(CROISSANCE AFRIQUE)-En Égypte, la société BME a récemment fait une annonce marquante le dimanche 13 septembre, révélant la signature d’un contrat stratégique avec le géant chinois Contemporary Amperex Technology Co. Limited (CATL).
Ce partenariat ambitieux vise à établir une usine de fabrication de systèmes de batteries sur le sol égyptien, un projet qui pourrait transformer le paysage énergétique et industriel du pays. La première phase de cette initiative est prévue pour atteindre une capacité impressionnante de 1 GWh par an, nécessitant un investissement initial supérieur à 2 milliards de livres égyptiennes, ce qui équivaut à environ 39 millions de dollars américains. Un aspect notable de ce projet est son objectif de 40 % de contenu local, ce qui pourrait stimuler l’économie locale et favoriser l’emploi dans la région.
Dans un premier temps, l’usine se concentrera sur la production de batteries destinées aux véhicules commerciaux lourds, un secteur en pleine expansion qui nécessite des solutions énergétiques fiables et durables. Cependant, les ambitions de cette initiative ne s’arrêtent pas là. Lors d’une deuxième phase, la capacité de production devrait être portée à 5 GWh par an, permettant ainsi d’élargir la gamme de produits pour inclure des batteries destinées aux voitures particulières, ainsi que des solutions de stockage innovantes pour l’énergie solaire et éolienne. Ce développement est particulièrement pertinent dans le contexte actuel de transition énergétique, où les énergies renouvelables jouent un rôle de plus en plus crucial.
CATL, en tant que leader mondial dans le domaine des batteries pour véhicules électriques et des expéditions de batteries de stockage, apportera non seulement sa technologie de pointe, mais également des équipements de production sophistiqués et une assistance technique précieuse. Selon les données de SNE Research, le groupe chinois occupait en 2025 la première place mondiale dans ce secteur, ce qui souligne l’importance de ce partenariat pour l’Égypte, qui aspire à devenir un acteur clé dans l’industrie des batteries et des énergies renouvelables. Ce projet pourrait ainsi marquer un tournant significatif pour le pays, en renforçant ses capacités industrielles et en contribuant à la durabilité énergétique à long terme.
L’accord survient moins de deux semaines après la visite d’État du président chinois Xi Jinping en Égypte, une rencontre marquée par des discussions stratégiques sur le renforcement des liens économiques et technologiques entre les deux nations. Dans leur communiqué conjoint, Le Caire et Pékin ont inscrit la localisation de la fabrication des technologies propres parmi les axes de leur coopération industrielle, soulignant ainsi l’importance de développer des infrastructures durables et innovantes sur le continent africain.
Au-delà du contexte de la relation bilatérale, cet accord est signé alors que les fabricants chinois dominent déjà les importations africaines en matière d’équipements pour les projets d’énergie renouvelable, une réalité qui transforme le paysage énergétique du continent. En Afrique du Sud, par exemple, la Chine représentait, en 2025, 98 % des importations d’équipements solaires et 95 % de celles de batteries, selon BloombergNEF, illustrant ainsi l’ampleur de l’influence chinoise dans le secteur des énergies renouvelables. Pour l’Égypte donc, tout comme pour les autres pays africains, l’enjeu est désormais de transformer cette relation d’approvisionnement en capacité de production locale, afin de stimuler l’économie nationale, de créer des emplois et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
Notons que ce tournant vers la production locale pourrait également favoriser le transfert de technologies et de savoir-faire, renforçant ainsi la position de l’Égypte en tant que leader régional dans le domaine des énergies renouvelables.
Mariam KONE

