’adaptation au changement climatique et la recherche agricole restent des défis cruciaux.
CROISSANCE AFRIQUE : Après 50 ans d’existence de l’INSAH, quel est selon vous, le principal acquis scientifique ou institutionnel qui a le plus transformé la résilience agricole et alimentaire des populations du Sahel ?
Directeur Général : Merci Madame !
Il faut le dire clairement, l’élément moteur qui peut être mis en exergue dans cette célébration comme vous l’avez vu à travers le thème de la 41 ème journée, c’est véritablement les intrants agricoles et sur ce point l’INSAH a beaucoup travaillé, y a en plus une grande dynamique dans la région ce qui a permis à ce que les États qui ont mandaté l’INSAH pour mettre en œuvre la réglementation chez les pesticides voir aujourd’hui les retombés à travers leur politique agricole par l’utilisation des produits de qualités non nuisibles à l’environnement et à la santé humaine.
CROISSANCE AFRIQUE : À l’heure du bilan de ce cinquantenaire, quels sont les défis Émergents ou les chantiers inachevés prioritaires pour la prochaine décennie ?
DG : Eh bien, écoutez ! Toute organisation, après la célébration de son Jubilié d’or, doit se poser un certain nombre de questions et se tracer de nouvelles orientations stratégiques ou en tout cas se dégager des perspectives.
Vous l’avez suivi, les défis qui restent à relever sont immenses, mais cela passe nécessairement de mon point de vue, nous avons commencé par le faire, c’est le repositionnement de l’INSAH dans le paysage régional de la recherche agricole en s’appuyant sur les systèmes Nationaux de Recherche Agricole, y a en 13 dans nos pays et ce sont véritablement nos partenaires de premier plan.
CROISSANCE AFRIQUE : Face à l’accélération du changement climatique, comment l’INSAH compte t-il adapter ses programmes de recherche- développement pour répondre à l’urgence sur le terrain ?
DG : Justement, c’est pour cela que dans le cadre de la concertation avec les systèmes Nationaux de Recherche, nous avons ensemble défini une nouvelle vison de la recherche dans la région et dégager des axes de travail qui intregent ces préoccupations, donc je peux vous dire que c’est une question qui est pris en charge. C’est pourquoi progressivement, on est entrain d’aller vers l’élaboration d’un cadre stratégique régional de la recherche agricole.
CROISSANCE AFRIQUE : Dans un contexte économique et sécuritaire régional complexe, quelle est la stratégie du CILSS et de l’INSAH pour pérenniser leurs financements et renforcer la souveraineté de la recherche agricole ?
DG : Vous venez de poser une question pertinente ! Vous savez que la région vient de connaître depuis un certain temps des difficultés liées aux regionnalités politiques et cette régionalité politique impacte sur la regionnalité technique, c’est pourquoi, nous devrons faire en sorte que la régionalité technique puisse continuer à exister quelques soient les difficultés liées à la régionalité politique en tant que telle et c’est à travers cela que nous pouvons continuer ensemble à soutenir les politiques pour pouvoir donc mettre en œuvre leur politique et les aider même à développer leur politique.
CROISSANCE AFRIQUE : Avez vous un dernier message ?
DG : S’il y a un message à adresser, ce serait un message de satisfaction de ce que l’INSAH a pu faire depuis un certain nombre d’années en direction des États membres et des partenaires techniques et financiers qui ont cru à notre capacité à livrer des services et ces services, je pense que c’est des services qui sont jugés qui sont pertinents.
Aujourd’hui, vous avez suivi au niveau du panel, beaucoup de panelistes ont reconnu véritablement qu’il y avait une valeur ajouté à ce qui était attendu au niveau des pays. Donc, je pense que sur ce côté, la satisfaction est claire et je ne peux que remercier les États membres pour la confiance, le secrétaire exécutif avec lequel je développe ce programme. Je relance l’INSAH depuis un certain temps. Donc, globalement nous célébrons ce cinquantenaire dans véritablement une sorte de redynamisation de l’ensemble de la dynamique engagée.
CROISSANCE AFRIQUE : je vous remercie !
Interview réalisée par Kadidia Doumbia

